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tion et son nom, mais il a fait sans doute appel à beaucnup de bonnes volontés, et l'aide des écrivains contemporains n'a point dû lui manquer. Parmi ces collaborateurs l>robables, les plus célèbres sont, assure-t-on, Gil de Zamora et Jofré de Loaysa. Le premier, Juan Gil de Zamora, franciscain et précepteur de Sancho IV, a écrit pour son propre compte le De prœconiU Hispaniae (1 278-82 1 et un recueil de biographies {Liber illustrium personarum). Le second, archidiacre de Tolède, est l'auteur d'une continualion, en castillan, de VHistoria Gothica de Rodrigo de Tolède : elle est perdue et nous ne la connaissons que par une traduction latine d'Armand de Crémone ^
M. R. Menéndez Pidal a montré que le vrai texte de la Estoria de Espafia nous est jusqu'ici demeuré inconnu,, ■qu'il est impossible de le reconnaître sous les divers remaniements et les déformations que lui ont fait subir les deux éditions postérieures (celles de Juan Manuel, et de 134i), puis celle d'Ocampo, qui reproduit, de son côté, une des quatre rédactions d'une troisième édition perdue. Il a fait mieux, et, grâce à des manuscrits négligés jusqu'ici, il vient de nous rendre un texte beaucoup plus sûr de cette œuvre capitale-. Elle permet de juger, mieux qu'on ne pouvait faire par la vulgale, quelle simplicité, quelle grâce et quel charme présentent souvent, malgré une certaine lourdeur et inexpérience, les récits du vieux ch^oniqu^ur. Evidemment l'instrument de la proso castillane était trouvé ^ elle pouvait se prêter dt'sormais à toutes les entreprises. — Quant à la Grande y gênerai Historia (1270), encore inédite, l'auteur en voulait faire un résumé de l'Histoire universelle. Telle qu'elle nous est parvenue, sous une forme incomplète, elle comprend cinq livres ou parties. Elle a emprunté beaucoup à la Bible, aux auteurs classiques et aux écrivains orientaux.
t. Edit. Morel-Fatio. lidd. de l'Ecole des Charles, i. LXIX. 2. Primera Crônica Heneral, tomo 1-Te.vto (Nueva Bibliot. de Aut. Esp., t. V), Madrid, 1906.
mST. DE LA LIT. ESPAGNOLE. 4
()2 DALIONSO X A JUAN II. — l'IiUSE
4. Las Siete Partidas. — Les Siele Ptirtidas^ rédigées, sons la direction du roi, par des jurisconsultes Fernando Martînez, Roldàu, Jacobo, Et de las Leyes], forment un recueil de lois et de coutumes du plus haut intérêt historique et social. Mais l'œuvre n'est point intéressante seulement pour les juristes. Elle lest aussi, à un très haut point, pour Ihistorien et pour le lettré, car l'auteur ne se borne pas à formuler sèchement des lois et des règlements ; il les commente en homme d'État, il les discute parfois en philosophe. Il présente, en somme, un tableau complet de toutes les classes de la société, nous en fait connaître exactement les mœurs, les vertus et les vices, nous en décrit les usages, nous en traduit exactement le langage, de telle sorte qu'il n'est point d'ouvrage plus utile pour vérifier, et souvent pour expliquer les témoignages que nous transmettent les œuvres littéraires contemporaines ou postérieures. C'est ainsi que quelques-unes des œuvres de Juan Manuel ne sauraient être jugées ni comprises, si on ne les rapproche des parties correspondantes des Siete Partidas.
0. Las Cantigas. — L'œuvre la plus littéraire attribuée à Alfonso est le recueil de quatre cent vingt-huit poésies qu'il auraitconsacrées, sous le nom des Cantigas'^, à célébrer la Vierge. Déjà antérieurement il avait composé des Cantigas de amor é de maldecir, c'est-à-dire des poésies amoureuses et satiriques, mais aussi bien celles-ci que celles-là, et pour les raisons que nous avons dites, sont écrites en gallerjo. Le recueil des Cantigas comprend des chants pieux destinés à être chantés réellement le manuscrit contient la musique, It-s neumes), des panégyriques, et des récits (le miracles, tels que l'on en trouve tant de recueils à cette époque, et tels que nous avons vu Gonzalo de Berceo,