Obras, p. J. R. Lomba y Pedraja, Madrid
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1814 et 1823, par la suite ministre et président du Conseil, écrivit VHlstoria ciel levantamiento, guerra y revoluciôn de Espafia, ou Histoire de la guerre de r Indépendance, qui est restée classique '. — Joaqufn Francisco Pacheco (1808-1865) a laissé une Historia de la regencia de la reina Cristina. Ses travaux comme jurisconsulte {Estudios de legislaciùn, Lecciones de derecho pénal] sont appréciés des spécialistes. Il se délassait de ses travaux plus sévères en écrivant pour le théâtre des drames serai-historiques, tels que Los Siete Infantes de Lara, ou Bernardo del Carpio. — Ce ne fut qu'en 1862 que le marquis Pedro José Pidal (1799-1865) publia son Historia de las alteracioncs de Aragon, où Ton a cru trouver quelque partialité en faveur de Felipe II. L'histoire, d'ailleurs si dramatique. d'Antonio Ferez fut racontée, en 1841, par Salvador Bermùdez de Castro. — Quelques années plus tard, Antonio Ferrer del Rio donnait au public ses Comunidades de Casti/la (1850) et, peu après, VHistoria del reinado de Carlos III (1856). Au genre historique encore appartient son utile Galeria de la Literatura Espanola. — Enfin Modesto Lafuente (1806-1866), que nous rencontrions tout à l'heure sous le pseudonyme de Fray Gerundio, commença, en 1850, la publication de son énorme Histoire d'Espagne, dont le 29^ volume ne devait paraître qu'en 1865, vaste répertoire mis au courant, assure-t-on, par D. Juan Valera, et qui fait honneur à la patiente application de lauteur. — Non moins utile est le Diccionario geogràfico, estadistico, histôrico (1848-1850, 16 volumes) de P. Madoz (1806-1870).
La philosophie durant cette période n'existe point. Seul, ou à peu près, le prêtre et professeur catalan Jaime Luciano Balmés (1810-1884) montre quelque originalité et quelque force de pensée, qu'il appliqua à l'apologie de la foi catholique. Ses œuvres principales sont El criterio, traité de logique, la Filosofia elemental, et surtout la Filosofia fundamental (1846, quatre volumes). Il y faut joindre son essai
i. R. A. E., t. LXIV.
PHILOSOPHES. — ORATKURS '(Il
sur El Protcfitantismo compamdo con cl Catulicis)iH) en sus rclaciones con la civilizaciôn europca (1844i, et de nombreux articles réunis, en 1847, clans ses Escritos Politicofi. Balmés a été longtemps le chef d'une école, qui veilla jalousement sur sa gloire.
Moins solide, moins original, mais plus brillant, Donoso Cortés. jtlus tard marquis de Valdegamas (1809-1853), prit l'un des premiers rangs parmi les apologistes catholiques et parmi les monarchistes traditionnalistes par son célèbre Ensaijo sobre el catollcismo, el libéra lisvto y el social isnio (ISiilj, où il est facile de reconnaître rinlkience de de Ronald, de de Maislre, de Lamennais, et même celle de Proudhon. Il avait commencé cependant par soutenir des doctrines plus libérales et moins absolues. Il avait même écrit des poésies et une épopée {El cerco de Zamora). Mais, par-dessus tout, ce fut un orateur, abondant, facile et fleuri ; il l'est partout, non seulement dans ses discours conservés, mais dans tous ses ouvrages, et l'on sait ce que pensait Pascal de l'éloquence continue.
La philosophie A'mM.st.sk', dont le succès devait être, à tous les points de vue, si étonnant, commençait à peine à naître alors dans lé cerveau fumeux de Sanz del Rio, dont les deux voyages en Allemagne à la découverte d'une |)hilosophie, datent de 1844 et 1847. Nous la retrouverons plus loin (p. 489).
L'éloquence, pour laquelle tout le monde en Espagne paraît avoir une aptitude naturelle que le système parlementaire devait dévelojiper, était alors aussi riche qu'était pauvre la pensée philosophique. Les deux générations d'orateurs, celle des temps héroïques, avec Marti'nez de la Rosa, Argiielles, Alcalâ Galiano (1789-1865) et la jeune école, celle de Joaquin Mari'a Lôpez il8û2-18o8), le fougueux tribun, de Salustiano Ob'izaga ( 1805-1873), Manuel de la Cortina 1802-1879;, Gonzalez Bravo (1817-1871 ), Hi'os Hosas (1812- 1873), José Pidal, etc., sans parler de Pacheco et de Donoso Cortés, firent retentir à l'envi les assemblées de leurs voix sonores, dont Edgar Quinet, en des pages enthou-
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siastes, nous a conseivé l'écho. La tribune du moins fit honneur à l'Espagne d'Isabel.
<î. Erudits. — L'érudition et la critique, sans offrir peut être d'aussi grands noms que dans la précédente période, produisirent cependant des travaux estimables. Nous avons mentionné déjà Marchena et ses Lecciones de ftlowfia moral y elocucncia ! 1820), Martinez de la Rosa et sa l'octlca, Lista, le vrai professeur de toute cette génération, Gômez Hermosilla, l'auteur du pauvre quoique célèbre Aite de hahlar en prosa y en verso i^i82t);. >"oublions pas qu'au début du siècle, l'Allemand Bôlh de Faber, établi à C.adiz, avait importé en Espagne la crili(iue plus intelligente de Schlegel, et défendu contre les Espagnols eux-mêmes la gloire de leurs grands écrivains. Il jtubiia sa t'Iorestade rimas antiguas casleHanas en 1822-182."), et son Tealro espanol anterior â Lope de Vega en 1832. Bôli! fut un véritable précurseur. Ses anthologies sont bien supéri<'Ures à celle publiée en 1819, en quatre volumes, à Bordeaux, par Silvela et ^lendibil (J3î6/<o^eca selecta de literatura espanola '. — La bibliograjihie ne saurait être trop reconnaissante à Bartolomé J. Gallardo (l"78-lSo.3). >ul naplus fait que cet atrabilaire constituant de Cadiz, si friand de polémiques scandaleuses, pour sauver de l'oubli une foule de livres précieux. Ses innombrables papeletas ont servi à MM. Zarco del Valle et Sancho Rayon pour former VEnsayo de una Bihiioleca Espafwla de libj'os raros y curiosos { iS()'i-iH8\) , ((uatre volumes). — Enumérons, sans Irop insister : José de la Hevilla, (lûmez de la Corlina et Nicolas Hngalde, ces deux derniers correcteurs et illustrateurs (en 1829) de la trop vantée Histoire de la Littérature espagnole, de Bouterwek, 1804; — Diego Clemencin (176.j-18.34), l'éditeur et le cominentaliur du Don Quichotte (six volumes 1833-18.39 ; — Agustin Durân 1793-1862 , inlelligent appréciateur des grandes œuvres, qui sut montrei- la valeur dédaignée de
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ranticjue llit'j'ilie iialional, des Sai/netes de Raini'iii de la C.ruz, et surtout du Romancero dont il donna, après (irimin,
lîepping, Hidil et F. Wolf, une collection complète aux tomes X et XVF de la BihUoteca de Autores Espaiioles. Cette Bibliothèque des Auteurs Espagnols qui devait, par la suite, embrasser, en 71 tomes, l'ensemble de la littérature, jiubliait, à partir dr 18'f6, ses premiers volumes sous la direction de deux Catalans, Carlos Aribau et Manuel Rivaileneira. — Eugenio Ochoa (184")-i84:)) composa, de son côté, à Paris, où il avait émigré en l837,diversescollections ot anthologies classiques, qui contribuèrent beaucoup à faire connaître en France la littérature de son pays. Il y joignit force traductions du français et un Catalogue des manusrrits espagnols delà Bibliothèque roijalc (184ii. — Il ne serait ]Kis juste d'oublier ici Pedro José Pidal, qui Joignit à ses études historiques, déjà citées, des articles littéraires, réunis dans la Coleccion de Escritores castellanos; ni le gaditain Adolfo de Castro (né en 1823), trop amateur de paradoxes
par exemple : le Quijote du pseudo Avellaneda est d'Alarn'm). de découvertes sensationnelles (les plagiats de Lesage), ou même de simples mystifications (le Buscapié de Cervantes), mais qui mêla beaucoup d'ingéniosité à ses fantaisies et à ses nombreuses études littéraires. — Aureliano Fernândez Guerra. Leopoldo Augusto de Cueto, marquis de Valmar. le professeur ( atalaii Manuel Milâ y Fontanals, José Amador de los Rîos, Manuel Cahete commençaient à Sf faire connaître par leurs premiers travaux. Nous en parlerons plus loin.