‹ Précis d'histoire de la médecineChapitre 41 sur 179 · Omnigenerum propulser morborum (Fabvl, cap · texte numérisé non relu

Omnigenerum propulser morborum (Fabvl, cap

3. Cette dénomination provenait, d'après Malgaigne, de ce que les plus célèbres d'entre eux appartinrent à la famille d'un Asclépiade. Houdart considère les Asclépiades oc comme autant d'anneaux qui lient sans ioterruption la médecine des temps héroïques à la médecine des temps historiques.»

<t Parmi toutes les cérémonies, écrit Dezeimeris, celle que les Asclépiades accréditèrent le plus est connue sous le nom d'incubation ; elle consistait à coucher dans le temple pour obtenir la guérison de ses maux... Quand le malade était admis , il y avait des cérémonies préalables auxquelles on mettait un appareil propre à en imposer au peuple, toujours avide du merveilleux. Du sanctuaire ou du fond des temples il sortait quelquefois une agréable vapeur qui remplissait le lieu oii se tenaient les consultants : c'était l'arrivée du dieu qui parfumait tout par saprésence. Après ces préparations cérémonielles, venaient les jeûnes, les expiations et les lustrations ; car il est bon d'observer que le dieu ne se communiquait pas à des sujets impurs. A ces religieuses grimaces succédaient les sacrifices, et chaque temple avait les siens. En certains endroits, on sacrifiait à Esculape des moineaux, et en d'autres c'étaient des coqs... Quand les ablulions et les sacrifices étaient finis, les malades se couchaient ; le sacrificateur éteignait les lampes et recommandait de dormir, ou du moins de garder un profond silence par respect pour le lieu ; car le moindre bruit effarouchait la divinité, qui avait de bonnes raisons pour ne pas s'exposer aux regards curieux et indiscrets des profanes. Lorsque le sacrificateur croyait tout son monde bien endormi, il saisissait ce moment pour faire sa ronde et s'emparer des noix, des figues, des gâteaux et des autres offrandes qui avaient été transportées de l'autel sur la table sacrée ; car, puisqu'il guérissait pour le dieu, il était juste qu'il mangeât pour lui. Le lendemain on disait que l'immortel avait tout consommée »

Les temples sont situés dans des lieux agréables, entou-

1. Dezeimeris, Dict. hist., art. Asclépiade. — Voy. également Gauthier, Becherches Mstoriqves sur Vexercioe de la médecine dans les temples, chez les penples de Vantiquitc, 1844.

rés de jardins, où les oiseaux viennent mêler leur mélodieux ramage au bruit lointain des sources d'eau vivifiante. Les malades trouvent là d'hygiéniques distractions, mais les mystérieuses pratiques y régnent en souveraines, et on s'efforce, en leur suscitant diverses émotions morales, de frapper l'imagination des malheureux qui viennent implorer leur guérison. Ce n'est d'ailleurs pas un si mauvais moyen, et une excitation imprévue transmise à l'organisme par la foi ou la frayeur est bien susceptible d'opérer, dans certains cas, des cures merveilleuses. N'est-cepas là l'arme théurgique la plus puissante dont se sont servis tous les peuples jusqu'à nos jours ? Et sans invoquer les superstitieuses pratiques, si nombreuses encore aujourd'hui, l'application scientifique de cette méthode n'a-t-elle pas donné parfois les résultats les plus satisfaisants à des hommes aussi instruits qu'éclairés * ?

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