CRITIQUES
;i90;), deux volumes); -- Manuel Serrano y Sanz, a donné, entre' autres choses, une riche Bihliotcca de Escritoran espafwkis, deux volumes, 1903, et édile les Aiitobiografias i/ Memoriac. dans la Niieva B. A.E.,190^}; —Miguel de Unamuno se recommande, comme critique, par son commentaire philosophique si original sur la Vida de Don Qtdjote y Sancho, par st?s Eusayos, son traité En torno al castirismo, etc.; — Antonio Rubid y Lluch, des Jochs Florals de Barcelona; — Salillas, (|ui joiul la linguistique à la criminalogie; — Navarro Ledesma, qui mourut au lendemain de la publication de son liKjotiow Hidnluo Mu/iiol de Cervantes, 1905; — Alonso Bonilla San Martin, passé maitre en lettres anciennes et modernes, historien du grand Luis Ftï'es, commentateur du Diablo Cojuelo de Télez de Giievara, rédacteur des Analefi literafios ; — tant d'autres enfin, qui chaque jour ajoutent une page à la science qui se fait. 11 faudrait énumérer ici les chartistes de la Revista de Archivas, les érudits du Boletin de la Hbtoria, les lettrés de la Cidtura Espanold. et aussi tous ces modestes travailleurs de province qui vont se multipliant chaque jour.
Et nous devrions, pour finir, consacrer une page à la jeune critique militante, moins avide d'érudition que d'actualité, les Manuel Biieno, Gomez de Baquero, Manuel Ugarte, Martinez Sierra, Gonzalez Blanco, Llanaa Aguilaniedo, Martinez Ruiz, Ramiro Maeztu, etc., qui, dans la presse et les revues, suivent au jour le joui- le mouvement des idées littéraires.
Ces énumérations, quelque rapides, quelque sèches qu'elles soient, donnent, si je ne me trompe, une impression favorable de l'activité des érudits contemporains : ni les œuvres ni les talents ne manquent, ni même la méthode et la patience qui, en pareille matière, si elles ne constituent point tout le génie, en sont la condition nécessaire. En dépit d'obstacles divers, l'Espagne paraît en voie de reconquérir sa place dans un domaine "où elle s'était laissé
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devancer par ses sœurs latines, pour ne parler que de ces dernières.
Cette mèfne impression persistera, croyons-nous, si l'on considère l'ensemble de la production littéraire pendant la période dite contemporaine : la poésie, le thétitre. I»' roman, l'éloquence y sont représentés par des noms qui pourraient être mis à côté de ceux qui honorent actuellement la « littérature européenne ». — D'où vient cependant que ces derniers aient conquis chez nous droit de cité, alors que des écrivains espagnols aussi dignes d'être connus nous restent étrangers"? Accusons, si Ton veut, noti-' ignorance, notre incuriosité, et une propension, plus naturelle que généreuse, à juger de la valeur par la force, et du mérite par le succès : nous nous en tenons trop paresseusement au vieil adage : ujnotum, ergo i0iobile. Mais cettp explication ne suffit pas; il y a d"autres causes à ce fait.
Il n'est point absolument exact, — encore qu'il y ait un-' part de vérité dans cette assertion ', — (ju'une originalité qui se complaît trop en elle-même et le particularisme excessif du génie esi)agnol aient nui à l'expansion des ceuvres qu'il a produites. Ne sont-ce point, au contraire, ses créations les plus caractéristiques, la Comedia, le roman picaresque, la littérature mystique, le Romancero, qui ont agi le plus fortement au dehors, qui ont été le plus admirés à l'époque même où « l'antipathie entre les caractères français et espagnol » s'accusait avec force, aux xvi« et -wii^ siècles? Et, d'autre part, ce (]ui nous attire depuis quelque temps vers les œuvres russes, Scandinaves, anglaises, n'est-ce point l'originalité que nous y voyons ou croyons y voir? Ce n"est point toujours nous que nous
1. « Cette grande et curieuse littérature espagnole est ori).'inale. profondément originale, à quelques égards la plus originale peut-être des littératures de IKurope moderne ; mais, par un inévitable retour, et comme en payement d'une origiualité qu'elle ne doit pas moins à son orgueilleux isolement du reste du monde qu'à sa vertu naturelle, elle est si spéciale quelle ne convient qu'à lEspagne. >> F". Brunelière. Eludes crilûjues, III, p. 8'.).