‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 167 sur 263 · CALDERON · texte numérisé non relu

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large, et en a reconnu le mérite artistique. Ces pirces allégoriques, à grand spectacle, payées parles municipalités, exigeaient une prodigieuse fécondité d'imagination, puisque le thème restait toujours le même.>'ul n'y a égalé Calderôn, qui en a laissé près de quatre-vingts. Sa grande puissance lyrique s'y donne libre carrière et c'est là qu'il faudrait chercher ses inspirations poétiques les plus fraîches et les plus brillantes (voy.. par exemple, 7s/ divino Orfeo, La jn-imera Flov del Carmel, La Vida es Sueno, etc.;.

Les Comedias de Santos sont aussi très nombreuses chezGalderôn, soit qu'il en emfirunte le sujet à la Fibie (Judas Macaheu, — Sibila de Oriente, — Cabcllos de Absalôn], soit qu'il le rherche dans le nouveau Testament (Margarita preciosa, — Virrjcn del Saurario, — Virgen de la Almiidena, — Las cadenas del Deuwnio (S. Dartolomé en Armenia), ou dans l'histoire religieuse [La aurora en Copacabana, — El g r an Principe de Fez, — la E.valtaciôn de la Cruz, ou H(''raclius et Chosroés). — Le prince constant ( El principe constante), antérieur à 1613 j, ist, en ce genre, le chef-d'œuvre de notre auteur. Le sujet 'St la captivité et la mort, chez les Berbères de Fez, de rinfant Fernando, tils de Juan I, roide Portugal (1385-1433). La scène se passe en 1437-1443. Le drame pouri-ait figurer dans la série historique, mais il respire un tel enthousiasme chrétien, une telle ferveur de prosélytisme qu'il mérite d'être placé parmi les pièces religieuses. Le souffle épique et l'inspiration lyrique se mêlent heureusement au drame dans le Principe.

Enfin trois autres chefs-d'œuvre de CaldenJn donneront une juste idée de ce que nous avons nommé le drame philosophique et religieux, ou plu.s simplement théologif^ue : c'est la Vida es sueiio [La vie est un songe), — 1? Mngico prodigiuso, — et la Devociôn de la Cruz.

L'idée philosophique qui se dégage de la Vida es suei'io ' c'est que l'homme de la nature est une sorte de bète sau-

1. Editions annotées, par Max l\renkel (avec le Prince Constant], Leipzig. 1881 ('.\llemand), — par F. Alorère, Paris, Garnier.

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