Obras, Paris, 1864, 3 vol., Garnier
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puhliciste Marianode Larra,qui venait de se suicider : 1837), rendit, du jour au lendemain, son nom célèbre. "J'ai poussé, dit-il, comme une herbe empoisonnée au bord de la tombe d'un mécréant. » Après avoir étudié, ou griffonné ses premiers vers, à Tolède, à Valladolid, à Madrid, il publia deux recueils poétiques, en 1837 et 1838, puis successivement dix autres (parmi lesquels Recuerdos y Fantasias, — Cantos del Trovndor (1841), — Vigilias del Estio, — Los Ecos de la Montana, — El Cantar del romero i; des légendes historiques et fantastiques en vers, échos de traditions castillanes {Leyenda del Cid\ ou mauresques [Leyenda deAlhamar) ; deux poèmes, Maria ("complété et achevé par le poète américain José Heriberto Garcia de Quevedo, 1819-1871, auteur de poésies lyriques;, et liranada 1852;; une curieuse autobiographie {Recuerdos del tiempo viejo, 1883); enfin un grand nombre de pièces de théâtre dont il sera question plus loin (Voy. p. 428). Malgré tout, Zorrilla, imprévoyant « comme la cigale », traîna en Europe ou au Mexique (1854-1S66) une existence besogneuse, qui rappelle trop celle de Lamartine vieillissant. Elle eut du moins un jour de gloire (le 22 juin 1889t, lorsqu'à Grenade, en présence d'une foule enthousiaste, l'illustre poète en cheveux blancs reçut, comme Quintana en I85."t, une couronne d'or, hommage de ses admirateurs.
Ses poésies lyriques, si admirées jadis, ont un peu vieilli. Dans toutes (en laissant de côté quelques essais de jeunesse) on retrouve une double inspiration, religieuse et nationale (Voy. les préfaces de Maria, de Granada, des Cantos del Trovador, etc.). Pour faire revivre l'Espagne d'autrefois, il s'est servi surtout de la légende [Recuerdo de Toledo; — l'ara verdades et tiempo, y para justicia, Dios ;
— A buen juez mejor testigo ; — Justicias del Rey D. Pedro ;
— Los Borceguies [les Brodequins) de Enrique ; — El Montero de Espinosa ; — El Capitân Montoya; — Margarita la tornera [Marguerite la tourière) ; — La Azuccna silrestre {Le Lysde la vallée) ; — La Pasionaria {La Fleur de la Passion), etc.'. C'est là (piil faut chercher ses œuvres uiaîtresses : « Si (juelque
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chose doit rester de moi, écrit-il, ce n'est pas mon théâtre, mais bien mes légendes. » L'extraordinaire facilité de Zorrilla a nui à la perfection de son œuvre. Il fut le type de l'improvisateur, le dernier des troubadours : ce nom, dont il aime à se parer, lui convient excellemment. Mais sa poésie, merveilleusement facile et harmonieuse, a trop souvent les défauts de l'improvisation. Elle remplace trop l'accent personnel, l'émotion vraie, la pensée réfléchie, par des formules, des procédés et des clichés. Les puristes lui reprochent aussi une foule de licences, de fautes contre le vocabulaire et la syntaxe, des rimes incomplètes ou fausses, des accumulations de métaphores discordantes, un vague et inconsistant remplissage, et, à côté de cela, des tours de force puérils, pour faire parade de son étonnante virtuosité. .Malgré tout, il reste toujours, dans les souvenirs et dans l'admiration populaires, comme l'un des types les plus significatifs de la race. 11 fut le plus abondant, le plus imagé et le plus sonore des lyriques; en résumé, la vraie postérité des Lope et des Calderôn.
5. Lyriques secondaires. — Parmi les lyriques de second ordre de cette époque, les suivants mi'riteat d'être cités.
Patricio de la Escosura et Ventura de la Vega, dont les œuvres primipali's sont d'ailleurs dtamaLiques iN'oy. p. 431).
Nicomedes Pastor Dîaz (1811-1863), poète précoce, n('! à Lugo, qui laissa un nom honoré en politique, lise distingue par un caractère de rêverie etde mélancolie, oùl'onavoulu voir l'influence ancestrale des Celtes. « Il y a, dit Valera, dans les vers de Pastor Dia/J, quelque chose qui complète fort bien le lyrisme romantique espagnol et que l'on ne retrouve ni dans Espronceda, ni dans Zorrilla, ni dans le duc de Rivas, ti'est une vague et douce mélodie, rêveuse et celli-