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Jaccoud, Leçon inaugurale (31 janvier

DICxNITÉ ET MORALITÉ PROFESSIONNELLES. 71

seils.Le rôle desassistants peut, au premier abord, paraître un peu déplacé en cette circonstance. Détrompons-nous ; la garde-malade fait souvent plus que le médecin ; elle est sans cesse au chevet du patient etdoitfournir de précieuses données à celui qui areçu mission de diriger le traitement. Enfin personne n'ignore l'importante part qui doit être attribuée, dans la cure des maladies^ aux choses extérieures ^

Nous trouvons encore dans les Œuvres du père de la médecine un résumé succinct des qualités que doit avoir celui qui embrasse notre profession : « Il a besoin, est-il dit, de réunir les coiiditions suivantes : disposition naturelle, enseignement favorable , instruction dès l'enfance, amour du travail, longue application ». Ces quelques lignes ne renferment-elles pas tout ce qui de nos jours serait encore raisonnablement exigible de ceux qui se destinent à la carrière médicale ?

Si nous désirons savoir ce que doit être un bon médecin, tant au point de vue matériel qu'au point de vue moral, Hippocrate se charge lui-même de nous l'apprendre :

« La règle du médecin, dit-il, doit être d'avoir une bonne conduite et de l'embonpoint, suivant ce que comporte sa nature, car le vulgaire s'imagine que celui qui n'est point ainsi en bon état ne saurait enseigner convenablement les autres. Puis il sera d'une grande propreté sur sa personne, mise décente, parfums agréables, mais dont l'odeur n'a rien de suspect, car en général tout cela plaît au malade. Quant au moral, l'homme sage non seu-

1 Les Apliorismes ont été traduits ou paraphrasés en vers latins ou français par divers auteurs. Tels sont : François du Port, André Ellinger, Laurent Sturmius , Jean Bomier, Paul Denis, Simon de Provenchères, Bullenger, Robert Constantin, Winterton, Frerus, Gérard Denizot, Guillaume Odry, Antoine Hommeius, de Launay, P. Berigardo, de Fontette, Ch. Spon, Condé, Closs, et, de nos jours, Ambialet,

lement sera discret, mais aussi il observera une grande régularité dans sa vie ; cela fait le plus grand bie,n à la réputation ; ses mœurs seronthonorableset irréprochables, et avec celail sera pour tous grave et humain, car se mettre en avant et se prodiguer excite le mépris, quand même ce serait tout à fait utile. Qu'il se règle sur la licence que lui donne le malade, caries mêmes choses se présentant rarement aux mêmes personnes sont bienvenues. Quant à l'extérieur, il aura la physionomie réfléchie sans austérité ; autrement il paraîtrait arrogant et dur : d'un autre côté, celui qui se laisse aller au rire et à une gaieté excessive est regardé comme étranger aux convenances ; et cela, il faut s'en préserver soigneusement. La justice présidera à toutes ses relations, car il faut que la justice intervienne souvent ; ce ne sont pas de petits rapports que ceux du médecin avec les malades ; les malades se soumettent au médecin, et lui, à toute heure, est en contact avec des femme? ; il faut^ à l'égard de tout cela, garder les mains pures *. »

Ce portrait du médecin^ tel qu'il doit être, ne laisse, à notre avis, rien à désirer. Tracé de main de maître, les plus petits détails s'y trouvent mentionnés, et il restera toujours une des meilleures leçons de morale que nous ait léguées l'antiquité. Il convient, je crois^ de le placer à côté du serment qu'Hippocrate faisait prêter à ses disciples : ce rapprochement achèvera de mettre en lumière la dignité dont le père de la médecine tint à entourer la pratique de son art :

d Je jure par Apollon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l'engagement suivants : Je mettrai mon maître de médecine au même rang que les

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