Âi)Jiorismes
3. Démocrite consacra de longues heures à la dissection, et ses contemporains l'accusèrent d'habiter les tombeaux. Il est sûr néanmoins qu'il ne put jamais disséquer de cadavres humains.
4. Son style, au dire de Cicéron, rivalisait avec celui du divin Platon.
les animaux (3 livres); 5° le pronostic ; 6° de la diète, ou le livre diététique, ou la sentence médicale ; 7° sur la fièvre et sur ceux qui toussent par cause de maladie ; 8° un livre surl'éléphantiasis et un autre surles maladies convulsiyes. — A l'énoncé de ces ouvrages, on peut facilement se convaincre de l'étendue des connaissances de l'auteur ^ Ses concitoyens le surnommèrent la Sagesse^ et nous pouvons l'appeler V Ormiiscience . Pline le considère « comme le plus attaché aux magiciens qu'il y ait eu depuis Pythagore », et mentionne une composition vantée par le philosophe d'Abdère pour avoir de beaux et bons enfants ; ce remède était fait de pignons broyés et mélangés avec du miel, de la myrrhe, du safran, du vin de palmier et du lait.
A mesure que la doctrine des médecins philosophes progressa sur la terre des Hellènes, la médecine des temples tendit à disparaître, et l'inlluence sacerdotale s'éteignit peu à peu. Parmi les causes qui y contribuèrent le plus puissamment, nous citerons les perfectionnements dans la civilisation, les bouleversements politiques, les conquêtes des Grecs et la liberté plus grande qui leur fut octroyée.
Quelques historiens considèrent la science médicale comme ayant toujours été laïque en Grèce, et la médecine des temples n'aurait jamais existé à leurs yeux. Nous sommes loin de partager cet avis : il y avait encore sous Hippocrate un temple dans l'île de Cos, qui fut brûlé à son époque; rebâti plus tard, il devint l'objet d'une description de Strabon. « Il y a, dit-il, dans la ville de Cos un temple fort célèbre et rempli d'un grand nombre de présents et d'offrandes, entre lesquelles on compte un
1. On trouve dans un de ces livres le nom à.' ulcère phagédéniqrte.
Antigonus de la main d'Apelle... On dit, ajoute encore le même auteur, qu'Hippocrate a exercé la médecine sur ce qu'il en a appris par les tableaux consacrés que l'on y voit. » Ces paroles sont déjà convaincantes, mais on a trouvé en outre une de ces tables à Rome; elle est de marbre, et on y lit les paroles suivantes, écrites en langue grecque :
« Le Dieu a rendu ces jours-ci l'oracle suivant à Caius, qui était aveugle: Qu'il vint à l'autel sacré, et que, ayant fléchi les genoux, il passa de la droite à la gauche ; qu'après cela il mit les cinq doigts sur l'autel, qu'il leva la main et qu'il l'appliqua sur ses yeux. Ce qu'ayant fait, il a fort bien vu, tout le peuple étant présent et témoignant la joie qu'il avait de ce qu'il se faisait de si grands miracles sous notre empereur Antonin. »
La gymnastique fut aussi fort cultivée en Grèce\ et l'histoire nous a transmis les noms de deux gymnasiarques contemporains d'Hippocrate : Iccus de Tarente et Hérodicus de Sélijmbrie^ qui eut l'insigne honneur de diriger le père de la médecine dans la pratique de ces sortes d'exercices.
Iccus s'occupa surtout de gymnastique militaire ; sa sobriété fut prodigieuse et ses repas devinrent légendaires.Il garda le célibat, craignant de perdre cette vigueur qui lui était si utile pour les jeux olympiques dans le commerce des femmes. « Durant toute sa vie, dit Platon, il ne toucha à aucune fille ni à aucun garçon -. »
Hérodicus obtint sur lui-même ^ d'excellents résultats de certains exercices corporels, tels que frictions, courses,
1. Voir sur cette question Chancerel, Historintic de la gymnastique médicale. Thèse de Paris, 1864.