CHAPITRE IV LES AUTRES GENRES EN PROSE
I . Philosophie. Eloquence. — Lacoiistatalion, déjà faite ailleurs, de la pauvreté relative de la production philosophique en Espagne, il faut la répéter en ce dernier chapitre. La transplantation dans la terre d'Espagne de l'obscur système de Krause (1781-1832) et l'accueil quil y rencontra fut vraiment une aventure extraordinaire. On peut dire que Sanz del Hio, Fauteur inconscient de cette énorme mystification, a comme paralysé i)0ur une cinquantaine d'années la pensée espagnole. Une foule d'esprits distingués,Salmerôn, Giner de los Rios, Federico de Castro, Ruiz de Quevedo, Tapia, .I.-A. Egui'laz, Fernando de Castro, sans [larler de Canalejas et de Castelar, furent des Krausistes plus ou moins fidèles à la doctrine de ce maître inattendu. La jeunesse studieuse des universités fut condamnée à VAnalitica, à VAndlisis del pensamiento racional, etautres ouvrages analogues. Il estvrai que, lorsque cet engouement fut calmé, le silence se fit. Il n'y a plus rien à signaler que quelques tentatives hégéliennes ou positivistes, quelques vagues imitations de systèmes étrangers. Rien de vraiment original et nouveau. Dans le camp adverse, en dehors des théologiens ou apologistes de profession, les successeurs de Balmés ou de Donoso Cortés, les Orti y Lara, .1. Rul)ii'i y Ors, Miguel Mir, Caminero, Fray Ceferino Gonzalez, l'historien de la Philosopliie espagnole, Laverde Ruîz, et quelques autres combattent, avec plus ou moins de talent et de succès, les doctrines hétérodoxes.