‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 204 sur 263 · LE HOMAN · texte numérisé non relu

LE HOMAN

de Escalante : Ave Maris Stella, peinture des Astuiies de Saiitill.ma au .wii^ siècle [publié eu 1877:.

Voilà pour le roman genre Walter Scotl, Victor Hugo cl A. Dumas. (Juant au roman social, dans la manière d'Eugène Sue ou de George Sand, il fut aussi très cultivé. M""^ Gertrudis GômezdeAvellanedai 1814-1873), qui, nous l'avons vu, avait débuté brillamiiieiil par des poésies lyriques (1841 j et par son drame de Alfonso Munio (1844), écrivit une série de romans tels que Sab, dirigé contre l'esclavage, Guatimozin (1846), Espatolnio, dans lesquels l'intluence de George Sand est sensible. — C'est là encore que prendraient place les nouvelles du si fécond et toujours populaire Ayguals de Izco [Maria ù la hija de un jornalero ; — La Marquesa de Bclla/lor: — Pohres y ricos ô la bruja de Madrid, etc. ) ; — celle d'Antonio Flores, Fe, Esperanza y Caridad, qui ne vaut pas, tant s'en faut, sa curieuse collection de cadres madrilègnes, laquelle, au surplus, ne devait paraître qu'à partir de 1854, sous le litre de At/er, Hoy y Manaiia. — Enfin Manuel Fernândez y Gonzalez ,1821-1888), commençait à inonder le marclié de sa prose inépuisable. Il n'avait |)as encore étouffé, dans ce labeur mécanique, les germes d'un vrai talent. C'était encore l'auteur de El cocinero de Su Majestad, et de Men Rodrigue-de Sanabria, récits intéressants et amusants au même titre i[ue les bons romans de Dumas père. — ^>'on moins prolixe et non moins infatigable se montra, en ce genre inférieur, Maria del PilaK Sinués de Marco 7 1893), qui foime, à cette époque, avec Faustina Sâez de Melgar, Carolina Coronado, Rosalîa Castro de Murguîa, Patrccinio de Biedma et quelques autres, le groupe syiupatliique des romancières espagnoles.

Parmi les œuvres d'imagination en prose qui sécartent de la voie battue et font présager un changement prochain, citons la nouvelle de Pastor Di'az, De Villahermosa à la China, l'un des premiers essais du roman psychologique ; celle d'Antonio Hurtado, Cosas del Mundo, qui se <[ualilie de Xovela de costumbrcs. Mais les trois noms le plus justement célèbres des Coslumhristas ou peintres de mœurs, sont

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alors ceux d'Estébanez CaUler(Jn, de Mesonero Rumanos et de Laira.

2. Serafin Estébanez Calderon 1799-1867), avocat libéral de Màlaga. pii'fel de Lugi'oàn |iuisde Séville, juge au tribunal suprême de la guerre 1^1847-1854), conseiller d'Etat (1856- 1804), n'a guère laissé qu'un seul livre, LasEscenas Andalitzas, véritable fleur du terroir, dont le parfum s'évapore quelque peu hors de la lierra de Maria Sandsima. Les Scènes parurent d'abord dans les Cartas Espaiwla:^ (1831-1832;, sous la signature de£/ Solitario. Ce livre brillant, auquel on ne peut reprocher qu'une certaine recherche archaïque dans le style, un casticismo un peu artificiel, se compose d'une vingtaine de scènes. Elles traitent des sujets essentiellement andalous, décrivent les types du pays, reproduisent, avec la vérité d'une photographia un peu trop rptouchée^ et avec le charmt' d'un art très personnel, les originaux les plus caractéristiques voyez Pulpete y Balbeja ù los V al lentes ; — Manollto Gâzquez, type achevé d'andalou vantard, vrai Tartarin du Guadalquivir; — la charmante Feria de Mairena, — Un baile en Triana, — les Gracias y donaires de la capa, où sont célébrées les 33.944 suerfes ou postures du vêtement national; — la Fisiolotjia y chistes del ciijarro, foutes pages pleines de couleur, désespoir du traducteur et délices du styliste).

3. Ramon de Mesonero Romanes 1803-82) est un pur Madrilègne. Dès 1S3I, il piililiail un Manuel de Madrid, et faisait paraître, à partir de 1832, dans les Cartas Espafiolas, ses Escenas Matrilenses, sous la signature de El Curioso parlante. Ces articles, quelque temps interrompus, reprirenten 1835, pour former deux volumes sous le titre de Panorama Matritense, cuadros de costumhres de la capital. Un troisième volume date de 1836. Le Panorama de Madrid, au moment où la capitale se transformait et se moilernisait, nous est montré sous toutes ses faces par un bouigeois malin et spirituel, qui aime sa ville jusque dans ses laideurs. Il a parfaitenii-nt fixé -ce moment de transition en exécutant, pour ainsi dire, une

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