SANCHO IV
après bien d'autros, en traduire déjà en vers castillans.
Les récits édifiants du roi ont le même intérêt, mais plus de richesse et de grâce, que ceux du prêtre Riojan. Quelques-uns sont vraiment d'un poète. Quoique en dialecte, ci's poésies, par la singulière variété des combinaisons métriques et des rythmes, ainsi que par l'habileté avec laquelle l'auteur sait les manier, pouvaient servir de modèles aux poètes à venir.
Le roi Alfonso rendit à la langue vulgaire de Castille un service d'un autre ordre, mais de grande conséquence, en substituant de plus en plus le castillan au latin dans les instruments publics, en imposant des règles et des traditions aux scribes et aux secrétaires de sa chancellerie et en réduisant, par le fait même, à' une plus grande uniformité, les variétés ilans les graphies et dans le vocabulaire.
Tous ces mérites justifient l'admiration des contemporains pour le « roi savant >-, et la place importante que son règne occupe dans la littérature du moyen âge.
a. Sancho IV et D. Juan Manuel. — Progrès de la langue. — L'exemple donné par Alfonso X fut suivi. Plusieurs princes de sa famille, son frère Fadrique, son fils Sancho, son neveu Juan Manuel, son arrière-petit-fils, Alfonso XI, Continuèrent son œuvre littéraire. — Sancho TV ! 1284-91)! aurait écrit en t2l)2, sous le titre de Libro de Castigos é documcntos Chastoiements et instructions^^ , un traité d'éducation à l'usage de son fils Fernando. Miiis cet ouvrage, tel qu'il nous est parvenu, ne fait guère, dans quarante et un chapitres sur quatre-vingt-dix, que reproduire une traduction de 1345 du De Hetjiinine Vrincipum, composé, vers 1274, par .4:]gidius Columna pour Philippe le Bel. 1! serait aventureux d'attribuer à ce souverain