‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 87 sur 263 · Edit. Caùete et Asenjo Barbieri. Madrid · texte numérisé non relu

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144 EMUQUIl IV KT LES ROIS CATHOLIQUES. THEATRE

poésies lyriques qui comprennent de médiocres compositions l'eligieuses ; des poèmes allégoriques {El triunfo de amor, el -Testamento de amores, la Confesiôn de amor, la Juata de amor\ ou héroïques [el Triunfo de la Fama, pour célébrer la reddition de Grenade ; celui-ci plus intéressant que ceux-là) ; quelques œuvres burlesques ou coq-à-l'àne versifiés, entre autres ces fameux Disparates trovadon, qui devinrent proverbiaux. La Tra(/edia à la Muerte del Principe D.Juan, tilsdes Rois Catholiques (100 stj'ophes dV/r^f ?«a.(/or, avec romance et villnncico) ne figure que dans les éditions postérieures, puisque ce jeune prince tant pleuré mourut en 1497. Mais ce qui estresté vraiment vivant dans son œuvre, ce sont d'abord ses villancicos et les poésies pastorales, d'une si naïve saveur populaire, puis, el surtout, ses compositions dramatiques. Ces compositions désignées sous le nom de representaciones, autos, farsas, mais surtout égloyas, nom qui paraît remonter aux Bucoliques de Virgile), roulent souvent sur des sujets religieux: liepresentacionde la l'asiôn, de la Resurrecciôn, trois Eglogues pour Noël. Les personnages sont empruntés au peuple; ils parlent un langage rustique, une variété de patois Salmantin ou Charruno, qui restera typique et qu'on qualifie de dialecte sayagués ^c'est-à-dire de Sayago, près de Zamora et de Salamanque). Kien de plus vivant que ces scènes tirées de la vie ordinaire, par exemple, VAuto del repelôn, ou de la bagarre, entre bergers et étudiants de Salamanque, léglogue des Jours gras \antruelo , les deux eglogues de Pascuala et Miiigo et de l'écuyer (iil, celle de Bras et Jnanillo, celles de VEscudero que se tornô pastor, et des Pastores que se tomaron palaciegos. — Ce qui est remarquable, c'est que, malgré leurs sujets et leur langue populaires, ces pièces furent jiresque toujours représentées daius les ]ialais et chez de grands seigneurs, telsque D. Fadrique ,\lvarezdeToledo, duc d'Albe, maître et protecteur d'Encina. Restent encore en dehors du ('ancionero de 149(') trois pièces postérieures, qui datent du séjour d'Encina en Italie, et qui témoignent, surtout la dernière, d'un elfort pour élargir et pour ennoblir le Ihi'àtre.

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C-e soiil \'E(jUii/ite de Fileno et di Zanihardo, ÏEuloi/ue de Ciislino et de Fchea, et la Farsa de Plàcida y de Vitoriano. \/d Farm fut représentée à Rome, en 1512. Elle est pré- (■('■(Jre d'un prologue (ou Iiitroito) et a reru les éloges de Juan de Valdt'S. — Ces titres suffisent pourmi'riltT à Encina le surntMii de l'ère du théâtre espagnol, qui lui est donné d'nrdinaire. S'il n"a pas proprement fondé ce théâtre, il l'a du moins émancipé, sécularisé et enrichi. Après lui, ainsi (|up nous le verrons, la production dramatique ne cesse plus.

I.a poétique d'Encina est formulée dans son précieux traité en prose : Arte de la poesia ', qui, s'il ne contient pas erand'chose que l'on ne retrouve avant lui, dans les prccepliftlos provençaux particulièrement, s'inspira du moins de la science plus moderne de son maître à Salamanque, l'humaniste Nebrija. Ajoutons qu'Encina fut habile musicien, (|u'il composait lui-même la musique de ses vers et que cette (leinière nous a été conservée-.

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