CHAPITRE II La philosophie de Kant
139. Kant et la philosophie critique. — Kant naquit en 1724 à Koenigsberg, où il entreprit des études de théologie, de philosophie et de sciences naturelles. Sa carrière philosophique comporte deux périodes : pendant la première il apprit à connaître et même partagea les théories les plus significatives de la philosophie moderne, notamment celles de Leibniz, de Woltf, de Crusius, plus tard les systèmes de Locke et de Hume, et celui de J.-J. Rousseau. Au milieu de ces influences opposées, la pensée de Kant se constituait avec ses caractères originaux. Elle se fit jour en 1770, après trente ans de réflexion solitaire i). Kant était alors professeur à Kœnigsberg. 11 mourut en 1804.
La philosophie inaugurée par Kant reçut de lui-même le nom àQ philosophie critique. V<iT l'analyse de la notion de connaissance, il prétend rechercher quelle doit être la structure de la faculté de connaissance, déterminer dans cette faculté, vierge de toute opération, les conditions qui précèdent la connaissance, et d'après cela fixer les limites de la certitude.
Se ralliant à la division récente des facultés (135), Kant soumet tour à tour à sa critique la raison théorique, la raison pratique ou la volonté, la faculté sentimentale.
140. La critique de la raison pure. — i) Cette première partie de l'œuvre Kantienne est une théorie de la science. La science est constituée de connaissances ou
i) Principau.v écrits de la seconde période (critique) de la carrière de Kant : Kritik der reincn Vcrnunft ; GrundUgung dcr Metaphysik der Sittcn ; Kritik der priiktischen Vernunft ; Kritik der Urtheilskrafl. Nous négligeons ici la philosophie dogmatique de Kant et les écrits de la première période de sa vie.