‹ Précis d'histoire de la médecineChapitre 147 sur 179 · EjJistola Roberto Bradij · texte numérisé non relu

EjJistola Roberto Bradij

La description de la goutte nous offre enfin une théorie nette et précise de l'origine et de la nature do la podagre '.

Sydenham fut en définitive la personnification réelle des études nosographiques et cliniques à la fin du xvii'' siècle. On a dit « qu'il fit pour la pathologie ce qu'Iiarvey avait déjà fait pour la physiologie, ce que l'Ecole italienne et l'Ecole hollandaise ont fait pour Fanatomie ^ » . Au milieu des folles divagations de l'iatro-chimie et de l'iatromécauisme, il se montre en effet comme l'incarnation vivante du bon sens et de la saine pratique. Sans posséder un génie extraordinaire, il a laissé néanmoins un nom impérissable ; les générations futures apprendront à le redire, et on ne pourra le séparer de la médecine ellemême, qu'il dirigea si puissammentdanslavoie du progrès.

Son savant empirisme rencontra partout un admirable écho, et, défini tivementaffranchies de toutespritdesystème, les études nosographiques et cliniques se trouvèrent représentées dans nos annales par une phalange studieuse de médecins ; on se croyait aisément revenu aux jours d'Hippocrate.

L'Angleterre, l'Italie, l'Allemagne, nous présentent toutes ici des noms également glorieux, et si nous avons le regret de ne pouvoir leur en opposer qu'un bien petit

1. « La goutte, dit-il, attaque le plus souvent les vieillards qui, après avoir passé la meilleure paitie de leur vie dans la mollesse, les plaisirs et la bonne chère, dans les excès de vin et d'autres liqueurs spiritueuses, étant ensuite appesantis par l'âge, ont abandonné entièrement les exercices du corps auxquels ils étaient accoutumés dès leur jeunesse.... Le mal a été quelquefois augmenté par l'étude ou par une application qui détourne les esprits animaux et les empêche de fournir aux différentes coctions d'une

^ manière convenable... La trop grande abondance de nourriture et les excès de vin corrompent les levains digestifs, précipitent les coctions, surchargent le sang d'une abondance excessive d'humeurs, causent les engorgements dans les viscères, affaiblissent et accablent les esprits animaux »

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