Aph
mension, de la situation, des rapports, de la mobilité.
Les altérations des liquides concernent leur masse ou leur qualité.
Dans son étiolog-ie, Boerhaave distingue les causesinternes et externes, prochaines et éloignées, prédisposantes et efficientes.
Le symptôme est pour lui « un phénomène produit par la maladie dans l'organisme malade ».
On appelle signes diagnostiques ceux qui indiquent l'étaf actuel de l'organisme ; s'ils présagent ce qui doit se passer ultérieurement , ils prennent le nom de pronostiques ; dans le cas enfin où ils rappellent ce qui a eu lieu précédemment, ce sont des signes anamnestiques .
On entend par signe pathognomonique un signe spécial à une maladie qui ne se comprend pas sans elle et est tiré de sa nature même.
Les indications pour les maladies des solides concernent Tétat de rigidité ou de laxité des tissus.
Quant aux humeurs, on doit s'étudier à les transformer, lorsqu'elles sont altérées dans leur qualité, étales évacuer, s'il y a pléthore.
Un mot de pathologie spéciale :
La petite vérole provient, d'après Boerhaave, d'un miasme contagieux qui augmente la rapidité du sang et joue le rôle d'irritant inflammatoire.
Il existe deux espèces de péripneumonie : l'une a son siège aux extrémités des artères pulmonaires, l'autre aux extrémités desbronchiales.
Les esquinancies peuvent être aqueuses, inflammatoires ou convulsives. La fièvre enfin est due à la stagnation du sang dans les petits vaisseaux ; elle s'accompagne d'un certain degré de surexcitation de l'organe cardiaque.
En thérapeutique, Boerhaave se montre traditionnaliste décidé; aussi est-ce là encore une des parties les
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meilleures et les plus acceptables de son œuvre. Nous sommes réellement surpris, en envisageant par un coup d'œil d'ensemble l'édifice Boerhaavien, de n'y rien rencontrer de nouveau et de saillant, rien qui dépasse les limites ordinaires de l'esprit humain ;le génie de son auteur s'évanouit à nos yeux, et, comme le dit Alibert, « la chute rapide de ces échafaudages systématiques est une leçon pour l'esprit humain ». Dans toutes ses théories, le champ reste ouvert immense à l'hypothèse, et à quelle hypothèse ! C'est précisément lorsqu'il fait table rase de ses idées iatrochimiques, pour se conformer au bon sens et à l'observation de ses devanciers, qu'il nous semble le plus digne de louanges. En un mot, la réputation de Boerhaave ne doit pas plus longtemps survivre à celui qui en futrobjet, et le prestige qui s'attacha à son nom ne saurait légitimement accompagner son œuvre \
FrédéricHoffmann(1660-1742) appartint, ainsi quesoncamarade et rival Georges-Ernest Stahl , à cette célèbre Université de Halle '^, qui ne le céda, par la réputation des maîtres et le nombre des disciples, à aucune des académies voisines.
La diction pure de ce médecin, la facilité et l'élégance de son style, le firent préférer par quelques-uns à Boerhaave lui-même ^. Quoi qu'il en soit de cette opinion, personne n'osera lui dénier une grande aptitude au travail, et de véritables succès pratiques.
1. Nous aurions peut-être hésité à donner sur ce point notre appréciation personnelle, si nous ne pouvions l'abriter sous l'égide d'un nom recommandable, celui de Ch. Daremberg, qui tire la conclusion suivante de son étude sur Boerhaave : a Je pense, dit-il, que si les historiens y regardaient de plus près, beaucoup de réputations médicales acceptées de conliance, mais créées par des circonstances accidentelles, s'évanouiraient en partie sous le regard d'une critique sérieuse et impartiale ».
2. L'Université de Halle fut fondée en 1693 par Frédéric I"", à cette époque électeur de Brandebourg et plus tard premier roi de Prusse. .
3. Boerhaave sembla reconnaître aussi la supériorité de son rival, lorsque, consulté par le roi de Prusse, il l'engagea à s'adresser à HoflEmann.
250 DU XVIIe AU XIX" SIÈCLE.
« Hoffmann a l'expression facile, dit le professeur Lace sègue*, il est éloquent et disert; sa latinité est claire et « limpide ; il écrit aussi bien, sinon mieux, que StoU, sans « périphrases, sans néologismes et surtout sans germa- « nismes. Son esprit net ne se plaît pas aux circonlocutions, « sa phrase a la décision de son intelligence; tout ce qui « dépasse la mesure le gène ; il détourne les yeux des « grandes visées, qui le troubleraient; plus habile à tourner « qu'à escalader les obstacles. Son esprit se réduit volon- « tiers aux côtés pratiques, qu'il assaisonne de généralités « toujours accessibles. En somme, c'est une nature peu « philosophique ; s'il philosophie parfois , c'est presque « malgré lui, et comme s'il se sentait frappé au coude par « son collègue, qui l'avertit qu'il ne suffit pas de prescrire, « qu'il faut encore dogmatiser ; qu'au-dessus de la prati- « que il y a la théorie qui la résume ou qui l'éclairé, et « que l'expérience s'acquiert, mais ne s'enseigne pas, »
Schulze - s'exprime en ces termes :
(( Eluxit quàm maxime inter hœc sidéra doctrinœ ele- « gantis copia et varietate ornatissimus, splendidorum « munerum meritorumque decoribus illustris et variis « ingenii monumentis arLisque felicissimis operibus incly- « tus vir, Dominus Fridericus Hoffmannus, Comes Pala- « tinus Caesareus, etc.... »
La partie physiologique occupe dans la médecine rationnelle ' une assez large place, et deux livres lui sont consacrés. Le premier d'entre eux embrasse à son tour trois sections différentes : Tune traite de la vie, de ses causes, et desmouvements qui en dépendent; la seconde, des fonctions
1. L'Ecole de Halle : Fréd. Hoffmann et Stahl. Conférence faite a la Faculté de tnédecine de Paris, pendant Vannée 1865, par M. Lasègue.