CHAPITRE IV
La philosophie Scolastiqae
depuis la seconde moitié du XV' s. jusqu'au XVIP s.
et la philosophie de la Renaissance
97. Coup d'oeil général. — On s'accorde généralement à considérer la prise de Constantinople par les Turcs, en 1453, comme la fin du moyen âge, au sens étroit du mot. En réalité, l'effondrement de l'empire Byzantin n'est qu'un épisode de l'ère des bouleversements profonds qui déterminent la ruine de la civilisation médiévale et l'avènement des sociétés modernes. La seconde moitié du xv^ s. et le xvr s. sont témoins d'une révolution universelle : les nationalités se constituent ; la renaissance sous sa triple forme artistique, philosophique, scientifique, démode toutes les idées chères au moyen âge.
Presque contemporaine de la grande révolution intellectuelle de la Renaissance, apparaît la grande révolution religieuse qu'on a appelée la Réforme. Le protestantisme n'oppose pas seulement à l'organisation ecclésiastique de l'Église catholique, une hiérarchie nouvelle, propre à chaque église nationale, mais il modifie le dogme catholique dans plusieurs de ses thèses essentielles. Les échos de la dogmatique protestante vont se répercuter par ce moyen dans le domaine de la philosophie.
Ces faits nouveaux intéressent les divers départements de l'activité humaine et sont gros de l'avenir ; mais à un autre point de vue ils sont la continuation du passé. Cette observation se vérifie surtout pour la philosophie. Les idées philosophiques ne disparaissent pas brusquement, quand de nouvelles S5^stématisations se lèvent ; mais la période finissante compénètre parfois sur un long temps la période commençante. Ainsi en est-il des systèmes transitionnels de la seconde moitié du xv^ s. et du xvi^ s. : mis en rapport avec ce qui suit, ils préparent \à philo-
'J2 PRÉCIS d'histoire DE PHILOSOPHIE
Sophie moderne ; mis en rapport avec ce qui précède^ ils pro- . longent la philosophie médiévale.
Etudions successivement :