I. Rrimis en 2 vol., Bilhao
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son talent d'écrivain, a conquis l'une des premières places parmi les polygraphes et les romanciers, dans un pays où, malgré d'illustres antécédents, l'opinion publique n'est pas toujours bienveillante pour les femmes auteurs. Ses œuvres critiques et savantes sont nombreuses {Feijôo;
— Saint François d'Assise:' — Dante, Milton, Le Tasse; — Essai critique sur le Darivinisme : — Pédagogues de la Renaissance; — La Révolution et le Roman en Russie; — La Question palpitante, essai sur le roman contemporain, etc.). Ajoutons-y de nombreux récits de voyage {Mi romeria,
— Al pie de la terre Eiffel, — Vor Francia y Atemania) et l.e Teatro cr/tico, revue littéraire que, par un véritable tour de force, elle rédigea, à elle seule, pendant plusieurs années. Mais c'est surtout par -ses romans que M"'' Pardo Bazân est connue en Espagne et à l'étranger. Elle se réclame des principes de l'école réaliste, qu'elle oppose nettement au naturalisme. « Si tout ce qui existe vraiment et effectivement est réel, le réalisme dans l'art nous présente une théorie plus large, plus complète et plus parfaite que le naturalisme. Il embrasse en effet la nature et l'esprit, le corps et l'àme ; il concilie et réduit à l'unité l'opposition entre le naturalisme et l'idéalisme rationnel. Tout peut trouver place dans le réalisme, moins les exagérations et les erreurs des deux écoles extrêmes, et, par une conséquence rigoureuse, exclusivistes .» Ces principes, elle les a appliqués dans de très nombreuses nouvelles, ainsi que dans ses romans plus étendus, dont il suffira d'énumérer ici les principaux: Vascual Lôpez (1879), autobiographie fort romanesque d'un étudiant en médecine; • — Un Viaje de novios (1881), où les caractères comme les paysages (l'intrigue se déroule à Vichy), sont observés de plus près; — La Tribuna, curieuse étude d'une cigarière qui joue un rôle de tribun populaire; — Le Cygne fie Vilamorta (1885), qui nous présente un type aussi vigoureux qu'antipathique de maîtresse d'école; — Le Château d'Ulloa [Los Pazos de Ulloa, 188G , — et la Mère Nature (La Madré Xaturaleza, 1881], k noire goût, les chefs-d'œuvre de Tau-
leur, qui, dans ces deux derniers romans, a fait, pour ladmirable pays de Galice, ce que Pereda a fait pour la Montana; — Insolaciôn el Morrina {\889), deux études, vraiment puissantes et par endroits audacieuses, de psychologie madrilègne; — La Crisiiana et La Prucba (1890), moins vives, mais plus fouillées; — La Piedra anijular {lS9i), où le bourreau Rojo, pierre (inr/ulaire de l'édifice social, nous fait songer à Uigolelto; — La (Jtdmera, le dernier, mais l'un des plus pém'drants et des plus parfaits de style, etc., eti;. Ce n'est là qu'une faible partie de celte œuvre si variée', où le mysticisme alterne parfois avec le léalisme, où les parfums agrestes des bords de l'Avieiro se mêlent aux odeurs acres des faubourgs de Madrid et de la pradera de San Isidro, où le style facile, abondant, se plie avec souplesse aux sujets divers et se colore parfois d'une teinte de classicisme et d'archaïsme. Et comme si tous ces lauriers de romancière, de critique, de savante, de moraliste, de publiciste. ne sullisaienl pas à son front, M™'' Pardo Bazàn a voulu y joindre ceux du théâtre et de la tribune académique. .Nul doute (car la volonté est l'un des caractères de son talent, par un rare privilège à la fois très viril et très féminin) quelle n'y réussisse.
7. Le véritable maître du roman moderne en Espagne est M. Benito Pérez Galdôs (né en 1843, aux lies Canaries). Si quelques-uns rivalisent avec lui, ou même le surpassent par quelque côté, aucun n'a élevé un monument litténiirr aussi considérable et aussi riche, de fondements i)lus solides, d'exécution jilus achevée. Ce labeur tenace, persévérant^ poursuivi en dehors ilu bruit frivole, sans défaillances ni concessions, l'ftte ascension, de progrès en progrès, vers l'idéal i-êvé, est vraiment admirable: à défaut
1. I.e vol. X.XXI (le ses Ohras cnuplelan a paru en moùI 19u7.
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dadiniraliun, elle inspirerait encore It; respect. En dehors dos écoles et des rhétoriques, par lu seule réflexion et la seule volonté, Pérez Galdôs a conçu le roman commo l'exacte reproduction de la vie sous toutes ses faces. « l.e roman, dit-il, est l'image de la vio, et l'art consiste à reproduire les caractères humains, les passions, les fai- Messes, la grandeur et la petitesse, les âmes el h-s physionomies, l'esprit et la matière qui nous constituent et nous entourent, le langage, qui est la marque de la race, la do meure, signe el centre de lu famille, le vêlement, manifestation extérieure et dernière de la personnalité, et tout cela, sans oublier qu'il faut tenir la balance égale entre l'exactitude et la beauté d»' la reproduction. >• Son œuvre, par son ampb'ur, peut être comparée àcelles de Balzac ou de Zola. En 1870, Pérez Galdi')S j)ubli#il son premier roman : La Fo)Uana de (h'o : depuis, il ne s't>sl point écoulé d'année où il n'en ait donné un et parfois plusieurs. Pour se former une idée de celle œuvre immense, il faut, comme l'auteur lui-même, la diviser en groupes. I>e premier, chronologiquement, comprend les vingt romans des premiers Eplsodios nacionales (en deux séries, 1879-1883). 11 nous présente le tableau pittoresque ou dramatique de l'histoire d'Espagne, depuis Trafalgar jusqu'à la restauration de l'absolutisme en 1824. Longtemps après, l'auteur devait revenir à cette forme anecdotique de l'histoire, et dans une nouvelle st'rie, qui se poursuit encore, choisir les événements postérieurs les plus caractéristiques pour nous dépeindre l'Espagne df Cristina el d'Isabel. Ce genre prête assurément à des objections el à des réserves; malgré tout, des récils tels que La Cortc de Carlos IV, Zaragoza, Gerona, Bailcn, El Tcrror de 1824, etc., ne peiivent manquer de rester populaires. — A côté des Episodes nationaux, il faut placer, car beaucou]) furent composées à la même époque, les « Novetas de ta primera tpoca » : Doiia }'crfecta {[8'()), où les idées nellement libérales et anticléricales de l'auteur se manifestaient non sans éclat, l'admirable et profond roman de Gloria (1877), le louchant récit de Marianeta (1878i, La familia de Léon