ART. I. — LA PHILOSOPHIE OCCIDENTALE
§ I. — Notioîis générales sur la philosophie en Occident
47. Caractères généraux de la scolastique pendant cette période. — V' Le terrain de la philosophie se démarque progressivement. Les races celtiques et teutones, appelées à constituer la civilisation nouvelle du moyen âge, reprennent une foule de débris du monde romain. A ses débuts, leur science est réceptive. Dans les encyclopédies d'IsiDORE DE Séville(56o-636)i), de Grégoire LEGRAND(vers 540-604) de BEDE LE VÉNÉRABLE (673-735) 2) et de Rhaban maur (784-856) 3) on entend par philosophie un ensemble de connaissances les plus disparates. Au ix^ S. aucune démarcation n'existe ni entre la philosophie et la théologie, ni entre la philosophie et les arts libéraux. Cette démarcation fut le résultat d'une lente division du travail, opérée par les siècles suivants.
2° Problèmes et questions apparaissent peu à peu. Le début du moyen âge professe un culte exagéré pour la dialectique y — la dialectique seule étant enseignée comme telle et renfermée dans des cadres didactiques — mais on agite simultanément des problèmes de cosmologie, de theodicée, d'ontologie et, à partir du XF s., àe psychologie.
3° Quant aux solutions données à ces divers problèmes, elles manqucfit de cette convergence qui caractérisera la synthèse du xiir s. Il faut chercher la cause principale de cette incohérence dans les influences disparates qui travaillent la scolastique : un
i) Originum seii Etymologiarum, 1. XX.
2) De natufii reniin.
'\) De clericormn instilntionc ; Je rcruin jitUuris.