Ms. de JLscori.il. — Kdit. H. A. L.. t. LVII
POKMA I)K AI.IONSO XI S9
OÙ il eniK'Ji' nom de chronique plus encore (jue celui de poènif. A défaul de mérites poétiques bien relevés, il inési'nte du moins l'intérêt d'un récit lidèle. L'écho des luttes contre les Arabes est sensilde cependant dans les vers de Yâfiez ; son patriotisme et sa foi suppléent souvent au manque dinspiralion. Nulle œuvre du moyen âge n<' traduit plus exaclenient l'enthousiasme (|ui, à certains moments, poussait tout le pays contre la marii^ma. (Juanlà la forme, ce qu'elle a de plus remarquable, c'est la substitution du vers octosyllabique de romance au vers alexandrin. I.e poème marque la (in de la cuaderna via, mais on l)eut se demander si cette révolution fut bien féconde, et bien heureux le choix de ce nouveau mètre, peu l'ail pour de longs poèmes. Il est difficile de lire sans fatigue ces 2.4b5 quatrains d'octonaires, qui donnent une allure bien sautillante au récit des batailles épiques et des chevauchées héroïques.
On joint d'ordinaire au livre du labbin Sem Tob, et l'on attribue même parfois à ce dernier, quelques compositions, qui se trouvent dans le même manuscrit que ses l'roverbios.
Il avait certainement écrit d'autres ouvrages que les l'roverbios, mais ni la Doclrina Cristiana, ni la Vision ù Rerelaciôn delErmitano, ni XaDanza gênerai en que entma todos los estados de gente ne peuvent être de lui. — F/auteur du petit catéchisme en veis intitulé Doctrina Cristiana s'y nomme lui-même Pedro de Beragùe. — La Revelacidn de un Ermitano ' est datée de 1382 (au 3'' vers), et l'auteur anonyme s'y déclare « habile dans la science du gai-savoir ", laquelle fut restaurée et cultivée avec ferveur à Barcelone, dans les premières décades du xv siècle. Il ne le prouve d'ailleurs que médiocrement dans ce rifacimenlo des lieux communs traditionnels sur la Liille de l'dme et du corjjs. On sent chez lui rintluence, déjà grandissante en Espagne, du génie dantesque.