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LES PHILOSOPHIES NOUVELLES DE LA RENAISSANCE

dans une explication métaphysique de la présence simultanée du bien et du mal : l'opposition du bien et du mal est en Dieu un fait originel et connaturel, et dès lors, nécessaire. Lame humaine est Dieu (panthéisme), et par sa volonté libre se tourne vers le bien ou vers le mal, qualités primaires de son être.

103. Le théisme ou la philosophie de la religion.— Les luttes religieuses de la Réforme inspirèrent, à un groupe de publicistes des projets de conciliation entre les nombreuses églises. On se pénétra de la conviction que toutes les religions possèdent un fonds commun de vérités essentielles relatives à Dieu, et que leur contenu est identique, malgré les divergences de leurs dogmes.

D'ailleurs, le théisme est conforme aux allures indépendantes de la Renaissance, puisqu'il n'est qu'une forme du naturalisme, appliqué à la religion. De même qu'on avait édifié le droit naturel en inspectant la nature humaine, de même on interrogea la raison pour découvrir les idées religieuses. De là le grand nombre d'adhésions que recueillit le théisme, non seulement chez les protestants, mais en général chez tous les esprits emportés dans le mouvement de la Renaissance.

Erasme propage la théorie que la doctrine purifiée du Christ est identique à la religion de Platon, de Cicéron, de Sénèque. Coornheert (né 1522) en Hollande parle de réduire les dogmatiques chrétiennes à des éléments communs. On en pourrait citer une foule d'autres que séduisit ce théisme.

104. Le scepticisme. — Les contradictions nombreuses sur le terrain religieux, philosophique et scientifique ont engendré chez d'aucuns une défiance vis-à-vis de la raison : le scepticisme de la Renaissance n'est pas une critique absolue de la certitude, mais une démonstration de l'insuffisance des systèmes existants. Il sert de transition entre le moyen âge et la philosophie moderne. Ce caractère relatif lui donne de nombreuses analogies avec la sophistique grecque; l'une et l'autre servent d'acheminement vers des spéculations nouvelles.

Parmi les sceptiques de la Renaissance, les plus connus sont Michel de Montaigne (i 533-1 592) i) et Charron {1541-1603) 2).

i) Essais.

2) De la sagesse.

J% PRÉCIS d'histoire DE PHILOSOPHIE

La banqueroute des systèmes de la Renaissance explique le rapide avènement des idées de Descartes et de François Bacon.

§ 2. — Les philosophies scolastiqiies

105. Caractères généraux. — Sauf de brillantes exceptions, X insiijjisance des scolastiques va croissant, et notamment \ ignorance de la doctrine scoldsiiqtie atteint son comble à la fin du xvii^ s.

\J attitude des scolastiques vis-à-vis de leurs adversaires n'est pas moins blâmable. Attaqués dans toutes leurs positions par les systèmes coalisés de la Renaissance, ils ne savent pas se défendre, et commettent la double faute de se désintéresser de l'histoire de la philosophie contemporaine, et de se tenir à l'écart du progrès des sciences particulières.

106. Anciennes écoles scolastiques. — Les écoles thomiste, terministe et scotiste se perpétuent. Du côté des thomistes, Sylvestre de Ferrare ( i 474- i 5 2 8) i ) et Thomas de Vio dit Cajetan (1468-1534) 2), ont laissé des commentaires célèbres de S. Thomas, le premier de la Somme contre les Gentils, \q second de la Somme théologique. Les occamistes, au xv^ s., tiennent la tète dans la plupart des anciennes universités. On les appelle moderni, nominales, et leur enseignement est désigné comme la via modernorum, par opposition aux thomistes et scotistes qui représentent la via antiqua. La subtih'té des occamistes parisiens provoqua une réaction d'humanisme de la part de Jacques Le Fèvre d'Etaples et de son disciple TosSE Clichtove de Nieuport (1472- 1543). Le scotisme demeura la doctrine favorite de l'ordre franciscain, et prit un nouvel épanouissement au xvii^ s.

107. La scolastique espagnole. — Le xvi^ s. est témoin d'une éclatante restauration de la théologie et de la philosophie scolastiques.

La restauration philosophique se caractérise par un retour à la langue claire et aux grandes systématisations du XI IP s. ("principalement au thomisme), par une interprétation originale

i) lu /. S". Thonœ de Agnino contra gcjitcs counncnt., comment, in l. postcrioruni Arislot. et S. Tliomœ, in octo l. physic. Arist., in j /. Je anima.

2) Commentaires sur le de ente et esscntia de S. Thomas, sur les prèdicamenls, les dcrn. ana/yt., le de atiiina d'Aristote, et sur la Somme théo/ogique de S. Thomas.

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