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Ch. Daremberg. Hist. des sciences méd. T. II, page

nombre, c'est qu'il existe dans l'histoire de laborieux enfantements et, comme notre voisine d'outre-Manche se préparait autrefois à engendrer l'illustre Harvey, la France se recueille pour donner le jour à l'immortel Laennec, qui déplacera de son bras vigoureux l'axe autour duquel gravite la médecine !

Les Italiens citent avec une légitime fierté le nom de Torti (1658-1741), lebrillant défenseur du quinquinaetrauteur classique pour les fièvres intermittentes, qu'on n'apas cramid'a.^^elerVHippocratede Modène^ei celui non moins remarquable de l'éminent clinicien Borsieri (1723-1785).

En Angleterre, Morton (1635-1698), rival de Sydenham et épidémiographe des plus distingués, étudie. avec soin les fièvres éruptives et dote la science d'une description de la variole, digne en tout point de figurer à côté de celle de l'IIippocrate anglais '.

Huxham (1694-1768) pousse aussi à un haut degré le génie de l'observation. Outre son Traité des fièvres *, nous avons de lui un excellent tableau de l'angine gangreneuse '.

1. Morton, Tractatvs defehrïhus inJfammatorui\a, cap. m ad cap. xi. Morton put également observer à Londres une épidémie de rougeole qui

enlevait environ 300 personnes par semaine. En 10^5, sa propre fille Sarah, âgée de 8 ans, fut prise de fièvre ; ses yeux s'injectèrent et une toux violente la saisit. A ces indices, Morton reconnut la rougeole et se contenta de prescrire un julep laudanisé pour calmer la toux ; la maladie suivit son cours normal et fut excessivement légère.

En 1689, son autre fille Marcia, âgée de sept ans, éprouva des frissons, des nausées, des vomissements, et entra dans un coma profond. La fièvre se déclara avec ce cortège habituel de symptômes qui indiquent la malignité. Morton prescrivit un julep, comme dans le cas précédent, et l'application d'un vésicatoire à la nuque. L'absence de diarrhée, de toux, de rougeur oculaire, le fit hésiter sur la nature du mal; mais, le quatrième jour, une éruption couvrit toute la surface du corps et vint révéler à n'en pas douter la fièvre dite scarlatine.

2. Essay onfevers, tvith their varions kinds, etc.. . Londres, 1739.

3. Dissertation on the m alignant iilcerous Sore-throat . Londres, 1750.

Pringle (1707-1782) se fait remarquer surtout par ses études sur les altérations du sang-, la fièvre des prisons et les maladies des armées *.

Lind (1795) [attache son nom à des relations médicales justement appréciées sur le scorbut *.

Rapprochons de tous ces médecins Guillaume Heberdeii (1710-1801), si célèbre par ses savantes recherches sur Vangina pectoris ', et Edward Jenner (1749-1823), l'illustre inventeur de la vaccine.

Pratiquée de temps immémorial dans certains pays*, l'inoculation s'était répandue en Angleterrre et en France dès le commencement du siècle dernier ^. C'était là sans doute une innovation heureuse, vu les ravages exercés par la variole, et le monde n'était pas complètement désarmé contre le terrible fléau, lors de la découverte delà vaccine. Mais des inconvénients assez graves se rattachaient à ce procédé : il donnait lieu en effet à des dangers immédiats et créait en outre des foyers infectieux. Jenner étudiait encore à Sodbury ; une jeune fille se présenta, convaincue de son immunité à la petite vérole, parce que, disait-elle^ elle avait eu le cow-pox. Frappé par cette parole, le savant anglais résolut d'en vérifier l'exactitude, et dès 177S il faisait ses premières observations sérieuses sur le vaccin ;

1. Observations on the diseases of the army, in camp and in garnison.

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