‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 183 sur 263 · l'Mit. Morel-Fatio. Bordeaux · texte numérisé non relu

l'Mit. Morel-Fatio. Bordeaux

4. Juan Meléndez Valdés 1754-1817 ' fut le disciple et l'ami de Joveliauos (Jbra soy tiiya), mais il ne lui ressemiile ni dans sa vie, ni dans son œuvre. Un fâcheux manque de décision lui fait traverser tour à tour les camps les plus opposés. Patriote d'abord, puis afrancesado militant, il salue le retour de Fernando Vil, mais, tenu en léi;itime suspicion, il s'expatrie et meurt à Montpellier. — Le poète est tout aussi flottant, inconsistant et mou. Il subit tout d'abord l'influence de Cadalso et, comme lui, compose des anacréontiques, des idylles, des endechas. La poésie pastorale semble son vrai domaine. Son âme tendre, son ingénia suave le prédestinent à ce genre, pour lequel le désignent au surplus ses succès académiques BalUo, 1780; las Bodas de Camacho, 1784). C'est là, dans la poésie champêtre, dans l'ode anacréontique et amoureuse [Los Besos de amor), qu'il donne toute sa mesure.

Mais bientôt cela ne lui suffit plus. Il veut, comme Jovellanos, s'élever à Iode morale, philosophique, sociale et politique ; et comme il a beaucoup d'instruction, de lecture et une remarquable facilité d'assimilation, il y réussit honorablement {Epistola à Jovellanos, sur la Bienfaisance; — le Philosophe aux champs; — les Misères humaines; — les Adieux du vieillard; etc.). Bientôt Meléndez (qui avait à l'excès Vesprit de suite) suit la mode, laquelle, vers 1790, se tournait décidément vers la poésie anglaise. On ne compte en effet pas moins de trois traductions d'Young vers celte époque (celles d'Escoïquiz, de Cladera et d'un anonyme). Il y en a quatre du pseudo-Ossian (de Monlengc'm, d'Ortiz, de Marcliena et de Gallego). Millon et Pope étaient traduits par Palazuelos, Jovellanos, Hermida, Escoïquiz; Thompson {les Saisons], par Garcia Romero. Les Idylles, de Gessner, et le Werther, de Gœthe, marquent la première apparition de la

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