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clina. Tenoro del Teairo. t. I

DRAMATIOLKS VALENCIENS. — TIMONEHA 303

Sévillans sont encore les auteurs dramatiques Francisco de Segura, — Pedro Mejîa, auteur de la Varia Lecciôn {i^i2), Gutierre de Cetina i Vuy. ]i. 1(30) (Comedia de la Bondad dilina , — Guevara, — Coçar, — Fuentes, — et Ortiz, ces derniers uniquement connus par ce qu'en dit La Cueva.

3. Les dramatiques valenciens. — Sous le rapport de la fécondité tlramatique, Valence n'eut rien à envier à Séville. Comme celle-ci avait son Jardin de Dona Elvira, son Corral de D. Juan, ses Atarazanas, où les auteurs du cru représentaient leurs pièces, la cité du Turia eut son Cjorral lie la Oiivera, que les ingcnios Valenciens ne laissaient pas chômer. « A Valence accourent beaucoup de compagnies, et le public y est friand de représentations », écrit un contemporain. L'un des plus anciens et des plus féconds de ces inr/enios, ami d'ailleurs et éditeur de Hueda, fut Juan de Timoneda, d'abord tanneur, puis libraire, mort en 1597. Il s'essaya à peu près dans tous les genres et emprunta de toutes parts, mais c'est à son maître Rueda, et, dans une mesure moindre, à ïorres Naharro, qu'il dut le plus. Trois de ses comédies, l'Anfdrion, la Cornelia et les Menccmos, datent de 1559 : la deuxième est dans le goût italien, les autres, malgré leur titre antique, rappellent plutôt la manière nationale. V Aurélia est en vers et en cinq actes; la Cornelia en sept scènes et en prose. Celte dernière, quoique assez semblable déjà à la future Comedia, porte des traces manifestes de l'imitation de l'Arioste {El Nigromante). Quelques autres farces ou comédies de cet auteur se trouvent dans le recueil intitulé Turiana (vers 1505). Les liroductions les plus populaires de Timoneda, Vauto célèbre de la Ovcja perdida [la Bvelm perdue), et son Paso de dos riegos, très semblable à nos funambulesques Deux Areuglex, méritent une mention particulière.

En dehors du théâtre, Timoneda publia un recueil de contes l't d'anecdotes, intitulé Sohremesa y Alivio de cami-

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liantes (I362?i, qui contient, en deux parties, cent soixantecinq anecdotes et bons mots, précédés de contes, attribués ;i un cerl.ain Juan Aragonés. Ce recueil fut suivi d'un autre analogue. El Buen Aviso y Porta-cucntos : 1564, cent soixantequinze anecdotesi. Le Patranuelo (1366) est de même nature. Il renferme une collection de vingt-deux nouvelles, indépendantes les unes des autres, et de contes assez courts, qui, pour la plupart, sont empruntés aux auteurs italiens, aux Gesta Homanorum ou à des recueils antérieurs. Timoneda, très avisé collectionneur et bon commerçant, publia diverses anthologies, telles que la liosa de Romances, en quatre parties (Hosa de amores, Rosa espafwla, Rosa gentil, Rosa real, 1.t73), où sont réunis un grand nombre de romances, soit anciens, soit composés par lui, et édita plusieurs Cancioneros Billcle de Amo7\ vers 1363, contenant des canciones, des lillancicos, des tercets, des copias; VEnredo de amor ; le (inisadillo de mnor ; le Trithanesco. etc.).

Andrés Rey de Artieda, sil n'est pas réellement né à Valence, y passa une partie de sa vie, y mourut, et apjiartient donc légitimement au groupe valencien. Comme Cervantes, il avait été blessé à Lépante, mais, plus heureux, sinon plus brave, il arriva au grade de capitaine. Los Amantes de Teruel (1581) est le seul de ses drames qui nous soit restt-, et ce vieux sujet, comme nous l'avons vu, devait être repris, une trentaine d'années plus tard, par Yagiie de Salas. Nous ne connaissons que ]iar burs litres E/ Principe vicioso, Los Encantos de Merlin et Antadis de Gaula. Il n'est point facile de dire si les allusions malveillantes d'x\rtieda à Ijqie s'expliquent i)ar la différence des points de vue ou par la Jalousie, mais, sui' ses sentiments à l'égard de ce dernier, son Epitre au marijuis de Cuellar est édifiante. Les Discursos, Epistolas !/ Epif/ramas (1603), sont des documents intéressants sur les niœui's du temps. On y trouve aussi des poésies lyriques qui, dès le temps de la Galatea, l'avjiient

VIRLÉS. — TÂRlJECiA 305

chissi'' parmi les bons poùtes espagnols. Il avait pris le |iseiidonyme d'Artcmidoro.

Un second capitaine valcncien, Cristdbal de Virués, nous est déjà connu comme poète épique (Voyez p. 223). Il fut aussi poète lyrique et tragique [Obrax trâgicas >/ liricas, 1609). Comme dramatique, il se vante d'avoir le premier fixé à (rois le nombre des actes de la Coincdia, et c'est à lui que l.ope de Vega, son ami, aurait emprunté cette innovation, ([ui allait devenir la règle. Ses cinq comédies, de 15*0 à lo81 , Casanilra, Marcela, Alila fuiioso, Semiramis et Elisa Dido, différent d'ailleurs très sensiblement du type de la Comedia, surtout la Dido, qui est en cinq actes, avec chœurs, et qui reste sa meilleure pièce. Les autres, sans goût, sans mesure, forment trop souvent un tissu d'extravagances, d'invraisemblances et d'horreurs. Les massacres se multiplient d'une façon effrayante sous la plume de ce sanguinaire capitaine. Quelques poésies descriptives ou satiriques de Virués iint subsisté, par exemple, l'amusante lettre à son frère sur le passage du Saint-tiothard 17 juin 1600).

Le chanoine valencien Francisco Târrega ly 1602), ami de Lope de Vega, composait pour le tbéàtre au moment où ce dernier s'emparait de la scène en souverain. Cervantes parle de lui, et loue surtout son drame héroïïiue La Encmiga favorable, en trois journées, précédé du Balle de Leganilos, joyeux lever de rideau ou loa. La Fundaciôn de la Orden de la Mo'Cfd est un type de drame religieux dans le goût de Calder.'.n. Plusieurs autres de ses pièces {El Prado de Vatencia, comédie de mœurs valenciennes; Elfingido Esposo, El Cerco de liodas, La Perseguida Amaltea, La Santjre Ical de lox montancses de Navarra, El Cerco de Pavia, La Duquesa constante. Las Suertes trocadas y Torneo rentiiroso, — r Inconstance du sort ou l'heureux Tournoi), se trouvent dans le recueil intitulé Doce comcdias de quatro poêlas de Valcncia 1009j, à savoir Târrega, Aguilar, (iuilb'-n de Castro, Beneito. ou dans un second recueil (1616' ijui fait pendant à celui-

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là et dans lequel, sous le titre de Norte de la poesia espai7ola, sont réunies douze Comedias de Aguilar. Bull, Ricardo de Turiajet Târrega.

Gaspar de Aguilar (i:J68-i627), outre des poésies lyriques et des poèmes de circonstance [Ej-pulsiôn de los Moros, en octaves et huit chants, lOlO: — sur les noces de Felipe III et de Marguerite d'Autriche, 1599; — relation des Fêtes de Fr. Luis Bertrân, 1608, etc.), avaitfaitreprésenterune dizaine de comédies, précédées de loas [La Gitana mclancôlica , La Muera humilde.Los Amantes de Cartago, La Fucrza del interéx, El Gran Patriarca D. Juan de Ribera, La Suerte sin espcranza, absurde amoncellement d'aventures invraisemblables). El Mercader amante est la plus réputée de ses comédies Jôlc. .

Le témoignage le plus précis sur l'activité poétique des poètes de Valence se trouve dans les actes de VAcadcyiiie des yoctin-7ies* (du 4 octobre 1.591 au 13 avril 1394), qui renferment un grand nombre de compositions de toutes sorti-s. C'est là que nous trouvons souvent mentionné et cité Carlos Boil 7 1617) dont nous connaissons la comédie El Maridn asit/urado (1616), et qui fonda, un peu avant 1600, une seconde académie, celle des Adorateurs. Nous ne savons rien sur un autre Valencien, auteur de diverses comédies (La Burladora burlada ou la Trompeuse trompée, La liellifjera Espaiiola, La Fe pagada, El Martirio de S. Vicente), qui prend le pseudonyme de Ricardo de Turia, et dans lequel les uns veulent voir Ferrer de Cardona, et d'autres Pedro Hi'jaule.

De Miguel Beneito, l'un des Noclurnos, il sufliia de citer ici El Iltjo ohedientc 1609!.

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