‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 153 sur 263 · SIÈCLE DOR. DEUXIÈME PARTIE. — THÉÂTRE · texte numérisé non relu

SIÈCLE DOR. DEUXIÈME PARTIE. — THÉÂTRE

paraît-il, Je résider à Salamanque. En 1032, il est à la fois Definklor de la province de Castille el chroniqueur de l'Ordre. Ce fut en cette dernière qualité qu'il rédigea à partir de 1637, et acheva en 1639, VHistoire de la Merci, commencée par son prédécesseur Fr. Alonso Remôn. Supérieur du couvent de Soria en 16i"), il y mourut le !2 mars 1648. Il avait probablement visité le Portugal, la Galice, mais c'est à Tolède et à Madrid qu'il avait passé la majeure partie de sa vie.

En dehors de cette Histoire de la .1/erc/, et de son Théâtre, Téllez écrivit deux recueils de Miscelanea, comprenant des œuvres dramatiques, des poésies, des dissertations, dipetits poèmes (Fabula de Mirra, Fabula de Pan y Siringa ; cette dernière de Placido de Aguilar), des contes tels que Los trca maridos burlados, D. Juan Salado y la Catalana Dionisia, El Bandolero, le tout dans une forme analogue à celle du Decaméron. Le premier de ces recueils est intitulé Los Citjarrales de Toledo, parce que c'est dans l'un des jardins ou vergers ainsi nommés que se réunissent les interlocuteurs. Il comprend cinq livres ou Ciçjarralcn 1621). Le second, Deleitar aprovechando (Plaire en imtruisant), fui terminé en 1632 et publié en 1635. Il expose les entreliens et distractions de trois familles madrilègnes pendant les trois jours du carnaval, sur les bords du Manzanares et dans les Jardins dits de Juan Fernândez et du Duc.

C'est dans ces ouvrages, et surtout dans les Cigarrales, qu'il faut chercher les théories dramatiques de Téllez. Il les expose minutieusement, à propos de sa pièce El Veryonzoso en palacio [Le timide à la Cour). Elles se résument en un panégyrique (souvent renouvelé d'ailleurs, par exemple dans la première scène de la Lafingida Arcadia, 1622) de la Coraedia de Lope. *■ Lope de Vega, dit-il, a élevé la comédie à un tel point de perfection et de linesse [perfecciôn !j sutileza) qu'il peut faire école lui-même; et nous, qui nous honorons d'être ses disciples, nous pouvons nous tenir j»our fiers d'un tel maître el défendre sa doctrine

TIRSO I)i: MOLINA 32o

lonlresesadvcrsaiies passionnés. ■■ — Telle/, soutient donc la même llièse que défendait, qualre ans auparavant, I). Francisco di' Rarreda. dans son liivcclha à las Comedia^. C'est une double constatalion du tiiomphe détinilif de Lope. Ici apparaît nettement la profonde différence du théâtre espagnol et du théâtre français contemporain. Les Espagnols, avec Barreda et Tirso, disent : '( El mejor modo de escribir las ramcdias es él que màs agrade alpuehlo. \.r meilleur système lliéàtral est celui que préfère le peuple. » Les Fiançais, depuis Honsard et Du Bellay jusqu'il Chapelain et Boileau, proclament avec le premier :

Rien ne nous plaît, hors ce qui peut déplaire Au jugement du rude populaire,

ou, avec le dernier : « Nous ne dirons pas, sur la foi du peuple, qu'un ouvrage de poésie soit bon parce qu'il l'aura contenté, si les doctes aussi n'en sont pas contents. » Les deux points de vue ne sauraient être plus opposés, et comme toute doctrine qui triomphe gagne en énergie et en précision jusqu\à ce qu'elle soit arrivée à son maximum de puissance, Baeine représente le type classique encore mieux que Corneille, qui hésite parfois, et Tirso, le type national espagnol mieux que Lope, qui n'ose pas encore avouer franchement sa préférence.

Dans la première partie des Ciyarrales i la seconde n'a Jamais paru), Tirso déclare avoir composé trois cents comédies en quatorze années. En 1G34, un neveu, inventé probablement par Tirso lui-même, et baptisé Luis de Avila, déclare que « son oncle en avait écrit plus de quatre cents ». En fait, nous en connaissons à peine quatre-vingts', dont trois dans les Ci'jarrales, douze dans la Primera Parte de las Comcdias de Tirso de Molina (1627 , qualre dans la deuxième ;'l()3.");, douze dans la troisième — publiée anlé-

1. Tealro escof,i(lo. p. flartzenbusch, t83',t-184-2. 1-2 vol.— M. A. E., t. ^■ (37 pièces . — Tesoro del lealro espanol, p. (»choa, t. W '■> pièces . — Sui-id !!. A. E.. l. I. 190ti (23 pièces .

insr. hE LA LU. esp.\g>"ule. l'J

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