LE « POEMA DEL CID
Ici encore les mœurs, les habitudes sont très semblables à celles de la France. Ces chanteurs populaires ce sont les jongleurs (Jug/ares, yoglares, les joylers ou jogledors de France), nom qui, d'ailleurs, s'applique parfois auxauteurs, lesquels durent souvent réciter eux-mêmes leurs œuvres en public. Le rôle joué par ces joglares a fait donner, dès le XII* siècle, à celte épopée anonyme, populaire et récitée, le nom de Mester de Joglaria, par opposition à la poésie savante, ecclésiastique, écrite par des auteurs connus pour être lue, et que l'on désigne sous le nom de Mester de Clerecia. Cette distinction entre la Jonglerie et la Clergie est très sliinificative, car elle s'applique non seulement à la lilléralure, mais à la société tout entière, dont les clercs elles laïques formaient les deux divisions essentielles, qui pendant longtemps coexistèrent sans se confondre. Les rédactions ou copies successives, ainsi que les erreurs inhérentes à une transmission souvent orale, expliquent l'état imparfait dans lequel nous sont parvenus ces anciens textes, et doivent rendre prudent, en particulier pour les que:5lions de métrique.
3. Le i( Poema del Cid ». — Cette chanson de geste a été publiée en 1779, par Tomâs Antonio Sânchez', d'après un manuscrit dit de Vivar (ou de Pidal) copié, probablement en 1307-, sur un texte antérieur, par un certain Per Abbat. Elle comprend sous sa forme actuelle 3.73o vers 3.
[/élude comparée des chroniques et du Poema révèle l'existence d'au moins un manuscrit antérieur et permet de placer vers le milieu du xii" siècle la date approxima-