‹ Précis d'histoire de la médecineChapitre 131 sur 179 · Per solum uterum, id est quod est mulier · texte numérisé non relu

Per solum uterum, id est quod est mulier

3 . Il est placé vers l'orilice cardiaque et ordonne de là au pylore d'ouvrir ou de fermer la porte, à la garde de laquelle il se trouve préposé.

268 DU xyii' AU xix® siècle.

L'aliment subit dans notre corps six digestions successives : la première s'opère dans l'estomac au moyen d'un acide sécrété par cet organe et d'un ferment spécifique dit ferment digestif ; la seconde se fait dans le duodénum, la bile neutralise l'acidité du chyme. Une troisième a lieu dans les veines mésaraïques ; la quatrième a pour agent un ferment venu du cœur. Par la cinquième, le- sang artériel devient esprit vital ; la sixième enfin s'accomplit dans l'intimité des tissus et a pour objet la métamorphose du sang en chair. Criior fit caro.

Au-dessous de l'archée vient donc le ferment, mais qu'est-ce que le ferment aux yeux de Van Helmont ? — C'est un être doué des facultés de la vie, qui emprunte sa puissance à la subtilité de ses atomes, et transmet luimême l'influence vitale, comme la lumière communique la lumière.

Somme toute, la vie est tout dans ce système, et la vie se transmet parla digestion ; l'archée vainqueur s'assimile l'autre et la vie s'alimente de la vie.

La maladie est une affection actuelle et réelle dé l'une des facultés de l'âme sensitive ; elle résulte d'un désaccord entre farchée principal et les archées subalternes ou secondaires. Le médecin de Wilvorde nous a transmis des vues assez originales sur les différentes espèces morbides.

Ayant contracté la gale dans sa jeunesse, il proclama plus tard l'inefficacité de la saignée et des pugatifs, et reconnut la contagiosité de l'affection qui n'avait, suivant lui, rien de commun avec les altérations plus ou moins bizarres de la bile et de la pituite *.

Nous le voyons signaler également la virulence des ul-

1 . Ce sont là des germes de vérités qui sont devenues aujourd'hui le fondement essentiel de la dermatologie parasitaire.

HUMORISME. 269

cères et substituer un traitement général au traitement local qui était alors en vigueur contre les maladies ulcéreuses de nature syphilitique.

Il admit aussi dans la peste deux variétés distinctes : celle qu'engendre la peur et celle qui naît du ferment pestilentiel.

Sa définition de la fièvre mérite encore d'être citée : c'est pour lui une chaleur anormale qui a le cœur pour foyer et se répand de là dans les différentes parties du corps. « Calor prœter naturam, accensus primiimin corde, dein delatus per totum corpus. »

Atteint lui-même d'une pleuro-pneumonie, Van Helmont s'observa avec un soin des plus minutieux et affirma hautement ensuite que les épanchements pleurétiques ne sont pas dus, comme on le croit communément, à la pituite, mais que la pleurésie reconnaît pour cause réelle une irritation locale^ la colère de Tarchée pleural.

Il n'est pas enfin jusqu'à la néphrite albumineuse qu'il n'ait décrite sous ies noms à-'hydropme inconnue ou à'hyî dropisie rénale ^ . Malheureusement le traitement qu'il conseillait en pareil cas nous ferait aujourd'hui sourire de pitié : « J'ai vu, affirmait-il en effet, un paysan guéri de son hydropisie par une ceinture de serpents : Tirritation de l'archée rénal fut dissipée par la peur ^ ».

Les causes spécifiques réclament une médication spécifique, mais en dehors d'elles^ Van Helmont emploie la méthode rationnelle. Comme celle du chef des Théosophes d'ailleurs, sa thérapeutique est fondée sur la vertu des simples^ et le tact du praticien consiste à instituer un

Page 1