XII PREFACE
descend d'un savant illustre, ne remonterait pas tous les degrés qui la séparent du grand homme ? — Nous la taxerions, sans nul doute, de coupable indifférence. Et nous, médecins, qui ne devons former qu'une seule famille, et dont la noblesse scientifique trouve quelque nouveau titre de gloire à chaque génération, n'aurions-nous pas aussi le courage d'interroger notre histoire propre, ne nous arrêterions-nous pas à chaque étape, ignorerions-nous que si le xix" siècle a eu son Laennec ^ et son Claude Bernard, le xviii" a été illustré par des hommes tels que Stahl, Barthez, l'immortel Bichat, et que le xvii" a vu surgir Harvey, Willis, Sydenham, Boerhaave ? — « Vésale, Harvey, Laennec méritent-ils moins l'immortalité que Galilée, Kepler ou Newton 2 ? o Youdrions-nous renoncer à ce noble héritage, laisserîons-nous éteindre cette race divine? — Non, il n'en sera rien, et puisque l'Etat luimême, en créant des chaires d'histoire de la médecine, a reconnu son étude indispensable au médecin éclairé et instruit, chacun en possédera au moins les premiers rudiments.
Notre entrepriseesthérisséede difficultés nombreuses, et nous sommes loin de nous les dissimuler. Après longue et mûre réflexion, nous croyons devoir suivre l'ordre chronologique, à l'exemple de Daniel Le Clerc, de Renouard, d'Andral lui-même, etc. Malgré les reproches adressés à cette méthode par plusieurs auteurs, et notamment par M. Bouchut, elle nous a paru plus propre à faire saisir fenchaînement
1. Quoique né en 1781, Laennec appartient plutôt au XIXe qu'au XVIII« siècle, et M. Petei déclarait naguère que notre époque pourrait être appelée dans l'histoire équitable « siècle de Laennec ».
•i. Discours du D' Foissac {Union médicale, 1853).