‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 26 sur 263 · Coleccion de poesias anteriores al siglo xv, t. I · texte numérisé non relu

Coleccion de poesias anteriores al siglo xv, t. I

2. Le manuscrit donne la date « era de M y CC XLV •», mais il y a de fortes raisons de croire qu'im G a été gratté avant le X. — Pour réduire ['ère espaf/?iole (abandonnée officiellement en 1383) à l'ère chrétienne ou de l'Incarnation, retrancher trente-huit ans.

a. Edition R. Menéndez PidaJ, Madrid, 1898.

tive de la première rédaction. Les allusions aux mœurs et usages, et spécialement aux coutumes juridiques et institutions sociales, confirment cette conclusion. La composition n'aurait donc été que d'une cinquantaine d'années postérieure aux événements racontés, puisque le Cid Ruy (ou Rodrigo) Diaz est mort eu 1099. La mention répétée du monastère de San Pedro de Cardena, près Burgos, la complaisance avec laquelle sont rappelées les libéralités de Rodrigue envers ce couvent, la connaissance des régions voisines, surtout de la moyenne vallée de l'Ebre et du cours supérieur du Duero, enfin les formes castillanes du vocabulaire, tout fait supposer que le Cantar fut composé dans le pays même du héros.

La versification, dans l'unique manuscrit conservé, est extrêmement irrégulière et confuse, ce qui s'explique par l'incorrection de la copie, par l'ignorance probable du scribe, par la difficulté de réduire à une graphie précise un texte récité plutôt que lu, par conséquent plein de liaisons, d'apocopes, de synalèphes propres à la récilalion, mais presque impossibles à restituer sûrement aujourd'hui. Ce que l'on peut avancer de plus certain, c'est que la grande majorité des vers est formée d'alexandrins ou se rapproche du type espagnol (7 -j- 7), qui peut être considéré comme le mètre normal. Le système des laisses sur une même assonance, aiguë {à, 6, etc.) ou grave [d-o, à-a, i-a, etc.), rappelle absolument celui des poèmes français, et particulièrement celui de la Chanson de Roland.

Le sujet raconte certains événements de la dernière partie de la vie du Cid Ruy Diaz, el Campeador, son départ de Vivar et de Burgos, d'oîi l'exile la rancune du roi AlfonsoVI, ses conquêtes contre les Maures jusqu'à la prise de Valence, son établissement dans cette ville avec sa femme Xiniena et ses filles. Sol et Elvira, le mariage des jeunes princesses avec les infants de Carriôn, Diego et Fernando, la trahison dont elles sont victimes de la part de ces derniers, qui les abandonnent dans la rouvraie de Corpes, la punition des traîtres, poursuivis par Rodrigo, cités devant les Certes

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