escor^ il/as, B. A. F,., t. LVL
ÉUUDITS ET CRITIOLES 401
savant homme, qui écrivit presque toutes ses œuvres à Oviedo, entreprit de faire, dans les huit volumes de son Te.atro critico (1720-1739) — auquel il faut joindre un tome de ■suppléments et corrections, 1741, — et dans les cinq tomes .les Cartas cnidltas (1742-1760), qui le complètent, l'invenlaire critique de toutes les idées courantes, opinions, préjugés, superstitions du temps. 11 dé]iloya dans cette entrel>rise épineuse, qui, en Espagne, n'allait pas sans danger, beaucoup de savoir, de décision et de persévérance. Maintes niées nouvelles, plus scientifiques, entrèrent dans les esprits glace à lui, mais ce ne fut pas sans lutte. Le publiciste .Maner (7 1751) publia trois tomes de critiques dans son Anllteatro, oùil prétendait relever « neuf cent quatre-vingtdix-huit erreurs» de Feijûo. Le Bénédictin Fray Martin Sarmiento vint à la défense de son confrère dans son liustraciôn avologética, k laquelle Maner répliqua (1734) par son Crisol critico, en deux volumes.
Un certain Armesto y Osorio intervint à son tour (1735), avec son Teatro AntUriticn, et, en 1748, paraissait une nouvelle réfutation, Reflexiones critico-apolugéticas, de Soto y Marne. La polémique continua ainsi longtemps encore. Elle prouAe tout au moins Tinlluence réelle qu'exerça en son temps l'œuvre de ce patient polygraphe, dont le Teatro • ■t les Cartas ne contiennent pas moins de deux cent soixante-dix dissertations originales.
Le moine augustin Enrique Fierez (1702-1773) éleva un monument considérable de science solide dans son Espana sagracla, dont le titre complet indique nettement l'objet et le contenu : Teatro geogrâfîco-histôrico de la Iglesia de Espana. I higeriydivisioneu y limites de todas sus pr ovine ias. Antigûeilad, traslaciones y estado antiguo y présente de sus sillas, ron varias dissertaciones criticas. — Les trente-sept premiers volumes furent publiés du vivant de l'auteur. Les deux suivants (XXXVIll'' et XXXIX"), laissés en manuscrit par Fierez, furent édités par le P. Manuel Risco, qui continua la collection jusqu'au volume XLIl' inclusivement. Les PP. Antolin Merino et José de La Canal donnèrent en col-
laboration les tomes XL!!!"" et XLIV«, et La Canal seul les tomes XLX" etXLVl'". Le dernier volume (XLVIl'') est l'œuvre de Pedro Sainz. — Cette monumentale publication, qui rivalise avec notre Gallia Cliristiana, reste encore d'une inappréciable utilité pour l'histoire de l'Eglise d'Espagne. Elle place au premier rang des érudits celui qui la conçut et qui l'exécuta en grande partie.
Le P. Manuel de Larramendi (7 ITbO), lun des premiers, se consacra à l'étude du basque, qui devait faire déraisonner tantde cervelles (Elimposiblevencido,Arte de lalenguavasconf/ada, 1729; — Sobre la antigua famosa Çantabria, 1736; — Diccionario trilingue del castellano, bascuense y latin, 1745. — Juan de Iriarte (1702-1771), oncle du fabuliste, et camarade, de Voltaire au collège Louis-le-Grand, fut, pendant près d'un demi-siècle, bibliothécaire du roi. Il donna une foule d'articles de critique et d'érudition au Diario de los Literatos, composa un précieux catalogue des manuscrits grecs de la Bibliothèque du Roi (1709), et réunit plus de deux mille provi-rbes espagnols (1774). — Liciniano Sâez laissa un savant mémoire sur les monnaies de D. Juan 11 (1786) ; — Francisco Pérez Bayer (1711-1794), une étude latine sur les monnaies juives (1790) et diverses dissertations érudites ; — Juan Francisco Masdeu i'1744-18I7', une Histoire critique d^Espague et delà cirilisation espagnole (20 volumes, 1783-1805); — Francisco Cerdâ y Rico 1730-1792), bibliographe et antiquaire, dos illustrations aux anciennes chroniques; — Lorenzo Hervâs y Panduro (1735-1809), un curieux et très érudit Catâlogo de las lenguas de las naciones conocidas (1784), qui a devancé sur plus d'un point la science des linguistes modernes, ainsi qu'une Storia délia vita dcll uomo (en italien), premier essai d'anthropologie scientifique.