G. Xiiiiez de Arce, Dixcurso sobre la poesia
2. Ohms de Boscdu, éilit. Rnapp. Madrid. l87o. — R. A. E., t. XX.MI et LXIL
LYRIQUE. — GARCIL.VSO 155
renferme toutes les poésies à la mode espagnole, antérieures à la conversion littéraire de l'auteur [Copias, Villancicos, Canciones, allégorie de la Mar de amores). Le deuxième et le troisième livres contiennent les vers al itâlico modo. Ils sont précédés par un prologue (Epistola à la Ditquesa de Soma), qui est une déclaration de principes, le vrai manifeste de la nouvelle école. Quatre-vingt-douze sonnets et onze Canciones composent le deuxième livre. Dans le troisième, se trouve le long et ennuyeux poème de Héro et Léandre, en liendécasyllabes blancs (scio//î), imité de Bernardo Tasse; des Capitiilos élégiaques, qui nous paraissent le chef-d^œuvre de l'auteur; deux épîtres, dont l'une intéressante tout au moins par le nom du destinataire, D. Diego de Mendoza, enfln une Alegoria en octaves, imitée des Stanze de Bembo. Bosciin n'est point un poète de génie, tant s'en faut; c'est un homme de goût qui sait ce qu'il veut et qui l'exécute. 11 a réussi à orienter définitivement le goût public vers l'Italie ; il a introduit, ou remis en honneur, cinq combinaisons métriques qui vont faire fortune : la Canciôn toscane, les octavas rimas, les versos sueltos, les tercets et les sonnets. Il a fixé aussi le type, jusque-là un peu flottant, de l'hendécasyllabe régulièrement accentu('. Enlin Boscân a rendu un signalé service à la prose par sa traduction' du Cortigianode Castiglione (vers L'iSi» : elle passe pour un modèle, sinon d'exactitude, du moins de pureté et d'élégance.
4. Garcilaso de la Vega. — Le quatrième livre des œuvres de Boscân renfermait les poésies de son jeune et illustre ami, Garcilaso de la "Vega (1503-1.^36), qui appartenait à une famille aussi connue dans l'histoire des lettres que dans l'histoire politique. Ce poète charmant, mort à trentetrois ans, a séduit ses contemporains, et sa grâce virile, sur laquelle une mort aussi prématurée qu'héroïque au siège