‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 36 sur 263 · LA PB OSE · texte numérisé non relu

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2. L'œuvre littéraire d'Alfonso le Savant.— On peut dire sans paradoxe que le véritable fondateur de la prose castillane fut le roi Alfonso X, dont le long règne il252- 1284i, si funeste au point de vue pdlitique, fut, du moins, très favoiable aux lettres. Sans doute, quelques ouvrages antérieurs peuvent être cités qui montrent que la prose vulgaire avait déjà conquis ses droits, par exemple, le petit et insignifiant traité des Dix Commandements (Los Diez Mandariiicntos, du début du xm'' siècle) ; les Analcx Toledanos, simples notes ilnonologiques, dont les deux premières

l'œuvhe d'alfonso X o[)

parties atteignent respectivement les années 1219 et 12o0; VHistoire dcn Gollis {Estoria de los Godos), version castillane de Vllistoria r/othica, de l'archevêque de Tolède, Hodrigu Jiménez de Rada (y 1247) ', et surtout la traduction, publiée en 1241, par ordre de Fernando III, du Fonwi Jadicurn iFiiero Jnzrjo)', inspiré par l'antique Lex Romand Visifju- Ihoruin, et non moins important pour l'histoire de la langue que pour celle de la législation.

Mais aucune de ces œuvres n'égale eu mérite littéraire quelques-unes de celles que nous a laissées ou que, tout au moins, ainspiri'-esle Roi savant. Sous son règne, dit Amador de los Rios, << toutes les connaissances humaines furent appelées à contribuer à un concert merveilleux dont l'âme était ce savant monarque. Les sciences naturelles et philosophiques, la jurisprudence et l'histoire, la poésie et toutes les l)ranches du savoir devinrent l'objet d'un culte : l'intelligent monarque était sans cesse occupé à rechercher les hommes et les œuvres qui devaient contribuer au complet développement de ses grandes idées. » Sa cour fut l'une des plus brillantes du moyen âge. Les troubadours provençaux et français y accourent en foule, sûrs d'y trouver protection et profit. Beaucoup nous ont laissé l'expression de leur reconnaissante adniirnlion pour ce roi artiste, dont B. Galvo disait :

En quer cab sai chanz c solatz Pos los mante lo Reis N'Anfos, Mas si per lui tôt sol no fos Jais agron del tôt oblidalz.

Sans jiarler des œuvres sûrement apocryphes {Esprculo, Tesoro, Cartasde AHxandre, /{o?r}rt«ce castillan et poésies provençales, Libro de las Querellas, etcl, nous ne ferons qu'énumérer ici, car leur valeur est uniquement technique et

1. Doc. inéd. para la Hist. de Esp., vol. LXXXVIII (Paz y Meiia).

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