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LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE AU XIII^ S

nance augustinienne, comme la théorie des rationes séminales, mais d'autres sont étrangères ou même opposées à la philosophie d'Augustin (pluralité des formes; illumination spéciale). Voilà pourquoi à la désignation : école augustinienne, nous préférons cette autre, plus large : ancienne école scolastique.

Au demeurant, la caducité de ces s)^stèmes va diminuant, et les scolastiques éliminent progressivement de leur synthèse les éléments incompatibles.

2. Le péripatétisme de V école alb ertino- thomiste . Un mouvement nouveau, d'allures plus franchement péripatéticiennes, s'annonce dans la philosophie d'Albert le Grand. S. Thomas lui donne sa forme définitive et grandiose, en même temps qu'il bat en brèche un certain nombre de doctrines accréditées avant lui dans les écoles. Du coup le thomisme devait entrer en lutte avec l'ancienne scolastique, dont il rejetait les doctrines disparates, incompatibles avec le système nouveau.

3. Le conflit du tho7nis7ne et de V ancienne scolastique. A côté d'opposants irréductibles et de partisans de toutes pièces, une série de personnalités éclectiques se rallient au thomisme sur certains points, continuent le passé sur d'autres, et innovent eux-mêmes sur diverses questions.

4. Le péripatétisme de Duns Scot et de F école franciscaine, Duns Scot, dans les dernières années du xiii^ s., formule une philosophie synthétique, à base péripatéticienne, 011 il s'écarte à la fois de Thomas d'Aquin et de l'ancienne direction scolastique.

71. l^a synthèse scolastique. — Au-dessus des discussions qui s'élèvent dans les rangs serrés de la scolastique du xill^ s. plane une commune mentalité qui, à des degrés divers, enveloppe tous les docteurs. Il règne comme un accord tacite sur un ensemble de principes fondamentaux, que nous appelons la synthèse scolastique, et dont nous avons signalé plus haut le caractère abstrait et la formation progressive. Cette synthèse atteint son expression la plus parfaite au xiii^ s. Il suffira ici d'en esquisser les doctrines principales.

Le savoir humain est systématisé à toutes ses étapes. Ce sont les sciences particulières à la base, la théologie au sommet et la philosophie au centre. La distinction de la philosophie et de la théologie, hautement proclamée, entraine leur indépendance et l'autonomie de leurs éléments spécificateurs, mais cette distinction n'empêche pas la subordination

de la philosophie vis-à-vis de la théologie. On divise les sciences philosophiques d'après les cadres aristotéliciens. Aristote est le maitre incontesté de la logique, et le grand crédit dont le xiii^ s. entoure la logique explique comment la dialectique envahit l'enseignement de la grammaire, qui devient spéculative.

La métaphysique occupe dans les études de la scolastique une place d'honneur. Son caractère est éminemment déductif. Elle n'étudie pas seulement la substance des choses sensibles, mais l'être comme tel, en l'envisageant à la fois dans sa réalité statique et dans son devenir. La théorie de l'acte et de la puissance occupe une position centrale, et on y rattache la composition de substance et accidents, de matière et de forme, d'universel et d'individuel, d'essence et d'existence. L'individuel seul existe; l'universalité de la notion dérive d'un travail de l'esprit.

A la métaphysique se rattache la théodicée. La raison démontre l'existence de Dieu par l'indigence d'être que le monde contingent manifeste. Dieu est acte pur, et la subordination absolue du fini vis-à-vis de l'infini se manifeste dans les théories de l'exemplarisme, delà création, de la providence.

La physique étudie le mouvement corporel et ses espèces. La naissance et la disparition des substances sont expliquées par leur composition de matière (élément indéterminé) et de forme (élément déterminateur) ; une évolution rythmique régit ce devenir des formes et entraîne le cosmos vers une finalité connue de Dieu et qui ne peut être que sa gloire Le monde est fini ; il n'est pas éternel, et Dieu eût pu le créer plus grand qu'il n'est.

La psychologie est un département de la physique.

L'homme, composé de corps (matière) et d'âme (forme substantielle), a sur les autres êtres le privilège de posséder les activités supérieures du connaître et du vouloir. La connaissance, qui atteint le réel extramental, est d'ordre sensible ou intellectuel. Car l'homme ne connaît pas seulement le concret et le sensible, par ses sens (tel chêne), mais l'abstrait et l'universel, par son intelligence (le chêne). Toutes nos idées abstraites sont d'origine sensible (nihil est in intellectu quod prius non fuerat in sensu), mais nous possédons en outre de l'entendement (intellect passif), une force d'abstraction (intellect actif), grâce à laquelle un objet sensible (tel chêne)

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