‹ Précis d'histoire de philosophieChapitre 8 sur 69 · PLATON · texte numérisé non relu

PLATON

explique par la matière et par l'âme du monde. La matière, ou le non-être, est le réceptacle au sein duquel les phénomènes sensibles évoluent, X espace ou le lieu vide i). Par \ â7ne du inonde, alliage de matière et de réalité, l'Idée se reflète dans l'espace divisible. L'âme du monde sert de trait d'union entre le sensible et le suprasensible ; elle est à la fois divisible et incorporelle ; elle imprime au monde un mouvement circulaire et est douée de connaissance.

2. Structure du monde corporel. Les substances corporelles sont des figurations de corps simples (l'eau, l'air, le feu, la terre), et ceux-ci sont réduits à des figures géométriques régulières, pures sections de l'espace, qui ne délimitent aucun quantum de masse matérielle. Les phénomènes de la nature proviennent de divers assemblages de corps simples, et le mouvement qui détermine ces assemblages doit être rapporté à l'âme du monde : Platon souscrit au mécanisme.

21. La Psychologie est fonction d'une théorie de la connaissance intellectuelle, commandée par la dialectique des Idées.

1. Théorie de la connaissance. Puisque les Idées ne sont pas immanentes au monde sensible, la considération des choses phénoménales ne peut engendrer en nous la connaissance de la réalité immuable. Or nous avons connaissance de cette réalité. Platon en conclut que nous avons contemplé les Idées face à face dans une existence antérieure ; les perceptions sensibles ne font que réveiller le souvenir des connaissances assoupies, sans exercer aucune causalité proprement dite sur les actes de l'intelligence.

2. Nature de Uâme. Le corps est une entrave à la libre contemplation de l'Idée. L'âme ici-bas est dans un état violent, contre nature, dont elle aspire à se libérer. L'homme ressemble au conducteur d'un attelage à deux chevaux, à une chimère composée d'êtres divers. Pour expliquer, malgré cette antinomie, le commerce réciproque du corps et de l'âme, Platon divise l'âme en deux parties : l'une est intelligente et impérissable ; l'autre inintelligente et périssable, comprenant à son tour une partie noble (le vouloir) et une partie vile (l'ensemble des mouvements sensibles).

i) Les historiens ns s'accordent pas sur le sens qu'il convient de donner à la matière de Platon.

22. Éthique et Esthétique. — La y/// de l'homme consiste dans la contemplation des Idées pures par 1 ame, en un état de séparation d'avec le corps. Platon laisse dans l'ombre la morale individuelle et familiale ; par contre, il rédigée un code complet de politique où l'individu est sacrifié à l'Etat (République).

Le beau réside dans l'ordre et dans ses éléments générateurs. Il est identique au bien dont il n'est qu'un des aspects. Quant à l'œuvre d'art, elle n'est qu'une imitation des choses sensibles, et dès lors l'ombre d'une ombre.

§ 3. — Aristote

23. Vie. — Aristote i) naquit à Stagire (d'où l'appellation de Stagirite) en 384 av. J.-C. et, pendant vingt ans, étudia la philosophie à l'école de Platon. Le second fait important de sa vie est son séjour à la cour de Macédonie, où en 342 il fut appelé à faire l'éducation d'Alexandre. Ce n'est qu'en 334 ou 335 qu'.A.ristote ouvrit à Athènes l'Ecole péripatéticienne. Il fut forcé de prendre la fuite après la mort d'Alexandre, et alla mourir à Chalcis en 322.

24. Caractère général et division de sa philosophie. — Aristote met en pleine valeur le savoir spéculatif, et élabore un système philosophique complet, basé sur la double méthode analytique et synthétique.

Le j)rocédé d'observation, inauguré par Socrate, timidement appliqué par Platon, est établi sur des bases scientifiques. Après avoir rassemblé ces imm^^nses matériaux qui font de lui le premier savant de l'antiquité, Aristote a construit une synthèse générale, explication de la totalité des choses, et qui permet de le tenir pour le prince de la philosophie antique. Tout ce qui est, est objet de la philosophie ou de la science, au sens élevé qu'il donne à ce mot.

I) I*rincipalcs œuvres : I. Logique, réunie plus tard sous le nom d'Organon : les Catégories ; le traite Jt Nntcrprétution ; les deux Analytiques ; les Topiques : les Raisonnements soph stiques. — II. Philosophie de la nature et sciences naturelles : la Physique, le livte du ciel; le livre de la génération et de la corruption ; la Météorologie ; V Histoire des animaux ; le traité de rame. — III. Mclaphysicjue : la Métaphysique. — IV. Morale : Éthique à Nicomaquc : la Politique et la Constitution des Athéniens. La Grande morale et la morale à Euièint sont probablement des œuvres d'élèves. — V. Poésie ; la Poétique.

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