SATIRIQUES. — HISTORIENS
plein d'ironie et de découragement. Il témoigne des progrès de la neurasthénie qui devait conduire Figaro au suicide, le 13 février 1837. — Larra, que l'on a comparé à Voltaire, à Beaumarchais, à P.-L. Courier, a sa manière à lui. Elle se distingue par la richesse des détails patiemment étudiés et impitoyablement accumulés, par une allectation de bonhomie plus amère que la franche inveciive, par une précision et une justesse de trait qui dénotent l'écrivain de race.
I,a littérature satirico-politique, dont Figaro est le représentant le plus remarquable, fut assez cultivée. Déjà dans la période de 1820 à 1823, le violent et grossier périodique, El Ziirriago (Le Fouet) s'était signalé. Plus tard, Sébastian Minano lança ses fameuses Lettres du pauvre fainéant (Cartas del pobre holgazdn), qu\ contribuèrent aux succès de la politique libérale pendant la deuxième époque constitutionnelle. Santos Ldpez Pelegrîn, sous le pseudonyme de Abenamar (qui devint le titre d'un journal), Antonio Maria Segovia, sous celuide Ele.studiante, l'historien Modeste Lafuente, dans sesCapilladas (1838-44), sous le nom de Fray Gerundio, furent les plus habiles émules de Mesonero et de Larra. Mettons à part l'aimable José Somoza, dont les Recuerdos é impresiones constituent l'une des peintures les plus vivantes et les plus spirituelles des anciennes mœurs et de l'Espagne qui disparaissait. Une foule d'autres articles de cet éciivain délicat se trouvent dans ses Articulos en prosa (1842) '.
5. Les autres genres en prose [Historiens, Philosophes, Orateurs). — Les œuvres historiques de cette période furent relativement peu nombreuses. Le comte de Toreno [José Maria Queipo de Llano y Ruiz de Sarabia, 1786-1843), membre des Cortès de Cadiz, exilé à deux reprises, en