Adversaires et partisans du thomisme. — Les
innovations de S. Thomas soulevèrent de vives oppositions de la part des maîtres élèves dans l'ancienne scolastique. Notamment la théorie de l'unité des formes fut vivement prise à partie dans une série de pamplilets. Le corriiptoriiun fratris Thomae de Guillaume de la Mare est un vrai manifeste contre le thomisme. Ces oppositions aboutirent à des proscriptions officielles dont les principales sont les condamnations de 1277. A Paris, Etienne Templier censura (7 mars) la théorie thomiste de l'individuation en même temps que les principales erreurs averroïstes, associant ainsi dans une commune réprobation et par une manœuvre peu digne, Thomas d'Aquin et son adversaire Siger de Brabant. A Oxford, Robert Kihvardby d'abord ( 1 8 mars 1277),]. Peckham ensuite (1284) frappèrent une série de théories thomistes.
Aux oppositions irréductibles répondaient des adhésions entières et inébranlables. Notamment, à partir de 1278 tout Tordre dominicain souscrivit au thomisme. En 1278, Gilles de Lessines écrivit un traité de luiitate forviœ pour défendre S. Thomas contre les attaques de Robert Kihvardby et des maîtres d'Oxford. Les prohibitions du thomisme tombèrent en désuétude ou furent abolies, et le prestige du thomisme alla grandissant. A la fin du xiii'' s. on attribua à Thomas d'Aquin le titre siornificatif de doctor communia.
73. Philosophes éclectiques à l'Université deParis. — Maîtres à Paris pendant l'intervalle qui sépare la mort de