‹ Précis d'histoire de la médecineChapitre 44 sur 179 · Schulze, Hist, méd · texte numérisé non relu

Schulze, Hist, méd

L'un d'eux, A/cméo)i de Crotone, se livra, d'après Chalcidius, à la dissection des animaux *. On lui impute quelques théories propres à expliquer le jeu des organes des sens. Il considéra, dit-on, l'ouïe comme provenant du vide des oreilles ; l'âme elle-même percevrait du cerveau, où elle réside, les odeurs respirées, et Alcméon aurait même connu, parait-il, la merveilleuse propriété que possède la langue de distinguer les différentes saveurs.

La semence, suivant ce philosophe, est une partie du cerveau, et la nutrition du fœtus s'effectue dans tout le ventre de la mère, qu'il suppose poreux à la façon des éponges.

Enfin la santé dépend, à ses yeux, d'un certain équilibre entre les éléments constitutifs du corps; la prédominance de l'un d'eux sur les autres entraîne la maladie.

Empédocle vécut 504 ans environ av. J.-G. Sescontemporains le considèrent comme le plus beau génie de l'époque, et il eut lui-même la médecine en si haute estime qu'il aurait voulu voir ceux qui l'exercent placés au rang même des dieux.

On lui attribue l'honneur d'avoir éloigné de sa ville natale des maladies pestilentielles , auxquelles elle était en proie depuis fort longtemps ; il s'aperçut en effet qu'un vent impétueux provoquait tous ces maux et mit obstacle à sa libre arrivée '^.

Empédocle est auteur d'un discours médical (laTor/oç Aoyoç) et d'un poème sur la nature ; malheureusement ces écrits ont été perdus.

1. Cette assertion n'a d'autre fondement que les allégations de Chalcidius, qui vécut plus de 700 ans après lui ; d'autres historiens restent muets sur cette question. Or, comme les dissections étaient en contradiction formelle avec les principes pythagoriciens, l'hypothèse paraît au moins douteuse.

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