Obras poélicas. Escritos en prosa, Madrid
ESPRONCEDA. — J. ZOfJRILT.A 419
L'Etudiant de Salamanquc, vieille tradition nationale et fantastique, est plus original. Il montre à merveille l'imagination du poète ; il est resté populaire et a pris place dans ies mémoires espagnoles, à côté des légendes de Zorrilla. Mais l'œuvre maîtresse d'Espronceda, c'est son Diable-Monde {El Diablo Mundo), poème philosophique, d'ailleurs inachevé, synthèse de l'histoire de l'Humanité, où la Nature est opposée à la convention des lois sociales, mélange déconcertant d'inspirations admirables, — telles que le Prologue, les chants de la Mort et de l'Immortalité (au chant I), l'élégie superbe A Tcresa (au chant II), confession plus poignante peut-être que le Souvenir de Musset, — et de fantaisies extravagantes, de hors-d"œuvre grotesques, de boutades de rapin, destinées à scandaliser le bourgeois, <' le philistin », où toutes les inspirations, celles de Byron et de Musset, celles d'Ahasvérus et de Faust, se coudoient bizarrement; pêle-mêle étrange, où la philosophie (discours de Satan), la politique (apostrophe aux ministres et aux députés), la satire sociale et littéraire, les chants d'amour et les chansons de bohème se succèdent au hasard ; chefd'œuvre d'un halluciné, mais incontestable chef-d'œuvre, dont la prise sur les jeunes imaginations fut puissante. Le poète Miguel de los Santos Alvarez (181 7-1892), auteur, pour son propre compte, d'un poème de Maria, ne craignit pas d'achever le Diablo Mundo de son ami. A côté de cette œuvre singulière, un médiocre roman historique, Sancho Saldana (1834), et quelques essais dramatiques [Doiia Blanca de Borbôn, — Ni el tio ni cl sobrino, 1834), n'ont pas grande valeur. Espronceda, même (et surtout) dans son prétendu poème épique, est resté, avec Zorrilla, le type du lyrique romantique espagnol.
4. José Zorrilla (1817-1893) ',de Valladolid, estàla fois un lyrique et un dramatique, l'ne pièce de vers sur la tombe du