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Ce livre fut dédié à Marguerite de Valois

182 DE LA RENAISSANCE AU XVIl' SIÈCLE.

nous indique suffisamment la vogue dont il dut jouir. IJ faut joindre à cette illustre lignée de grands patholog-istes les noms de Pierre Forestus (lo22-lo97) *, de Marcellus Donatus *, de Jacques Houlier (1579) et de Louis Duret (1527-1586) ^. L'espace nous fait défaut pour parler de ces savants aussi longuement que nous le désirerions et qu'ils le mériteraient eux-mêmes. Rendons-leur "donc ici un hommage collectif, ainsi qu'à tous ceux qui soit en France, soit à l'étranger, ont pris une part active ou indirecte au grand mouvement de la Renaissance,

On ne saurait abandonner l'histoire du xv® et du xvi' siècles, sans dire au moins un mot des terribles épidémies qui sévirent si cruellement durant cette période.

La s}'philis, la suette, la coqueluche, l'ergotisme, ete...., suscitèrent des études spéciales, soit que ces maladies fissent leur première apparition dans le monde, soit qu'il se trouvât alors des observateurs plus attentifs pour les décrire.

Cette dernière hypothèse semble prévaloir de nos jours, et sans nous hasarder dans les discussions longues et déli-

1. Nous devons à Forestus \\n recueil d'observations que l'on pourra toujours consulter avec fruit.

2. Marcellus Donatus exerçait à Padoue, vers la fin du xvi» siècle.

3. « Duret fut encore, plus que Houlier et Baillou, pénétré du système d'expectation répandu dans les prénotions de Cos : il fut convaincu par cet ouvrage, dont il s'était nourri, que la nature guérit les malades, et que les remèdes sont impuissants lorsqu'elle ne se prête pas aux révolutions salutaires. H donna une preuve évidente de son attachement à ces principes par une expérience qu'il fit sur lui-même : car, autant qu'il m'en souvient, l'histoire suivante le regarde ; en tout cas, elle ne peut appartenir qu'à un médecin de sa secte.

« Etant, dans une maladie, visité par plusieurs de ses confrères, qui voulaient lui faire des remèdes fondés sur leurs opinions particulières, il résista courageusement à tous leurs efiEorts : il voulut attendre la crise, cette crise arriva et le guérit. » (Bordeu, Loc. cit.')

cates d'un terrain trop rebattu pour offrir encore grand intérêt, nous dirons que la plupart des auteurs paraissent d'accord sur l'origine ancienne de ces diverses maladies : seule la syphilis donne lieu à des dissentiments.

On retrouve d'ailleurs dans les deux camps des noms également autorisés et dont la notoriété syphiliographique est incontestable. Aussi pourra-t-on s'abriter , en adoptant l'une ou l'autre manière de voir, sous Tégide de monographes aussi sagaces qu'érudits. Nous inclinons, quant à nous, vers l'opinion du professeur Anglada, qui s'exprime en ces termes * :

« Non ! les Grecs et les Romains, qui avaient poussé jusqu'aux plus extrêmes limitesle débordement des mœurs, n'eurent pas à compter avec cette triste plaie de l'humanité. Les courtisanes célèbres, les Phryné, les Laïs, les Flora, n'ont pas subi cette expiation. On n'a jamais dit que Messaline, dont le nom seul est devenu une obscénité, ait laissé à ses nombreux amants des souvenirs amers de ses rendez- vous. Les écrivains du temps, dont le cynisme est sans pudeur, et qui n'ont pas flatté le tableau de la dépravation publique, auraient montré la peine à côté de la faute, et cette nouvelle épée de Damoclès menaçant le débauché dans l'ivresse des plaisirs. »

]. Ch. Angleidsi, loco citato.

Voir également la thèse de Bach, Paris, 1867, qui a pour titre : Aperçu historique de la syphilis et résumé des principales opinions émises de not jours sur cette maladie, ainsi que celle de Bassereau, Origine delà syphilis . Paris, 1873.

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