Le tiers à peine
2. « A chaque côté de la langue sont couchés les orifices des vaisseaux qui déchargent la salive, et dans lesquels on peut porter une sonde ; ces vaisseaux prennent leur origine des racines de la langue où les glandes sont situées. Ils sortent de ces glandes, de même que les artères, et conduisent la liqueur de la salive qui humecte la langue et toutes les parties voisines. »
la mine pâle, les yeux sont chargés, creux, secs, ils ne sont point humectés de la liqueur qui forme les larmes ; leur langue est sèche et hrùlante, la salive tarit^ la soif est extrême ; leurs jambes, parles meurtrissures qu'ils s'y font dans les chutes auxquelles ils sont exposés la nuit, se couvrent d'ulcères incurables '. »
Nous devons encore à Oribase d'excellents principes sur l'éducation physique des enfants et le choix des nourrices. Somme toute, peu ou point d'originalité, de scrupuleuses recherches, beaucoup de clarté dans l'exposition^ telle est la caractéristique de son œuvre ^.
^eVms, natif d'Amide, en Mésopotamie , étudia la médecine à Alexandrie et professa le christianisme. Ses Tétrabibles [Bi^Xicx. laxptxa sxxat^sxa] renferment tout ce que contiennent de saillant les écrits de ses prédécesseurs, et complètent même quelques-unes des lacunes qui existent dans la collection médicale d'Oribase. On peut reprocher à Aétius son manque de méthode ; s'il émet parfois des idées personnelles, son mysticisme outré l'induit trop souvent en erreur, et les paroles magiques qu'il avait coutume de proférer contre la fistule ou dans le but de faire sortir du gosier l'os qui s'y arrête ', arrachent aujourd'hui un sourire de pitié. Aétius mentionna le premier ce ver que les Ai'abes appelèrent plus tard Filaria Medinensis^ par suite de sa fréquence à Médine. Retenons encore l'emploi
1. Aétius et Paul d'Egine ont fait la même description, avec quelques légères rariantes.
2. MM. Bussemaker, Ch. Daremberg et A, Molinier, collationnèrent naguère sur les manuscrits et traduisirent en français les Œuvres de ce célèbre médecin.
3. a Os, sors de ce gosier, disait-il, comme Jésus-Christ fit sortir Lazare du sépulcre, et comme Jonas sortit du ventre de la baleine » ; ou bien encore : « Os, je te conjure par Biaise, martyr et serviteur de Jésus-Christ, de descendre ou de sortir. »
ORIBASE, AÉTIUS, ALEXANDRE DE TRALLES, PAUL d'ÉGINE. 143
que fit cet auteur du cautère actuel dans les affections chroniques et invétérées ^ et l'importance qu'il accordaaux applications extérieures (emplâtres, onguents, etc...)'^.
Alexandre naquit à Tralles, ville de Lydie, pendant le vie siècle. Après avoir voyagé dans les Gaules, en Espagne, en Italie, il se rendit à Rome où il fixa sa résidence. Ce ne fut pas un servile copiste, mais un observateur profond, et si on ne peut le comparer judicieusemement à Arétée, il n'en eut pas moins avec ce grand médecin plusieurs traits d'analogie.
Son admiration pour Galien, qu'il qualifiait d'ailleurs de très divin, ne l'empêcha pas d'émettre un avis différent du sien, lorsqu'il ne put partager sa manière de voir. On croit assez communément qu'Alexandre appartint à la religion judaïque ou à la religion chrétienne, mais il voua cependant une aveugle crédulité aux amulettes et aux charmes. Voulant consigner, sur ses vieux jours, les résultats de sa longue expérience dans un livre spécial, il écrivit son Traité des maladies internes, ouvrage qui se recommande par la pureté et la correction du style, sinon par l'élégance. Le diagnostic différentiel y est exposé avec soin, et si on surprend quelquefois une prolixité exagérée dans les formules thérapeutiques', on a peu de peine à entrevoir au contraire la remarquable sagacité d'Alexandre dans le choix des moyens destinés à assurer la guérison du malade. Nous avons encore de cet auteur une lettre à un de ses amis, Théodore, où il divise, à l'exemple de ses devanciers, les vers intestinaux en ascarides, lombricaux et ténias.