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Les précurseurs. — Dominicus Gundissalinus

cité plus haijt, est un compilateur éclectique i) dont l'aristotélisme est teinté de néo-platonisme, principalement en métaphysique et en psychologie. Sa classification des sciences devint le point de départ d'une véritable réforme didactique et scientifique et inspira la division des sciences philosophiques, telle qu'on la rencontre chez Albert le Grand et Thomas d'Aquin. Avec Guillaume d'Auvergne (mort en 1249) 2), il représente excellemment le travail d'élaboration des nouvelles doctrines péripatéticiennes.. L'œuvre de Guillaume d'Auvergne manque de cohésion. Il accueille la théorie de l'acte et de la puissance, mais fait des concessions à la doctrine de l'émanation. Sa psychologie demeure augustinienne, supprime l'intellect agent déclaré inutile, et recourt à une illumination spéciale de Dieu pour la connaissance des principes de démonstration.

i) De divisione philosophiœ, de immortalitate animœ, de processioneviundi, de unitate, de anima.

2) De trinitate, deuniverso, deiinmortalitate anïmœ, de anima.

73. Alexandre de Halès. — Le franciscain Alexandre DE Halès (mort en 1245) P^^^ ^^^^ appelé le premier grand scolastique. Sa Suinvia theologica est à la fois une synthèse théologique et philosophique, qui utilise presque toute l'œuvre philosophique d'Aristote et des Arabes, mais qui cependant manque de l'unité et de l'harmonie doctrinales auxquelles on reconnait les œuvres puissantes. On trouve dans sa métaphysique les deux grandes théories qu'on appellera plus tard les théories franciscaines, à savoir la composition de matière et de forme de tous les êtres contingents, donc aussi des substances spirituelles (Avicebron) et la pluralité des formes substantielles. La psvchologie d'Alexandre représente un vigoureux mais inutile effort pour concilier les traditionnels enseignements de S. Augustin sur la nature humaine et ses facultés, avec la définition de l'homme que donne Aristote et avec l'idéologie nouvelle qui s'y rattache.

Alexandre de Halès fit de nombreux disciples, dont le plus remarquable est Jean de la Rochelle (né vers 1200) i). Il fut aussi en relations avec Robert Grossetête, l'organisateur de l'école franciscaine d'Oxford, et qui occupe une place importante dans le mouvement des idées, par ses traductions, par ses commentaires et par ses nombreux opuscules de physique, de métaphysique et de psychologie.

74. S Bonaventure. — Le plus brillant représentant de l'ancienne école franciscaine est S. Bonaventure (1221- 1274) 2). Il reçut la maîtrise en théologie en même temps que S. Thomas son ami (1257), puis devint général de son ordre et cardinal. Continuateur de la tradition et des anciennes doctrines augiistiiiiennes, Bonaventure s'accorde avec ses grands contemporains sur un important ensemble de doctrines péripatéticiennes, et il sait leur donner une interprétation originale. Il accrédite les deux grandes doctrines métaphysiques d'A. de Halès et les met en plus intime corrélation avec la distinction de l'acte et de la puissance. Ses preuves de l'existence de Dieu sont de touche augustinienne, mais sur d'autres points, il se rapproche de S. Thomas, et notamment il expose la théorie de l'exempla-

I ) De (xnimtx.

2) Commcntarii in 4 l. senientiarum P. Lombardi ; Quœstiones disputatœ (notamment Je p,iHpert>ite) : Brevi'oquium ; Itinerariiun mentis in Deum ; de reductione artium ad theologiam.

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