HOBBES
Leibniz a cherché à étabhr l'harmonie des religions positives avec la religion naturelle ou philosophique.
Une puissante unité domine la philosophie de Leibniz et la range parmi les synthèses significatives de l'histoire de la philosophie moderne. Sa philosophie pénètre profondément le mouvement des idées dans l'Allemagne du xviip siècle.
§ 3. — La philosophie anglaise aux XVII^ et XVIII'' siècles
Ï18. Résumé. — La philosophie anglaise est avant tout l'héritière de \ empirisme baconien, qui, avec Hobbes, prend le nom de se?isiialisme. Tout sensualisme (ce terme est relatif à Y origine du savoir) est, au point de vue critériologique, objectiviste ou subjectiviste, selon que la sensation est ou n'est pas tenue pour garante de l'existence d'une réalité hors de nous. Le sensualisme objectiviste s'appelle matérialisme. Les deux formes du sensualisme (matérialisme, sensualisme subjectiviste) se succèdent en Angleterre, avec de multiples nuances, comme deux étapes d'une même évolution logique. — Le sensualisme subjectiviste provoque une vive réaction, notamment de la part des philosophes écossais. — Enfin, il y a lieu de tenir compte d'un ensemble de théories morales et religieuses, qui sont dominées par les idées sensualistes.
119. Hobbes (i 588-1 679) i), familier de Bacon, de Gassendi, de Campanella, connut aussi à Paris le P. Mersenne et d'autres amis de Descartes. Il précise et développe les idées fondamentales du naturalisme de Bacon.
i) Théorie de la connaissance. Tout savoir dérive de l'expérience (empirisme), et celle-ci prend sa source dans la sensation (sensualisme). Les qualités sensibles, et même les représentations temporelles et spatiales, sont dépourvues d'objectivité réelle. Au lieu d'en conclure au subjectivisme, Hobbes, peu logique, se replie sur le matérialisme de Bacon.
2) Matérialisme. La philosophie est la science des corps. La physique étudie le mouvement des atomes, et celui-ci est régi par des lois mathématiques et nécessaires (Descartes), sans l'intervention de causes finales. La psychologie s'occupe du corps humain et de ses mouvements théoriques (sensations)
i) On humait nature ; de corpore politico ; Leviathan.
et pratiques fvouloirj. Le vouloir est passif et dépendant de la connaissance (primat du connaître, cf. Descartes). C'est le déterminisme moral. Seul l'instinct de la conservation guide nos actions. Pour mettre fin à la guerre des appétits égoïstes, les hommes, de commun accord, se sont réunis en société (Grotius) et ont investi un gouvernement de pouvoirs autocratiques. Devant ce pouvoir souverain l'individu doit abdiquer tous ses droits, même renoncer à ses convictions religieuses, à moins que le gouvernement n'impose une religion d'État.
120. Locke (i 632-1 704) i) étudia à Oxford les sciences et la philosophie de Bacon et de Descartes. Mêlé à la politique, il s'exila en Hollande, où il écrivit ses principaux ouvrages, puis rentra en Angleterre pour y remplir d'importantes fonctions.
Locke est le fondateur du sensualisme. 11 montre quava?it de résoudre les problèmes philosophiques, il convient de déterminer l'origine et la valeur de nos connaissances.
i) Origi?ie de la connaissance. Pas d' « idées » innées 2). « Xo innate principles in the Mind ». L'âme, à la naissance de l'enfant, ressemble à un papier vierge d'écriture. Toute connaissance vient de l'expérience, et celle-ci est externe (sensation, représentation du monde corporel par nos sens extérieurs) ou interne (réflexion, conscience de l'activité dépensée dans la sensation). L'expérience interne comporte de multiples fonctions, tendant à combiner entre elles les représentations simples, de façon à produire des représentations complexes (germe de la théorie de l'association j.
2) Certitude de savoir. Après avoir posé en principe que ni les sensations, ni les réflexions, et, parmi celles-ci, les représentations complexes ne peuvent rien nous apprendre du monde extérieur, Locke introduit dans son subjectivisme une double réserve : sous l'influence cartésienne, il accorde une valeur réelle aux qualités primaires (étendue) du corps (lll). De plus, il admet qu'il existe des substances (objet d'une de nos représentations complexes), bien que nous ignorions leur nature.
i) Essay concerning huinan tinderstanding ', The reasonahleness of Christianity ; The conduct of understanding (posthume).
2) Dans la terminologie du xvii" et du wiii" s., idée est synonyme de cofinaissanc:. De là le nom à' idéologues , donné à des matérialistes français (xvjii« s,), et celui d'idéa/istes donné à des sensualistes.