LES ORIGINES
I. Le pays. — Iso^'e des autres pays par la mer, qui l'entoure de trois côtés, et par la chaîne des Pyrénées au nord, la péninsule Ibérique semble, au premier coup d'œil, destinée à vivre d'une vie propre, et ci réaliser aisément son indépendance et son unité. En réalité, ni la mer ni la barrière des montagnes ne l'ont mise à l'abri d'invasions nombreuses, et l'unité géographique elle-même, qui paraissait devoir faciliter son unité politique, est plus apparente que réelle. Les sierras intérieures divisent le sol en compartiments d'inégale étendue entre lesquels les communications sont parfois malaisées. Par suite de différences considérables d'altitude entre ces régions et d'autres causes physiques, le climat, les productions, la physionomie de chacune d'elles varient considérablement. Rien de plus opposé, par exemple, que le haut plateau, la me.'^eta centrale, et les rives méridionales ou orientales (Andalousie, Murcie, Valence, Catalogne), ou encore les vallées qui des Pyrénées descendent jusqu'à l'Ebre (Aragon, Navarre) ou de la chaîne cantabrique jusqu'à l'Océan (Vizcaye, Montana de Santander, Asturies, Galice). Toutes ces régions gardent encore une physionomie propre : elles ont été conquises et colonisées, à des époques diverses, par des peuples d'origines, de civilisations, de