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Baglivi, Praxis medica

5. Qaliea avait à peu près reconnu lui-même ces sources d'iadicatîona.

SOLIDISME. 243

de borner les modes de traitement aux étroites exigences, du solidisme, on le vit faire un pressant appel à l'observation et ne dédaigneraucun des médicaments dont l'efficacité avait été proclamée d'une façon irréfutable par la grande voix de l'expérience. Il l'écrivit d'ailleurs lui-même : « Totus sum in observando ».

Loin d'avoir été un des coryphées del'iatro-mécanisme ', Bernard Ramazzini (1633-1714) fut surtout un éclectique, et on le vil adresser un aussi fréquent appel à la chimiatrie qu'aux doctrines solidistes ®. Comme Baglivi son maître, Ramazzini devint profondément observateur, et sut d'ailleurs faire abstraction complète, au lit du malade, de toutes ses idées théoriques.

Les constitutions médicales l'intéressèrent à un haut degré ; aussi consacra-t-il toute l'ampleur de son talent à les bien étudier, et on peut l'envisager sous ce point de vue comme le digne émule de Sydenham.

Mais c'est surtout comme hygiéniste que brilla l'auteur italien ; outre ses savants commentaires sur le livre de Cornaro ', nous avons encore de lui un Traité justement célèbre des maladies des artisans. Le nombre considérable d'éditions qu'a eu cet important ouvrage témoigne suffisamment du haut rang qu'il dut occuper dans la littérature médicale*. Reprochons néanmoins à Ramazzini de s'être montré un peu trop pessimiste dans les questions d'hygiène professionnelle.

1. Quelques auteurs, et notamment Puccinotti, dans sa Storia délia Medicina, placent Ramazzini parmi les iatro-mécaniciens les plus exaltés.

2. La même remarque peut être judicieusement appliquée à son contemporain et ami Lancisi (1654-1720), que la variété de ses connaissances rendit à tout jamais célèbre.

3. Discorsi délia vita tolria. Voyez Cornaro. De la sobriété, Conseils potir vivre longtemps . Paris, 1880, 1 vol. in 18 Jésus.

4. Voyez Ph. Pâtissier, Traité des maladies des artisans et de celles qui résultent des diverses professions diaprés Ramazzini, Paris. 188^, 1 voHn-8.

Un grand nom en médecine est celui d'Hermann Boerhaave (1668-1738) ; il nous rappelle un homme qui parvint à se créer la renommée la plus bruyante de son époque.

Nommé professeur à Leyde, son enseignement fut en effet le plus fameux de l'Europe entière. Boerhaave groupa autour de sa chaire un si grand nombre de disciples qu^on dut démolir les remparts de la ville, pour donner asile à cette jeunesse studieuse, qui affluait de toute part, captivée par le charme indicible de sa brillante parole, et la réputation du maître s'étendit de son vivant même dans les deux mondes : « MecumBoerhaavium audivistiseloquentem, dit Haller, candidum^ assiduum, omnium litterarum peritum, botanicum curiosissimum, chemicum incomparabiIem,medicum non Urbis, non Belgii, sed universae Europse, communem Medicorum ex omnibus nationibus moratioribus contluentium prœceptorem* ». Aucune dignité universitaire ne lui fit défaut; il résumait en lui seul, comme l'ontdit ses panégyristes, la Faculté entière.

Le praticien parut d'ailleurs se montrer en lui à la hauteur du savant; plusieurs souverains le consultèrent, et sa célébrité devint si grande, qu'un mandarin chinois put écrire un jour : « A. M. Boerhaave, en Europe ».

Tel fut l'homme étonnant qui voulut allier les doctrines de ses prédécesseurs et les études cliniques de ses contemporains aux théories mécanico-chimiques. Il admettait bien l'influence des lois mécaniques sur les phénomènes vitaux. « La fonction, écrivait-il ', est soumise aux lois de la mécanique et ne peut s'expliquer que par elles » ; mais, pas plus que Baglivi, il ne se montra toujours conséquent

1. Hermanni Boerhaave, Prcelectionex academiccs in proprias institutiones rei medicœ ; edidit et notas addidit Albert us Haller, 1745. Vol. IV, pars prima, pag. v.

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