LIVRE III. CHAPITRE I. I i j
essor rapide, tandis que celui de l'Espagne déclinait
tous les jours? A la fin du dix-septième siècle, l'Espagne ne pouvait plus fournir aux besoins de ses colonies, et elle ne s*opposait plus que mollement à la contrebande des autres nations avec le Mexique et le Pérou.
'< Sous le règne de Charles II, environ cent soixante mille ëtraugers, établis en Espagne, exerçaient près* que le monopole du commerce , au préjuaice des na* tîonaux. Sur cinquante*quatre millions de denrées et do marchandises qui étaient nécessaires aux lu suins des coloiiies, ils en fournissaient cinquante, et en retour ils ne recevaient que soixante-dix-sept millions délivres sur les quatre-vingt-cinq millions qui sortaient tous les ans du nouveau monde (i). »
C'étaient les Hollandais, les Anglais, les Génois, les Hambourgeois, les Flamands et les Français qui faisaient ce commerce de contrebande. M. Weissadonné des indications précises pour montrei; sur quelle vaste échelle le commerce de contrebande se taisait avec TAmérique.
« La France expédiait tous les ans, par les galions, des toiles de Rouen, de la sorte appelée louvier, pour quatre cent mille livres; d'autres toiles de Rouen, connues sous le nom de fleurêtes et blanquardes , pour deux millions quatre cent mille, également par les galions; et par la flotte, pour environ dix-huit cent mille (2). On en consommait en Espagne pour cent dnquante mille. Des toiles de Saint-Quentin et de Pontivy ordinaires, pour trois millions de livres, qu'on Tendait tant en Aniéiique qu'en Espagne. Des toiles deLaval) dites basse-laise, pour quatre cent mille livres^
(x) Ibid.» p. 7^-
(a) ;iiet gaUont fournissaient les marchés de la terre ferme et les royaunies du Pérou et du Cliili. La flotle approvisiooiiait la Nouvelle- Espaçae et les provinces voisines.
ii8 HisToiBs mwÊ' TÊam- Monsaicss.
et de celle» qtti sent ditts hanN-lâMe, pow sept cent
cinquante mille; elle» te wmoimnaient moins eti Amérique qu'en Espagne, et surtout à Cadix, à Séville et à Madriii. Des toîks de Cambrai^ pour environ quatre etnt soiunte>quime mille livres; des chapeaux de castor, pour quatre cent mille livres; des dentellee d'or et d'argent fin, pour quatre cent quatre-vingtquinze mille livres par les galions; et par la ilotte, pour cent trente-deux mille. Des dentelles noires de Parts , pour soixant^fac mille livres par les galions. Des moires * d or et d'argent , pour trois cent mille livres par les galions, et pour quatre-vingt mille par la Hotte. Des picottes de laine, iabriquees à Lille, pour neuf cent mille livres par les galions, et pour un million deux cent mille par la flotte, qu'on vendait au Mexique et en Espagne.
« En somme, les Français portaient tous les ans à Cadix pour neuf à dix millions de marchandises, dont trois à quatre se consommaient dans le pays, et le reste aux Indes. Mais comme ils n'entreprenaient que le commerce d'expédition, et que leurs vaisseaux étaient cliargés presque exclusivement des produits de leurs propres manufactures» ce commerce allait diminuant d'année en année, au profit de letran*
Cet essor pris par notre commerce fut du en grande partie aux sa^jes nit sures de C^olbert, et aux encouragements accordés par lui à i industrie nationale. En 167a, la France avait cent vingt vaisseaux de guerre pour protéger la marine marchande : c'était assez pour faire respecter son pavillon sur toutes les mers. Aussi Colbert se crut«il en mesure de créer une compagnie du
(x) Voyez la dissertation citée, p. 7*2. M. Weiss a emprunté ces détails curieux à un rapport mannsrrît du comte de Rebenac, fils du marquis de >ViiqTMèi-«>s, qui fut chai^gé d^uoiî ambassade extraordinaire «n £s*
LIVR£ lU. QXLAmW U %tQ
Levant , dans k bat d'expleker le commerce de la
Méditerranée, qui était une source abondante de richesse pour Marseille et les auuefi yiUe& du midi de la France.
Nous devons mentionner encore , pour compléter
cette ënumération des mesures prises par Colbert dans l'intérêt du commerce et de rindusirie, l'établissement des manufactures de tapisseries de iieauvais et des Gobelins ; l'ouverture du canal des deux mers , qui joignit la Méditerranée et l'Atlantique; ledit de 1666^ par lequel une pension de raille francs était accordée atout gentilliomniepèrede dix enfants, et dedouze cents livressU en avait douze, à la condition qu aucun desenbnts ne serait ni prêtre, ni religieux, ni religieuse; les bourgeois devaient recevoir la moitié de la somme qu'on promettait aux gentilshommes; enfin, un édit de 1667^ dont ie but était d'arrêter l'accroissement excessif des communautés religieuses. Par cet édit, défense était £ute aux particuliers de vendre ou de léguer à fonds perdu aux communautés ecclésiastiques, et même aux hôpitaux, aucuns deniers comptants, héritages ou renties. Colbert pensait avec raison que le moyen le plus efficace d accroître les revenus de TÉtat, sans exposer le sort des contribuables, c'était de faire prospérer la population , l'agriculture, les arts, le commerce^ véritables sources des revenus pTil)li( s. il voulait (jue le plus grand nombre possible d hommes tut employé à quatre professions : l'agriculture , les arts mecani» ffaes ou le commerce, le service militaire et la navigation; et qu'il ne fût pourvu aux autres professions
2ue lorî?qu'on aurait fait, au profit de celles-là, le prérvement qui leur était nécessaire.
On a blâmé ses règlements sur les fabriques, et on Fa représenté comme un législateur minutieux qui voulait étendre sa puissance jusque sur les procédés des arts industriels. Mais dans la réalité il n'a lait que
lao HisxoiaB B£S temps mobbanes.
sanctionner le vœu des fabricants. L'effet de ses règlements fut de donner à la fabrication un caractère légal, en faisant connaître à lacheteurla qualité et la véritable -valeur des marchandises. Le succès prouva la sagesse de ce système. Dès qu'on l'euL adopté, on vit les manufactures françaises prospérer, elles purent entrer en concurrence avec les manufactures hollandaises et anglaises, et souvent même elles eurent sur ces dernières la supériorité.
Cull)eit a servi le commerce, non-seulement par rouvertiire des communications les plus importantes, et par rabaissement des divers impôts, combinés de la manière la plus &vorable; il l*a servi encore par les prêts et les dons faits à presque toutes les nouvelles compagnies de commerce, et, dans les cas de perte,
Sar i abandon des sommes avancées. Il Ta servi en onnant à l'administration, pour base de ses décisions, lopinion d'une assemblée des commerçants du royaume les plus éclairés. Il Ta servi indirectement , mais efficacement, par la réforme de Tordre judiciaire; car cest lui, et non le chancelier, qui en conçut le projet, et qui posa les bases du Gode civil de 2667. En abrégeant la durée des contestations portées de> vant les tribunaux, on rendit la propriété moins incertaine, et les transactions du commerce furent plus assurées.
Enfin 9 on doit placer au rms des plus grands services que Colbert ait rendus à Findustrie et au com«
merce , la tolérance dont il a fait jouir les protestants. Madame de Maintenon, dans une de ses lettres, adresse à Colbert un reproche qui doit être plutôt regarde comme un éloge.
« Il n*y aura plus qu'une religion dans le royaume, « c'est le sentiment de M. de Louvoisjet je le crois là- « dessus plus volontiers que M. Colbert, qui ne pense «qu'à ses finances, et presque jamais à la religion, «
Colbert était d'une grande piété, mais il ne croyait pas devoir conibndre les principes administratifs avec les principes religieux. L événement a prouvé s'il avait raison.
lettres et arts, — Colbert ne se contenta pas de mettre de Tordre dans les finances, d encourager le commerce et l'industrie, il protégea aussi les lettres, les sciences et les arts. C'est lui qui releva la dignité de l'Académie française, fondée par Richelieu, mais qui n'avait pas eu jusque-là une grande importance littéraire , comme on peut s en convaincre par l'ouvrage de Pélisson. On lui doit aussi l'idée et la première organisation des autres académies. £n effet, il fonda l'Académie de peinture et de sculpture, celle d'architecture et celle des sciences. Quant à 1 zAcadeniie des inscriptions et belies-iettres, elle ne fut organisée définitivement qu'en X701. Le nombre des membres de cette compagnie fut alors porté à quarante.
En 1667, Colbert fit acheter à Rome un logement pour y envoyer tous les jeunes artistes français qui avaient obtenu en i;*rance les prix de peinture. Ils devaient perfectionner leurs études au milieu des grands modèles de Tantiquité et de l'Italie moderne. • Ainsi, r idée de l'école française de Rome, telle qu'elle est encore conçue de nos jours, appartient à ce ministre.
« On est étonné, dit M. Lemontey (i), de la somme modique que coûta au roi cette partie éclatante de sa renommée. Dans Tannée où ses libéralités furent les plus considérables, la dépense ne s'éleva qu'à cent mille huit cent soixante-six livres , savoir: cinquantetrois mille livres en pensions pour les nationaux , seize mille pour les étrangers, et le reste en gratifica* tioiis (2). Un seul courtisan inutile, le duc de Lauzun,
(i ) Estai sur k monarchie de Loais XFV,
(2) Colbert se faisait donner une liste exacte de tous kl savants étrangers qa^il désimtenépnrafer.
cofilâ plus ail rdi quetesl^tt^, les ^ienceâ^et tes aéa* démkd j^ifAMt tout son rè^e. Le^ ét^tâës^ramuf, €pA fMSftîetil MWiki^* kvtiic, n'ÎB^pMrMV pYùë iKilt^rêe
après la mort de GoUjer t. En 16945 réforma la trèâ^ mince dépensa ^^^le causait TAcadémie des science^. »
P^^étrë ne ièNRlrsMtnl pfts, comme M. Lemotit^^^ se plaça* tfu poiM^ ifiem àt notre épMtie, pour jtt^^ ger ce q«'il y à etr de nvMMire dtrils la protection et les eticottîiiofemeiits que Louis XtV accorda aux' lettres, au* sciences et âuit arts. Si peu que Louis XIV aHa^rdé>M]£ biftëittteurs, aux siavatitii, imil $ciii|K teufr», âUk peintres , c etâft dix f<ns phiH t{u'il ifm aVa^été donné attpaftt't^aitt. On fit beaucoup en assurant une existf»tt<*¥* iiulépendim^ à tous ces hommes qui se* livraient anx travaux ée l-esprit. II ne faut dkonc p^ séftonwet ïmÙÊ&Miii^tti^ gënérat qui se ntàÊiâfeiMt a)OT9 pour^Mie protMâett Ibienfàitolit&iit ééiêffée du gouvernemettr.
Ce sont 1^ les p^iucipattât ibic^ du «ninistèt^ de Oôlk
bert.CcrftMmki'iéiàiffpttii «iilmÉMiede^étiie:Si com^p^
tion émit leiftë, «I é^it be^ottff- d^être aidée par la rë#exion et la métiitatinn. Sa peiséverance dans le travail était iniatigîiblte. M observait continuellement le» £iita, e« âvia^t \me gmiés pe^spiett^Âi^è déeMvtir leir effets dès hisiittaitiidiM». En ftuItaMl lé ùuffm de st^ti âd*
minibtration , on y trouvera un perfecrionncnietit ^tt^ duel et s^nsibl-ei Les institutions des derniers temps d^ $on miflktèM^BOfit fert supérieures à celles de ses pfièf
intèfefti amiéM^ Oé ^>de LMi^ MV ^'il éiait tm hmimt fv^êà^ma^ c'éw mimut* à CMberr cfu'il d^ii
cet élog«. Les pritïeipaux monuments t}^ Louis- XiV, ses plus belles iumituti0tt&, le oafiat du MkU, ïobset^ Tatoire, les bibliothèc[ueft» les académies ^.tout cela^st
On peut distinguer deux époques dans la carrière
laVME CB^HTU I
ministiérielle de Colbert, Jusqu'en 1670, il avait été lë minislnre prépondérant; etiauite ce fut Lo^uvois quiob^ tint la fùn lavge pai^t ém» la confiance du roi.
Dorait ht prtniMrè épo<|ltt»CoB>m'aOT Mut Ws èépàtUmÊtmHB "et il a eonstamnieiit la prétencion de ^umedre la politique à des ii^«-êto de commerce «t de âaaÉca Maïs elisuite sa puissance decix^li^ il n'a ^os d^'infioende atir les départ^MMt» des autres nû*avNMay «I «léaie il m cet plus aiMÎ oompiétement maître dans le sien ; il n a plus le itiême ehml^ des moyens de pourvoir aux dépenses. A la pajx de JNïinègue, il est' obligé àe aacit^er lei^ intérêts du eon» merce à lextension du territoire; il a enoore asecB ée fetwpour^nipèbber la mrooalien 4e r<édit de NaMes, mais pas assez [)our soustraire eutièi^ment lès protêt Iftnts aux persécutions. Enfin il mourut (1 683) en pleine disgrâm. Ses saceesmnrs futem Pelletier, PoMchat^ train) Ghaniiltart, s«m» I0 nètisièM deMfaèls noli financer toitiMpent dana uni désordre #IFraifaiît'. Eti ryoS, Des«iarest, neveu et élève de Colbert^ suceédaà GhamiUart, qui avait donné sa démission. âoA aduabistriition , confanua à «elle d« €olber«> coMli* fan att^ibtt <tle la Ffance, peiit^'élteaalànt q«ie kiTio
foire de Dcuairt.
LotîVôis(i666-^r&:^i).— l e départeimentdela guerre fm divigé, depuis r^n i6ëtij par Louvois, dont i'io- IluaOM ne tanla pas à balancer cette de Golbêiti An mte, il laiit le dure^ Lon^oîs tie daim pas naèia de soin auxartisires de la guerre que Colbert n'en donna à l'administration de 1 inteneur du royaume, mxt, iuanoes^ à rindustrie^ au comnwrDe(|>attx lettres et aux msi> IjabcmeiMt eottiMseCplbevt^ Xonvois «tait de plus un esprit sévère, rude , exafct,- ebmiM il- en fallait un pour la discipline militaire. Voici le jugement que Gourvilie a ^orté sur ce ministre : « Après avoir eu plus d'oceasMW ifiiif petwnne ^ oo»noîtr» iM[« de
1^4 HISTOIRE DES TEAIFS MODEANBS.
Louvois , je confesse in^^ënument que je n'ai point vu homme qui eut génëialeinent un esprit si étendu pour toutes choses, une compréhension si vive, une si grande application à remplir parfisiitement tous ses de^ Toirs , et qui eût une aussi g^rande prévoyance. Il me paroissoit que la grande quantité d'affaires dont il étoit occupé, ne lui permettoit pas de donner tout le temps qui eût été nécessaire pour entendre les officiers qui venoient lui parler; mais il avoit une grande &ciUtë à démêler ce qu'il y avoit de bon dans ce qu'on lui di* soit. Il m'a paru qu'il étoit bien aise de s'entretenir avec un petit nombre de gens sur les affaires pré* sentes (i). »
L'administration de Louvois porta sur deux points :
l'armée de terre et la marine.
Armée de terre, — Dès la première année du règne de Louis XIV, on chercha à introduire quelque régularité dans la levée des troupes et la formation des T^ments. On fixait le nombre de soldats que devait fournir chaque ville, d après le relevé des habitants et des impôts qu'ils payaient. Mais ce qui devait arrêter pour longtemps encore tout progrès dans le re^* crutement) c eiait la vente des régiments et des com* pagnies. Le soin de régler les exercices et de tenir les cadres au complet était abandonné aux colonels et aux capitaines, qui entretenaient le moins d hommes qu'ils pouvaient en temps de paix, sauf à appeler frauduleusement sous les drapeaux , par le moyen des raccoleurs, des gens inexpérimentés, quand on avait besoin de soldats pour la guerre.
Louis XIV voulut qu'à i avenir chaque régiment se distinguât par ses couleurs, et il tint beaucoup à cet établissement définitif de l'unifomie , qui n'avait existe auparavant que pour certains corps d élite et privi'»
(i) Mémoires de GoorviUe, p. 533. CoUecU Peticot, a*" iérie, LUX.
LITU III» GHAFITAB I. ISd
lëgiës. On sait que déjà, du temps de la Fronde, les armées des différents partis se reconnaissaient aux conleurs : les soldats du roi portaient Técharpe blanche, ceux du prince de Gonde Técharpe Isabelle, ceux de Mazariii l'ccharpe verte.
Il y eut progrès ) en ce sens que ciiaque régiment eut ses attributions spéciales , sa place assignée dans les marches et les ordres de bataille*
Il y avait un grand nombre de régiments de cavalerie légère; chacun d'eux portait le nom d'une province ou d'un prince. 11 y eut en outre des régiments
tlus spéciaux, comme les régiments de dragons, de nssaras, de bombardiers; des compagnies de grenadiers , le corps des ingénieurs, le corps des artilleurs (ij.
On forma un très-grand nombre de régiments d'in* &nterie. C est sous le règne de Louis XIV que Tinianterie fut estimée pour la première fois à sa juste valeur, et vraiment organisée. Ce fut lui et Louvois qui donaèrent pour la première fois aux soldats cette arme avec laquelle on combat à la fois de prés et de loin , et qui est devenue si terrible entre les mains du soldat français, le fusil armé de la baïonnette. Voici, s'il faut en croire le P. Daniel (2), ce qui suggéra à Louvois ridée de cet important changement :
« Feu M. le baron d'As£eld , dit-il , me raconta en 1715 (3), peu de temps avant sa mort, qu*en 1689, étant revenu de Hongrie, ou il avoit commandé un corps de deux mille hommes, envoyé par le roi de Suède au secours de l'empereur, contre les Turcs, M* de Louvois le questionna fort sur la manière dont k guerre se feisoit en ce pays-là; qu'à cette occasion
(ï) Yoyez Daniel, Histoire de la iniiice fi a ik aise, (a) Histoire de la milice française, t. II, liv. xin, p. 590. (3) Ou sait que Daniel composa sou Histoire au commencenieiit du rtgQe d6 Louis XV*
il dit, entre autres choses, à M. de Louvois, que T^ofifeveiXT avoit àté les piquas à ses troupes ^ >et awû cbnnë 4*6 mousi^ets à tonte riBiiuiIttrîej.qiie. ce.f|M amit àitumâaé ce pciace à* et dhangieflflienty •étok que les Turcs savoient bien mieux tnaïqier le sabre que les chrétiens, qu'ils s'en servoient avec suceès contre les piques, ^ que^éiM^l^TS appi^ebeockttttnt lieaucoiip le feu ; que sur cette redexicm remparesp «mîli pm soii. pa»ti, qu'il s^roit aboli ks piqjbss pour ;a«i^[fiiemer le nombre des mousquetaires, et par conséquent niul» tiplief le feu; que, par la même raison, dans les coat*» bat3} €91 aevroU plus itu'auparavaaÉ le$ batai^pins e^ les.flseadPMS^ eib qi»'on laîssoîa euAre eux onpiiia «l'î»* ten^aHe, ^(mt ^pâoiMv.cpskffrlei Tuvqs ne pussem les prendre si aisément en flanc quand on se aièloit. Il Bi ajouta ^ue M. de LoiUTois ave^it ibi t fjoaié ces mi* soDSy et quelques autres qu'il lui apporta coiâre liUi* sage des piques; que ce ministre en paria att oot^v»
Ce ne fut cependant qu'en i jo3 que parut l'ordon-* nance qui abolissait Tusage des piques. Louis XIV s'y décida en&i , d'après les conseils de Yauban. JLe pre« aiie» régiment qui ait été anné de haïounettea , esH le «é^fiiuent des fusiliers, opéé en 167 1, et appelé depiiia Roy a I - z\ r t il lerie.
Le gënie et l'artillerie devinrenrt aus§i des corps tout à fait spéciaux et régulièrement organbés. En i^yg » le roi établi^ è Douai uue éeole pour y in3lnû|*e ites jeunes gens de tout ce qui r^arde l'artillerie, dette école fut depuis transportée à Metz, et de là à Strasi)Qurg« Ou multiplia quelque temps apares les écoles daieiUerie} on» en fisa uue à fieufi iet une â Siraa»» boufl)^. On eu établit oiéuie une en ituKe. Mais eeiles
de Douai et de Strasbonrg furent les seules qui subsistèrent, parce que les bataillons de l'artillerie teiment, p^dins^irç^^t .g^^i^u 4mê deux pla^i^s. La somme fixée pour entretenir ces écoles fut ài^m
rUffw wu «Monrw.i. 1127 |iKs«i9iMiii§ ii^iit élé traGomma.! hmk mit à k
dispo^UioB du grand maître cl« raruUor'i«:(|uinz,e mille (ju^tve wUe ilÎTi^ tout. fCe foiM(k4iifti«mpJojéà
JiOrsquQn înatitua la premme émle dlomllerk, le si^ur de Sa4Ht-.Ra»i adressa, par ordre, un ttitiinvire 4{»'iJi ,pft^fmJ^4^u fmfèdmàMm^ qui «mkt'pow iiuy^z Siff^i¥Mnt'f0ur Vex^mm^^dêêmdmsdlatêièkriê. U réprima plus tard dans le premier Tolume de aaa Mb»-
'Toutes ces \xum)mf^ÛQn$ mooètetti i^tiel^e inipoi^ la^Pi^ il^W ^ {louvois afttafihMHiitài#<it ce >qai pwiJVWt fevfiHStÎMMMr 1 am nwiifai»^ « «vtfNiit twitts Je
tsippott d^ la tJboom) ^im% éié oégligée jua*
qu'alors.
On âW^m^p^ Aiwe Miiiraaâw .de ]pieraévefaa«e de f Qurv^ir JTmniw iTw Ji^atériel j0o»MB^Me. juos tpr#* visions, les convois, tout était réglé avec uneaiçrawèe
e^^ctitude, cet îmiihenâe biienifak d'.iine airmée, Tjouri ie et approi%»ii$k>î9iJ(5e rîégulièïeaiM^ , t^ffcita cliez ^ if^H^^ qui ^9iW3àm% iéié )usf u«'aii»i6 ftonuène ifiotme rfqa faMalis, isne ndsîiaadîan 4|Bi allaî«tq«i*à Jf^heusiai^e. Vohaire , ten pariait >ëfe gatmMs 4e Flimilp^, &'est jendw Toagan^â iQpii>î«i lies ctuw
l4^>fM«age ismiMM d« K« Daniel montanani rfsomliiian liyt igravd ce bienfait die l'adminattratioA de Xeumis ;
« Pendam cinq a©s que je demeurai sur k 4mïit^èF(* , Wt];Q ft<iéo el* xâ^Sî» je lus Aéwain tde.«fit2aadiiGky:aUb
^^am M^^miM Aur k^soBlimtiéMiiitwat 9 ra^db
(i) Daniel, mitftM»r4t k.reywiti^Wi>tlitiiifcJI»ityC^%
128 BISTOIEB DES TEMPS MOBSRHES.
que dans le milieu du royaume. Les duels étoient une
chose presque inouïe; les querelles rares entre les ofiiciers, et presque aussitôt assoupies. On n'en voyoit guère, entre les soldats , qui allassent aux voies de tait; et, en ce cas, la punition suivoit de près (z). »
Il faut dire cependant que cette discipline sévère tomba quelque peu pendant les vingt dernières années du règne cie Louis XIV, surtout par suite des grands désastres qui compromirent Texistence même de la France au commencement du dix -huitième siècle (2).
Marine, — Le gouvernement de Richelieu avait été impuissant pour ionder une marine. Cependant Richelieu s était occupé de donner des forces navales à la France; et c'est avec les vaisseaux que ce ministre
fit construire, qu'on remporta, en 1646, une victoire sur les Espagnols dans les mers de Toscane.
Les troubles de la Fronde ne contribuèrent pas peu à rentier dépérissement de la marine créée par Ri» chelieu.
Quand Louis XIV coniniença à gouverner par luimême, il y avait des places de surintendant général des mers, d officiers de marine; mais il ny avait pas de navires. Non-seulement il n y avait pas de grands vaisseaux portant quatre-vingts et cent canons, mais il y avait très-peu de vaisseaux d'un ordre ultérieur. Lorsque Colbert eut tait dépecer et vendre les car^ casses détériorées ou inutiles, il n*y avait plus, en 2671, que huit des anciens vaisseaux qui fussent en état de servir. Voltaire raconte que Louis XIV, dans les premières années de son règne ^ ayant envoyé dans la Méditerranée le peu de vaisseaux qu'il avait, les Hollandais, qui étaient alors ses alliés, lui demandé* rent des secours contre le tkA d'Angleterre. Il ne res-
(i) Ibid., p. 564*
(a) VojreK W Mteoim àt Saint-Sîmon , 1. 1, p. ^qS.
UniB m. OBAFITRB !«
uH pliis qu'un brûlot dans les ports de la France : il Mluty bon gre mal gré, que Louis XIY le leijr en*^
voyat (i).
Quant à l'artillerie de rner, elle était réduite à cinq cent soixante et dix pièces de canon de fonte, et à quatre cent soixante et quinze de fer, tant grosses que petites^ depuis trente-six jusquà deux de calibre (2).
En i664> on ne mit en mer, pour Texpédition de Gi-
Seri, qu e quin ze ou seize va issea ux , a u x q n e Is sé joigni re n t es vaisseaux de Malte et de Hollande. £ncore ces Tais-» seaux nayaienMls pas ëte construits tons en France; car, avant 1661, on en achetait des pays étrangers, ou Ton en louait quelques-uns pour un temps ^ et quant à ceux qu'on bâtissait en France, on faisait un état de tout ce qui était nécessaire pour la construction. On envoyait cet état en Hollande à un marchand qui achetait le tout, et l envoyait en France au iieu où le roi avait résolu de taire construire le vaisseau. On voit, par tous ces détails, combien la France était alors peu puissante sur mer*
Les choses commencèrent à changer l4)rsque Colbert eut été chargé du département de la marine. Un de ses premiers soins fut d'établir dans le royaume des manufiictnres pour les fournitures qu*on avait tirées jusqu'alors des pays étrangers; et, parce moyen, on parvint à se passer d'eux pour la construction des vaisseaux. Toutefois, il était réservé à Louvois de créer une marine digne de la France de Louis XIV.
En i665, le duc de Beaufort , grand maître , cbef et surintendant général de la navigation , eut ordre de foire un enrôlement régulier de tous les matelots des ports de TOcéan. On donna une grande attention aux levées régulières de marins; dé nombreuses ordon*
(i) siècle de Louis XL Y.
1%) Daniel, t. Il» p. 67954,
«I kt â!0Uiatu4e du gaunorneinent à cet ^gard, nous prouyenllpiil» ilmpiirtaii^ ijpio«.«ttaohaità loi formation d'une armée navale.
Au mois de décembre 1668 (i), on ordonna un enpolenieat des matelots plus complet encore que celui <|ui avait été en lâââi piar le due dsS^ioîioUk Om en fit «roia claaii«^ Vum- d'aUes» était €tn^ «Bgagée dès le premier jour de Tannée, sous la caution' »dtfli communautés, pour seivir sur les Tai^sea^ du roi, et les deux années suivantes, sur les vaisseaux ipaircbMid^f d^ wi?t« ifue les trois basses affaiant à $mmt ^^^fmtàvmm^^ sur les. missieaux de» fmm du nLiat sur las vaiâaeauA^es. négociants. On fit, dans la suite, cinq classes e«i Bretagae; et les matelots Be servirent plus que de cinq ans en «inq ans sur vaîsseau&.siu roi. En 1 681, il se trouva scMxante milk madelots €»i misés difriaas par clasae&dans! les proviecea manciiMS du royaume. Par ce mo»yen, on facilita beaucoup les armements des ilolles de guerre, sans qu on fût con« liraint d!int^rrompi;e le commecce et de lerBMr ports, comme on avait fait avant l!é«abl]flseiBfiiift daa dassea.
Ce n'est pas tout : on établit un conseil de cons» Iruclion dans les ports^ pour tout ce qui concernait les proportions à donner aux vaieseaMX^ lea radouba, eteu On cfféa cinq prisicî^ii& araenaïKi de marine, savoir i Brest, Rochefiart, Toulon, Aunkerqua et le Hame. Colbert avait eu Ti mention de faire de la. Hogue un sixième port, mais à sa mort ce projet fut abandonniez ceux q«ie aoua nom MiDinéa sont eacore aujcmrd*hai au Bombve des plus beaux àttll&mtù^é
Gr&ce à ces mesures., le nombre des vaisseaux atia toujours croissant, et Louis XIV finit par avoir plua de geat vaiaseaux de Ifjmo» miM une.^iandç yiantitr
(i) Ordonnance du 7 déeenlire.
^ d'^u^i^s b^^tm^A» 4p Attire.
$Um aUqm yo^nlir im «éiîe 40êà^^4fm «non-
Iseronit I^hscht rapide ,fiAe prit ^Ioti» imt-
vm^a^ux <mfi pQi«A4^ la France, MHfl^P It Me* diterranée des pirates qui riufqicaimït Bli 1^73, les Français breut véritablement le premier e^^ai de leur puii>4»ance «taritime. Louis XJV envoya quiiii&e vais- ^Ujf, m mmus» de 1 âingfe|iirr«, #<mas Ji^e ^aimiiHle* lllfQA4«4'£^ti:4^. G«lt^^cicMri$m^itgTopirliaiinMrdes ^mbats jqu'ileiKt U¥r«tr» Kn i6yi^)m JFvaneaîsMA*
Uuuùrtiiil u cuiiibatUe 1<î6 ilollaiidais , couunt- ijliirs de i Angleterre. En 16*7 5 et 1676, VivoDui^ -et JJuc|Htî&ne tinrent m éch^c^^ diin^^la jy^diterraBée;^ 1a ilqu« des
BoJlfliwiw^ owimviAée par limnivnl .Siijpm;, Le dér^
mer périt tu/km dans |in dos sangianis -eambM qui fMi^^ût livici» dans l^^â parages de U Sicile , en vue de r£tna| et dans le([uel les .Hollandais perdirent douze vaisseau^f sif, (falères, saf^ imlia>]ianm#l( al< A<fA cents pièm da ismQU. Pandaot m temps , I0 mm^ d'£s* tuées brûlait qu^^r^^ vaisseaux hollandaii» dajas le port de Tabago.
£n et 169^ , ia Fd^ai^^ iiwttk à il'Angl^ai» e un gland mviilMe 4a comb^fts sur m^r peur sau^^ir le mlaiBques; wH^e auttas, la liiatMlle4a JS^wenèies, qui
fia gagnée par ïourvilie, .pu hait c^ue le ùiunMX dé-» sastre de la iiogue (1692), qjui eiilraîna la ruine de la marine Iran^se , fut» f^nt^l; 1# j?ésWMt^ la j)Fésomp* liffn Louis JU.V qiUi d«fi iw<»^«ytlM»tliin. d^nayi ai?«ii«a8 mv^alas. La «01, afeaatu par^^a fouf ^ ne 9m^f^
fU^s séi ieusen^iîiU à redevt^wii 1 arbiure d^s Jiiers, t t à faire de la France la puissance maritime prépondérante en Europe.
SU Von UM iàè^ 4^ la fffm
iSa aiSTOIEB DBS TBMPS MOAXBIIBS.
Louis XiV avait acquise sur mer quelques années avant ce désastre , et du respect qu'il avait su inspirer à TEurope entière, il suffira de lire une ordonnance
relative à la marine, qu'il rendit en i68y, au moment où il rompait avec l Augleterre. Sous Chyles II et Jacques II, les saluts de pavillon à pavillon se trai* taient i lamiable. Mais il n'en fut plus' de même après Texpulsion des Stuarts.
Voici quelques articles de cette ordonnance (i) : n Défend Sa Majesté aux commandants et aux capi« taines de ses vaisseaux, et autres de ses bâtiments aiv mes en guerre, de saluer aucune place maritime ou forteresse étrangère, qu*ils ne soient assurés que le salut l(ur sera rendu, conformément à ce qui est prescrit ci-dessus (2).
" Lorsque les vaisseaux de Sa Majesté, portant pa* villon , rencontreront ceux des autres rois portant des pavillons égaux aux leurs, ils se feront saluer les j)i t iniers, en quelques mers et cotes que se fasse la rencontre.
« Gomme anssi dans les rencontres de vaisseau à vaisseau, ceux de Sa Majesté se feront saluer les pre*
niiers par les autres, et les y contraindront par la force, s'ils en faisoient dillicuite.
Les vaisseaux des moindres Etats portant pavillon amiral, rencontrant celui de France, plieront leur pavillon et salueront de vingt et un coups de canon ; et ensuite celui de France ayant rendu le salut seulement de treize, les autres remettront leur pavillon. >*
Nous devons entrer enfin dans quelques détails sur les règlements et la discipline des armées de mer. La charge de grand maître, chef et surintendant général de la navigation et commerce de France, fut suppri-
(1) Ordonnaoce pour la marine « 16S9.
(2) Cest-i-dire, coaformément à ua règlement fut pour la marine ftiQçûie seulement, et que les étrangers dmimit ignorer.
mëe à la mort da duc de Bcttufort, en 1669. On rétablit les grades d*aminiux, eontre^miiraux, Tiee-ami^ raux. Les autres grades furent k peu près tels qu ils
existent encore de nos jours. On délimita avec précision le rang et les honneurs de chacun, il j avait : Des chefs d'esc^re;
Des capitaines de Taisseau , de frégate et de bâti*
ments de moindre importance; Des majors et aides-majors;
Des lieutenants pour toutes les espèces de vaisseaux ; Des ensdgnes*
Afin d'avoir des officiers expérimentés, on créa, en
1682, une écaie de marine. On n'y admettait généralement que des gentilshommes^ quelquefois cependant on y recevait aussi des jeunes gens appartenant aux iàmilles de la bourgeoisie, mais qui avaient asseft de fortune pour tenir un rang (i). Cette école fut répartie dans trois ports : à Toulon , à Kochefort et à Brest. £Ue était très-bien organisée. On enseignait aux élèves la théorie et les applications; et le programme des études était fort étendu.
Voici enfin quelques articles du règlement de discipline, qui était en vigueur sur les vaisseaux :
Les exercices religieux , la messe ^ le catéehisme^ étaient réglés et ordonnés*
Le conseil de guerre assemblé pour juger les crimes, était composé de l'amiral, du vice-amiral, des lieutenants généraux, de i intendant, des chefs d'escadre: les capitaines et les autres officiers n'y assistaient que krsqu*on les y appelait.
Les déserteurs étaient condamnés aux galères perpétuelles. Les cas de duel étaient renvoyés an parlement dans le ressort duquel se trouvait le port où le ànA avait eu lieu.
(i) Oo les appelait les Hieus,
Iii 96 boDM ce JUMift avipo» à dire mit roi|[aiiiv> sMkm de la JnATina 4iti«Al la^toeonde maîtiié'du rtgM de Kiotm XJtV* Lt fgtoîni do tQNH k him qui fiit Ait
appartient en grande fiartk a Louvois.
II nous reate à ckw oeC asile ouvert aux vétëraos de l'armée mutilés dans U gueciv* La iooda* ûm de Xiiolol dov Invsilîfifli mt» un ui» de gWre étemelle pour Louis XIV et pow liemou» Il est œ-^
pendant juste de dire que deja Golbert avait conçu le p^jet de cett^ in^titutian. Pour entrer ajux invalides ^ il fallait avoir dix ans de service, ou étse^itropié*
Y-oyom mftifitenaiit quel iiaage Louis XIV fil dm
n^ources ci^eées par Colbert , de cette armée, de cetAe mmB^ jforfludable, organisées par Lanvois*
NoNls d^riAeraM fe «àgne de « pnooe tm yiaâre ptfnnéee qerncapaMbuit aux ^Quetsegmidef guerves .die
Fiaodre, de Hollande, d^AUôoiagiie et d'Ë^agne.
$ YL GusRRSs PB Flandre st db Hollande.
I. Guerre de Flandre (lôôy-iiâT^). ^ piefluàm IplKWe «do Xmm XIV eut pour jrésiikat le déoMnip
brement d'une province de la roonavchie espagnole , la Flandre; la seconde eut pour résultat le démembrement d'une seconde pr^vinee de oette ui<^ QjNrohîe, lia FmuelieFH^kmté ; dMS ]a^4r0MÎàne« la FcRBce, attaquée par>f»ul» FHlurope, est pat!l«MMt
toi'ieuse et gai de ses roiiquetes, la quatrième plaça un
prince iVanç^, piiUA^Uls diî Louis XiV^ 6ur ie irose ' d'Ëspagne.
Twt le tèffm iMds XiV ^ast là. Il s agissaît de déffiemWer d'abord , puis d*«lisoi^r eette puissanee que fiicbelieu avait déjà abaissée. 11 s agissait ensuite^ pour la France, de succéder à la prépoodérwcâ didia maison d'Espagne en Europe.
Le but de la France ^ sous Lmiw XXV^ devaU. ^tr^
jndU, «ton #1 nMiii^a^ |Miw Va&it>rif##fii«m de la HoUm<19, qui elail mmî fomucbbk sur mer qu^
l'Espagne l avait éié sur tcj le, A ces deux condition» lai^ment, ia Fmnce pouvait devenir une puissance fgipondév^me en E«irop#. Or ^ k pemier iMi^t fêtait
des armées y mais pas encore de joarine. Ce fui donc l'Espagne qu'on attaqua d'abord.
Bbilippe iV tiMkt iuort en i6âi; il avait eu dei ^ p^mièiw Smiifte> Elisabeth de France^riofiiPl;e JMuri^^ ïkéwse, niiuri«e à Loui^ XIV ; et de Mccmd m»»
rioge avec Marie-An il c d Autriche, uu fils encore enfant, Charles IL Louis XIV profita de l'épuisement de l'£spil(^e pour â^v^r des préie^lions sur plusieurs piirtika àe çeit0 mpmTobifik 11 rmndiquft le duché Bvabant, k seigneovie de Malines, la Gueldre supé*^ rieure, iNanua, Liinhourg, le Hainaut, l'Artois, le CambkFesis^ le /oLucké de Luxembourg, la Franche-^ Govité #t vme pai^ de k Flandre. 11 alléguait, à Tap* pni deaes vëaknations^ k loi cii^ik Pnys-^fias» prétendant que sa femm«, fille ainée du défunt, devait succéder de préférence au fils cadet. Cette loi, connue &8tts k |iOJ»i de droit de dévoluUm^ n avait été apphfOM jua^u^rlà qu a de simples panMîulkr&. I^ouk.XiV péiMdit k détourner de son applkatîo» oivik, pow lui daaner une application politique. On objectait à Louis XIV que sa lémme, Marie-Thérèse, avait reuancé, ea «Q»tant j^m k irc^ue de France» è loute préteuûom de aueoédar au iMeye d'Espagne, ou d*bériier d'une partie de cette monarchie ; mais Louis XIV répondit que la renonciation de Marie-Thérèse était subordonnée au payement de aa dot, et que» ce pa^remeut aajaat pas .eu lieiUi k fenoockliQH deireviait «laUe'dA
« Le roi, comptant encore plu5 ^ur ^es foii;<î^ que
l36 HISTOIRE HBS tbmm momrnbs.
sur ses raisons , marcha en Flandre à des conquêtes assurées (1667) . Il étaità la tétede trente-cinq mille hommes runaulre corps de huit mille fut envoyé vers Dunkerque ; un de quatre mille vers Luxembourg. Turenne était, sous lui^ le g^énéral de cetie armée. Colbert avait multiplié les ressources de l'État pour fournir à ces dépenses. Louvois , nouveau ministre de la guerre , avait fait des préparatifs immenses pour la campagne. Des magasins de toute espèce étaient distribués sur la frontière. 11 introduisit le premier cette méthode avantageuse j que la faiblesse du gouvernement avait jusqu'alors rendue impraticable , de faire subsister les armées par magasins. Quelque siège que le roi voulût faire, de quelque coté qu'il tournât ses armes, les se* cours en tout genre étaient prêts, les logements des troupes marqués^ leurs marches réglées. La discipline, rendue plus sévère de jour en jour par Taustérité inflexible du ministre, enchaînait tous les ofiiciers à leur devoir. La présence d*un jeune roi, l'idole de son armée, leur rendait la dureté de ce devoir aisée et chère. Le gimde militaire commença dès lors à être un droit beaucoup au-dessus de celui de la naissance : les services, et non les aïeux, furent comptés, ce qui ne s'était guère vu encore. Par là, lofiicier de la plus mé* diocre naissance fut encouragé , sans que ceux de la plus haute eussent à se plaindre. L'infanterie , sur qui tombait tout le poids de la guerre depuis l inutilité reconnue des lances, partagea les récompenses dont la cavalerie était en possession. Des manières nouvelles dans le gouvernement inspiraient un nouveau courage (i).»
* Les frontières de la Flandre espagnole étaient presque sans fortifications et sans garnisons. Louis XIV n'eut qu a se présenter pour vaincre* La conquête de Charleroi, de Saint-Vinox , Ath , Ck>urtrai| Douai, Ou*
(l) Voltaire, Siècle de Louis XIV.
demràe^ lille, Armeiidères, fut l'ouTrage de deux mois. Les Espagnols n*aTaient à opposer à Tamise
française que huit mille hommes, qui iurent tailles en pièces par le marquis de Créqui.
Louis XIV aurait pu^ en une seule campagne, se rendre maître des Pays-Bas, s'il avait eu assez de trou* pes pour garder les places qui lui ouTraient les portes de cette province. Louvois lui conseilla de mettre des garnisons dans les villes prises^ et de les iortitier. Vauban, l'un de ces hommes de génie qui parurent en si grand nombre dans ce siècle comme pour contribuer à la grandeur de Louis XIV , fut chargé de ce soin, et il s en acquitta suivant une méthode nouvelle, qui a servi pendant longtemps de règle à tous les bons ingénieurs.
Après d'aussi brillants succès , Louis XIV revint k
Paris, pour j(juir de sa gloire et des applaudissements du peuple. Au commencement de l'année suivante , le
S rince de Condé pénëtm en Franche-Comté à la téte e vingt mille hommes. Les Francs-Comtois étaient très-attachés à la maison d'Espagne , ou plutôt à leurs franchises et à leurs privilèges, que cette maison avait toujours respectés. Mais l Ëspagne ne s attendait pas à une attaque de ce côté. On n'avait pas Êiit les moindres préparatifs de résistance. D'ailleurs les aiutorités du pays étaient achetées d'avance. Tout fut fini en dixsept jours. Besancon, Salins, Dole, se soumirent et reçurent garnison française. Le roi d'Espagne, étonné et indigné du peu de résistance i écriyit au gouver* neur : « Que le roi de France aurait dù envoyer ses la<- « quais prendre possession de ce pays , au lieu d'y al- «c 1er en personne. »
La Flandre française avait été prise en trois mois, ia Franche-Comté en trois semaines. Ces succès rapi-» des réconcilièrent l'Espagne et la Hollande, si longtemps ennemies. Les Suisses, voisins des Francs*
HisTQiw «M :mmi iMMiirBs.
Liis iloUaudais s uiûi eut les premiers avec 1 AngWterife et la Suède ^ et formèreui la triple.aUmnc^ dj^û&é^ Jt êxrêUff les progxèft de JLoim %XV.
Mimi Ira vit trim .Étoi» proiortaM s'tnMr powr défendre il'Eapa g ne cndholiqu^ contM bâPrfuiee oatbo^ lique (i) , >i(t^t les rôles étaient changés depuis la.
Sufirre de Xrwte anA. JUquîs %.LY 6it obiigé ^ lotnkr* 1 ïfiroposa lui-iroéfiie Ja «aftau Deê coQfiéimcQs ftmnt otmsistfMi.ii AÂXria^GbafiAUe^ ^ila pais iut; ooml^e pur V^mreroifte tde ivan J3eoning , éehevin d'Ainst^rdawu homs XIV se contenta «ie la J'IjUMk^ £rsinçaiâe #6»ditiajtir^«fai»-Gomté (i668).
2. Guerre de Hollande ( 1672-1678 j* P<QIU- 4la«t Us 'négo'eiftiions •qui ammèpant la paiic d*Aix- Id-Cliijpelle, JLouis XI V avait été clioqué de voir la Hglla^d^, qui devait en ^miide païUe son existence à la f fance, s interpo^ar ^nAieM^ TE^pagne. JLa
tépublique , avait achevé de Tintter. Cet échewi d'ÀmatenlaJai, tout fier de son rôle de médiateur enii^ i^i ;deiix plus grai»d«0 piM3^oe« de IiEupcf)», ^éuà% pitt à bumilior k>.T{M.et s^aninûlr^. « Ne voxïs Sen» « liOHê fiaa.à W parotf du vniP» lui anaîjt diit M« Lionne, dans une conférence. «J'ignore, répondit-U,, « ce que veut le 101, je considère ce qu i! peut. >» Aiaptsi^ un fh«tii(i^j# 4tune vii4e de Itailiiiide «iUiit..v^nu.aigRÎ* ficr/tH4rai» au mlif^iâ dii Mule m gbir^iy^quil nimt pus plus Wm. Des «aédaiUes ^utri^geames avaient «élâ
frappées. On prétendait qwe iéchevin d'Anisteixlani. s euit fait représenter avec un soleil , et loeue devise :
« /«r f!PPm§ptiiimfm^M0itilé s0il(^. #iEiiftti| linadkwRt des
(0 Mitheîet, Précis tlliistoire de France, p. 21^. (>) Micîicict , thid-, p. 224* «— IiOiiii XIV, oa le sait, avait dioisi le •oieti paur âoa emttAtiae.
«Mtum 4e HailBmde , qui ne mimnffmem guère
liouiâ XIV dans leurs invectives joui imiières , avait paru à ce prince uu attentat contre sa (iig|ii(é persoor
nelle et la m»jmé 4^ f^oi^ramie» U r^^cJui 4« «e WDger, al il Aieiinploya h jpfw qu'i préparer vue l^erve imwelle*
Xt' occasion puiaissait favorable. La Hollande domi^ naît sm mer, mais eULe était vulnérable &ur ter4r^. Au* «■Mt ses étaienl; oombromNNt et formidables »
4mtinit sea «MiéeA ffe^em ét^pt^oial 4Ucipliiiée«i et
mal leoues. Les officiers, les comiuandants luéme de^ places fortes, étaient des iioniines incapables qui de-
Ygifint leurs placi^os à la pratecti<^Q. p^usionowe Jean de Witt avait voulu remédieyr i c^i abw^ wis îl M l'ai^ pas wwbè mwec m» d;4mfgi^ Ce (mli plus
tard la c^iuse de i>a ruiiic.
Le premier soin de Louis XIV fut de dissaudre la liîple Ailiauoe, de osiettre ïfyjè^leteTve et Ut Sijiéde daas âe^ iÎAlénâiA. Xk m \m fut psis difficile de gagner ClHudes II. Ce prînoe m s*occupaât que de ses plai* sirs ; et, dans l espoii d obtenir de la France Targeut ^ue lui refusait la parcimonie du park^ctni; apglais, il se laissa disposer inâ^siUi^meut à abandonner T^liiaDûe de la H^U^ode pow celle de I^Quis jUV.
« Uneprince^ise de vingt-six ausfotle plénipotentiaire qui devait consommer ce traité avec le roi Gliarles. On pràpuurpsélejî4iedu.jpij^gede Mai^Mxm i^i^Aj9i^let^ii:ie un «wi»ga qm iA toi Tg«dut faire dap» «e» eonquéte» DouMileA Ters ;D«iik.evqu« et litteu La pompe et b
fraudeur de$ anciens roi$ de TAsie n'approchaient pas l'éclat de ce voyage. Trente mille boxniaes précédè-
nnt OM. aumrwi .mirt^be 4m:Qii les wa di^iué^ i Miifo>car.kis gurpî^ow dw pay» «wqiwb les mtres.è 4nmilier Unifications, quelquesMios à aplamr le»
chemins. Le roi menait avec lui la reine sa femme, toutes les princesses et le$ jpbA^ J^i^lll^^AWii^rd)^
l4o HISTOIRE DES TEMPS MODERNES.
cour. Madame brillait au milieu d'elles, etgoihait dam
le fond de son cœur le plaisir et la gloire de tout cet appareil qui couvrait son vojage. Ce fut une féte con* tinuelle depuis Saint-Germain jusqu^à Lille*
« Le roi , qui voulait gagner les cœurs de ses non* veaux sujets et éblouir ses voisins, répandait partout ses libéralités avec profusion ; Tor et les pierreiies étaient
f)rociigués à quiconque avait ie moindre prétexte pour ui parler. La princesse Henriette s'embarqua à Calais pour voir son frère, qui s'était avancé jusqu a Cantorbéry. Charles, séduit par son amitié pour sa sœur et par l'argent de la France, signa tout ce que Louis XIV voulait, et prépara la ruine de la Hollande au milieu des plaisirs et des fêtes (i). » . .
Un traité d*alliance entre la France et TAngletem fut signe à Douvres. Charles 11 promit de fournir pour la guerre de terre un corps de six mille iiommes, et pour la guerre maritime une flotte de cinquante vab* seaux qui se joindraient à la flotte française. Le due d'York devait commander les flottes réunies. Louis XIV s'engageait, de son côté, à payer tous les ans trois millions à Charles 11^ et à lui abandonner quelques iles de la Hollande pour sa part de la conquête.
Lalliance avec la Suède fut conclue plus facilement encore. Cette puissance ne s'était armée contre Louis XIV que par suite des menaces de l'Angleterre et de la Hollande. Enfin on négocia des traités avec l archevé» que de Cologne, Maximilien de Bavière, levéque de Munster, et plusieurs autres princes de TEmpire.
Les Hollandais voyaient de loin le danger qui les menaçait, sans pouvoir le conjurer. Les états généraux consternés écrivirent au roi, lui demandant humblement si les grands préparatifs quil faisait étaient en effet destinés contre eux | ses anciens et fidèles al*-
(i) Yollaire, Siède de Louis XrV,
LIVR£ III. CHAPXT&£ I.
liés ; en quoi ib Taraient offensé ; quelle réparation il
exigeait. Louis Xl\ répondit qu'il ferait de ses troupes l'usage que demanderait sa dignité, dont il ne devait compte à personne.
L armée du roi, forte de cent dix mille hommes, s*ébranla de la Flandre vers la Hollande, au printemps de Tan 1672. « Ce fut, dit Temple, un coup de foudre dans un ciel serein. » Le jeune Guillaume d^Orange, âgé de vingt-deux ans, ne put résister, avec sa petite armée , aux forces de Louis XIV. Les Français , divisés en trois corps, laissèrent derrière eux ftîaestricht, sans 6 amuser à le prendre, passèrent le Rhin à Tolhuis, et s'emparèrent de la Gueidre, d'Utrecht, d'Over- Yssel et d une partie de la Hollande. Ils pénétrèrent jusqu'à Muyden, à quatre lieues d'Amsterdam. La consternation régnait dans cette ville, et il eût suffi d'un peu de promptitude pour la prendre. Les Êiinilles les plus riches se préparaient déjà à fuir aux extrémités du monde, et à s embarquer pour Batavia. On fit le dénombrement de tous les vaisseaux qui étaient dans les ports ^ et l'on trouva qu'ils pouvaient servir à transporter aux ludes cinquante mille familles.
Pour comble de malheur, les deux factions qui dé* chiraient la Hollande s'imputaient réciproquemerit les malheurs de la patrie. Les partisans du prince d Orange éclatèrent en murmures contre Jean de Witt, et l'accusèrent d'avoir livré la république sans défense à lennemi. Ils demandaient à grands cris le rétablissement dn stathoudérat. Mais Jean de Witt craignait encore plus rélévation du prince d'Orange que les conquêtes du roi de France. 11 détermina les états à envoyer des ambassadeurs à Louis XIV pour demander la paix. Quatre députés Tinrent au camp du roi implorer sa clémence. Ils furent reçus avec hauteur. Louis XÎV déclara qu U leur accordait la paix , à condition que
HISTOIRE DESr TÈM^ MODfillNKS.
lès états lui cëdàsient totil ce qti'ils possédaient au delà du Rhin; qu'on lui payât vingt Huilions^ que les Frânçais fussent les ttiaiîites de tou^ lès grttdds ch^ mins de la Hollande par terre et psrr éM , sâns aVdhi' de droits à payer; que la religion catholique fût partout rétahUe; que la république lui envoyât tous le^ atïs une ambassade extraordinaire, avec une médaille^ d'or sur laquelle il fàt gtauré qti'ils tenaient léat UbMlé de Louis XlV.
Cette réponse arrogante rendit l'énergie aux vaincus. Le peuple se jeta furieux sur les de Witt, auxquels il attribuait les malheurs présents; ils furent mis etipiè^ ces. Toutes les forces de la république fbrent cobOfh^ aru jeune Guillautliii d'Orange, quon prùeUuna stsit* houder.
t» Ce général de vingt-deu^ ans , qui , pour son coup d essai) entreprit, presrpie saus^ atmëe, faire tête au plus grand' roi de la tferre, aftait, datiâr
un corps faible et comme mdurafnt, la froîdte et éhït^
ohstination de son aïeul le Tacittirne, fadversaife de Philippe IL C était un homme de bronze , étrange à
tout sentiment de nature et d^humanité. Élevé |iar 1m de Witt , il lit leur ruine; Stuart par sa mère^ d retk^
veisd les Stuarts; gendre de Jacques II, il le détrôna j et cette Angleterre qu'il avait prise aux siens, il la laissa à ceux qu'il haïssait, aux princes de la maison de Ha** novre. Il n*eut quune passion, mris atroee : la haîM de la France : on assure qu'àfa paix dêfWttiègue, qaantj
il essaya de surprendre Luxembourg, il avait déjà con* naissance du traité; mais il avait encore soit du sang firançais. Il n'y gagna pas plus qu a l'ordinaire. Chose remarquable, ce grand et imirépide général fit presque toujours la guerre à reculons; mais ses retraites admi^ rables valaient des victoires (i). »
(t) Midieleti Précis de TAistoire de France, p. 228.
Pour défendre la Hollande , Gtliliouiiie d'Oratige fit porter \m digiMft' iqfui retumieM le» eaux de la imr^
fut inondé. Amt^tet^iam parât ^rs comme une vastfe Iwtenesse au înilieu des eaux* L'amiral Kuyter, aprè& avoir vaincu dans un combat sanglant les notte^ réll** âWS de France et d'At^^eomre ^ vint ranger V4ùs* dë giiët*re dMs la> plttim inetidée d*AnisieMi*nAr»
Puis il fit entrer la flotte marchande des Indes dans le Texel, dëft»ndant ainsi d'une main 5a patrie , pendant ^'it l'enriehiiisait de Fautre.
Toimibi», l'attnée fraiwcaîMiecAMltiuttità ae mafaité*» mr M emire dis la^répiiMI^ , m OniNnutne d'Orange «tait sueeombé, mal*^rë ses talents et sa ptodigieuse activité , si 1 ennemi n était venu à son secours par ses ÊMites. t)enx atis a¥ai«at été ouverts sur 1» dondfiHte à trait dtttrs le pays conquis : Goadé mutait que lotidë^ «itnit«lftt lës* places fov«ës, Tpttw ne pm afftiblîr ] ar-
iWéepar des cfamisons ; Loavois émit un avis contraire qtti prévalut. Par là, les opéi^tions de k guerre furent râlemi^fr^ et les Hollai^dah eurent le t)tmff& de sé re^ MttAtttire. Pèndiffit que Ldut» Xl^V mlbaviialt à l^tariâ
potir jonir de sa gloire, et pour ëlërer des monuments destinés à perpétuer le souvenir de ses conquêtes, GulU klunie d Oiange armait contre la France, 1 Ë&pagne et f Atttri<ehe. il détacha- TAngleiMre de Loutt XIV« lu» ^lioni^tiv anglais ftit<A Ghitrlie»lrd6MMiSr'd*dtl«l'ittK» trumcni mercenaire cîe la grandeur de la France, Les princes catholiques voisins de la Hollande, l'évéque de Munsffer, lelecteur de GoiogM, puia le firwdeboufg'^
DaFtietuatk, TËtiipire^ IfiuM^ «ihMm^ se dëdbifà» MM cenwift' la Pf«Ace (1674);
Louis XIV tint tête à tous ses ennemis. Il fournit à la foi» une armée de vingt-trois mille hommes à Tu' renne, c^cmtne lta Impériaux; UAe de quinrmte'mitle k Gomié, eùuttiê le frintt d'Ontiig^e ; un G<tt*]^:di iroii^
l44 aiSTOI&B J>ES T£A|P6 MOOBRKES.
pes fut envoyé sur la frontière du lloussillon, pour contenir les Espagnols ; lui*niême marcha pour se rendre maître une seconde fois de la Franche-Comté* Une flotte alla porter la guerre aux Espagnols jusque dans Messine, pendant que lam irai d'Esirëes livrait trois Latailles consécutives à Kuyter.
Ainsi 1 Europe entière était coalisée contre la France ; et non-seulement la France résistait, mais elle était même assez forte pour prendre l'offensive.
Louis Xl\ vint en personne assiéger Besancon. Loiivois avait si bien organisé l'armée, et \ auban était uu si grand maître dans l'art de prendre les villes , que Besançon dut se rendre après un siège de neuf jours* Toute la Franche-Comté fut soumise au bout de six semaines, et depuis elle est restée à la France.
Pendant ce temps, le prince de Condé tenait la cam* pagne contre Guillaume d'Orange. I! n'avait que qua* rante-cinq mille hommes* Les Hollandais étaient soixante mille. Une bataille furieuse fut livrée à Senef, près de Mens (1674)- Elle resta indécise. Trois fois les deux armées avaient recommencé 1 attaque pour dëci«der la victoire* Les deux généraux s'étaient «gnalés par des prodiges de valeur. Condé avait eu trois chevaux tués sous lui, et il voulait tenter un nouveau combat, « 11 parut, dit un officier qui avait assisté à la bataille, qu'il n'y avoit plus que le prince de Condé qui eùl; envie de se battre. » Les deux partis s*attribuèreiit la victoire.
Dans le même temps, Turenne déployait son talent militaire sur les bords du Rhin. «D'abord, dit Voltaire, il fait une marche longue et vive ; passe le Rhin à Phi« lipsbourg; marche toute la nuit à Sintzheim, fofc^ cette ville ; et , en même temps , H attaque et met en fuite Caprara, général de Fempereur, et le vieux duc de Lorraine , Charles IV, ce prince qui passa toute sa vie à perdre ses États et à lever des troupes , et qui
MVHB m. CHAPITRE 1. 145
Tenait de réunir sa petite armée avec une partie de celle de lempereur, Turenne , après lavoir battu , le poursuit et bat encore sa cavalerie à Ladenbourgj'de là il court à un autre général des Impériaux, le prince de Bournonville, qui n attendait que de nouvelles troupes pour s ouvrir le chemin de T Alsace; il prévient la jonction de ces troupes , lattaque et lui fait quitter le champ de bataille.
« L'Empire rassemble contre lui toutes ses forcessoixante et dix mille Allemands sont en Alsace- Bril sach et Philipsbourg étaient bloqués par eux. Turenne n avait plus que vingt mille hommes effectifs , tout au plus. Le prince de Condé lui envoya de Flandre quelque secours de cavalerie. Alors il traverse , par Thann et par Béfort, des montagnes couvertes de neige ; il se trouve tout d'un coup dans la haute Alsace, au milieu des quartiers ennemis , qui le croyaient en repos en Lorraine, et qui pensaient que la campagne était finie. Il bat, à Mulhouse, les quartiers qui résistent; il en fait deux prisonniers. Il marche à Colmar , où lelecteur de Brandebourg, qu'on appelle le grand électeur, alors général des armées de l'Empire, avait son quartier. U arrive dans le temps que ce prince et les autres généraux se mettaient à table; ils n eurent que le temps de s'échapper; la campagne était couverte de fuyards.
ce Turenne, croyant n'avoir rien fait tant qu'il restait quelque chose à faire, attend encore, auprès de Turkheim,une partie de l'infanterie ennemie (5 janvier 1675). L'avantage du poste quil avait choisi rendait sa victoire sure : il défait cette infanterie. Enfin une armée de soixante et dix mille hommes se trouve vaincue et dispersée presque sans grand combat. L'Alsace reste au roi , et les généraux de l'Empire sont obligés de repasser le Rhin.
« Toutes ces actions consécutives , conduites avec
l46 UISTOXEB B£S TEMPS HO0B&N£S.
tant d*ait, si patiemment digérées , exécutées avec tant de promptitude, furent également admirées des Fran^ çais et des ennemis. La gloire de Turenne reçut un nouvel acoroissement , quand on sut que tout ce qu'il avait fait dans cette campagne, il lavait fait malgré la cour^ et malgré les ordres réitérés de Louvois, donnés au nom du roi. Résister à Louvois tout-puissant^ et se charger de 1 événement, malgré les cris de la cour , les ordres de Louis XIV et la haine des ministres , ne fut pas la moindre marque du courage de Turenne, ni le moindre exploit de la campagne (i). V ^
Ces victoires de Turenne n'empêchèrent pas le général impérial Montécuculli, qui s*étaitdéjà illustré par
la défaite des Turcs à lajuumée de Saint-Gotliard, de faire sa jonction avec le prince d'Orange. C était le seul général que 1 empereur jugeât digne d'être apposé à Turenne* Ils passèrent quatre mois à se suivre, à s'observer , à se harceler. Leurs marches savantes ex* citaient Vadmiration des deux armées. Ils opposaient l uu à i autre la patience, la ruse et l'activité. Enfin, iis allaient livrer une bataille générale à Saltzbach , dans le pays de Bade. La veille du jour de la bataiUe (27 juillet 1675), Turenne s'avança près du camp ennemi pour clioisir remplacement d'une batterie, lorsqu'il lut tué d un coup de canon. Le même boulet emporta le bras de Saint-Hilaire , lieutenant générai de ràrtillerie. Son fils fondait en larmes auprès de lui« « Oe « n'est pas moi, lui dit Saint-Hilaiic , c est ce grand « homme qu'il faut pleurer. * Turenne fut regretté par le peuple , pleuré des soldats. Le roi voulut qu U fût enterré à Saint-Denis, comme lavait été dm Guesdia.
La mort de Turenne fut suivie de la retraite de Tarmée française j qui repassa le Klàin. Montécuculli la
(O^ToHaire, Siècle de Louis XIT.
imm us. caâPiTEB i. 147
jioursuivit €n Alsace; et, après le combat d Aitealieiia, il mit le siège devant Haguenan et Saveme. LWmde Cfah besoin dfun ehsf qvà hii rendk la confiance. Le roi ordonna au prince deCondé d'en prendre le commandement, et chargea le maréchal de Liix< nibuurg de soii;lenir en Flandre i bonneur des amies françaises. Le prince de Condé parvint à arrêter les progrès de MontéeuculM. li força ce géRéral à lever le sié^ d*Ha* guenau et de Saverne, et à repasser le Rhin. Ce fut là son dernier exploit. Tourmenté de la goutte, il se retira à Chantilly, se consolant de ses douleurs et de sa retraite dans la conversation des bommes de génie dont la France était alors remplie. Montécuculli se retira du service de Tempereur l'année m^meoii le prince de Conde cessa de commander les armées de France. VthT la retraite du général autrichien^par celle du prince de Gondé et par k mort de Turenne, celte année vit finir la carrière des trois plus grands capitaines qu il y eut alors en Europe.
Louis XiV, quoique privé des talents deXurenne et de Gondé, nVn continua pas moins avec succès la guerre contre TEmpire, TEspagne et la Hollande. Les officiers formés pâr ces deux grands hommes , et Tardeur qui animait les troupes, étaient des gages certains de la victoire. Louis XiV assista en personne à la prise de Gondé, de Bouchain , de Valenciennes et de Cambrai (1676).
Pendant que le roi s'emparait de Valenciennes, puis d'Ypres et de Gand (1678), le duc d Oïlêans, son iVère, assiégeait Saint-Umer. Le prince dOrange s'étant avance pour secourir eette plaee, fut complètement éWfiiit à Mont-*Gaseel (i£ avril) par le prince français, qui était assiste cies maréchaux d llumièreset de Luxembourg. Le maréchal de Créqui ferma au prince Charles Y rentrée de la Lorraine^ quoiqu'il eût soixante niUe GombattaniSy et* qu'il eûl rais sur ses étendards :
l48 HISTOIRB DBS TBMP5 MODBAITBS,
Aut nunc^aut nunquam (ou maintenant, ou jamais.) U le battit en Alsace, près du Kochersberg octo* bre), et s^empara de Fribourg à sa vue ( i4 novembre ). '
Tant de villes prises, tant de victoires remportées en Flandre I en Alsace et en Allemagne , n étaient pas les seuls succès de Louis XIV dans cette guerre célèbre. Le comte de Schomberg et le marécbal de Navailles l)attaieiit les Espagnols dans le Lanipourdan , au pied des Pyrénées. Ainsi la France , attaquée par l'Europe entière, était victorieuse sur toutes ses i'roDtiè> res« Ses armes ii*étaient pas moins heureuses sur mer.
En 1647 , une révolte avait éclaté en Sicile contre TEspagne, au moment même où Naples se soulevait sous JEdazaniello. L'autorité espagnole, ébranlée par cette révolte, le fut de nouveau, vingt-sept ans plus tard , par une insurrection qui éclata à Messine au mois d'août i674.'
Seule entre toutes les villes de la Sicile, Messiîie avait conservé un gouvernement municipal, avec des lor-> mes presque républicaines. Le gouverneur espagnol n'y exerçait d autre autorité que celle de président du senat, et son pouvoir était fort restreint. Don Diégo Soria , alors revêtu de cette charge , affecta de braver ouvertement les privilèges du sénat et du peuple* Aussitôt les habitants de Messine se soulevèrent ét chassèrent les Espagnols. En même temps ils envoyèrent des députés au duc dEstrées, ambassadeur de Louis XIV à ]U)me, pour offrir au roi la possession de Messine et la souveraineté de la Sicile. La cour de France accepta ces offres avec empressement, et Louis XIV tut proclamé roi de Sicile à Messine. Mais bientôt une flotte espagnole vint bloquer leur port, et les habitants de Messme se virent réduits aux dernières eiL^ trémités de la famine,
Louis XIV résolut de secourir les assiégés» D'abord
UVRB III. CHAPITRE I. l4g
il envoya avec quelques frégates le chevalier de Valbelle , qui traversa toute la flotte espagnole, et apporta dans Messine des vivres, des armes et ties soldats (9 février 1675). L année suivante, le duc de Vivonne amena une nouvelle escadre de sept vaisseaux de guerre, battit la flotte ennemie et entra victorieux dans
Messine.
L'Espagne lut alors obligée de recourir aux Hollandais, ses anciens ennemis, pour la défense de la Sicile. Du fond du Zuyderzée , lamiral Ruyter fit voile vers k Méditerranée, et rejoignitia flotte espagnole forte de vingt vaisseaux avec vingt-trois grands vaisseaux de guerre. C'est alors que la France recueillit le fruit de tout ce que Colbert et Louvois avaient fait pour améliorer sa marine. Dans la guerre précédente^ les flottes réunies de France et d'Angleterre n'avaient pu parvenir à l'emporter sur la flotte liolhmdaise, et cette fois les Français seuls vainquirent les Hollandais et les Espagnols réunis. Notre flotte, sortie des ports de Provence, sous leoommandement de Duquesne, digne adversaire de Ruyter, rencontra celle des ennemis entre les îles de Stromboli et de Salini. Après un long combat qui resta indécis , l'amiral français jeta du secours dans Messine. L amiral hollandais ayant reçu des renforts, résolut de surprendre cette ville pour la replacer sous le joug de l'Espagne. Il en fut empêché par la vigilance de Duquesne, qui lui livra une seconde bataille, non loin du mont Etna (12 mars 1676). Elle fut opiniâtre et san-
Elante. Les deux partis s'attribuèrent Fa van ta ge; mais i mort de Ruyter valait pour la France mieux qu'une victoire. Il mourut des suites d une blessure qu il a\ait reçue dans le combat.
' Après la mort de Ruyter, Duquesne livra un troisième combat aux flottes de la Hollande et de l'Espagne, et les détruisit près de Palerme. L'Europe entière fut étonnée qu'en si peu de temps la France fût deve-
l5o HISTOIRE DES TEMPS MODBRAES.
rme 'si pnimm^ mr mer. M«ssme demeuni mm Français, et il ne leur eût pas été dif iicile de conquik ir toute la Sicile. Mais la même licence qui avait perdu les Français de Charles d^Anjou perdît les Français de Lotiis XiV. Les Siciiietos qui les aTttient appelés etaieivt dégoAtés , et chaque jour vojpsit naître de nouvelles conspirations que l'indolence de Vivoiine, gouverneur de Messine, ne savait m prévenir ai réprimer avec assez àe sévérité. Le roi d'Angleterre , qui avait été âM commeTicenient de la g«erre FaHié de la Franoe , naçait déjà de se joindre aux Hollandais. Dès lors les troupes françaises auraient été coiupromises en Sicile. Louis XiV évacua Messine , et abandonna ses anciens alliés aux vengeances des Espagnols (8 avril 1678).
Toutefois hes Français avaient remporté tant de vie* toires en Allemaj^ne, en Alsace et en Hollande, que les allies désiraient la paix. La Suède ayant offert sa médiation , les premières conierenees furent ouvt^Ms à Nimègue. Les Hollandais s'empressèrent de signer hi paix, malgré le prince d'Orange qui voulait continuer la guerre, à quelque prix que ce fût. Les Espagnols, v()yaQtque les Hollandais avaient fait la paix, la reçu* rent aussi, se plaignant de ee qae rËmpina n'avait pas fhit assez d'efforts pour la eause commune* Enfin -tes Allemands, abandonnés de la Hollande et de l'Espace, signèjvnt les derniers.
L'objet le plus important pour Louis XIV avait édé de détacher la Hollande de la grande alliance. Une paix particulière fut si|^né avec elle le 10 aoAt 1678. Louib XIV accorda aux llollarulais des conditions favorables pour leur cotnmerce, et leur rendît la ville de Maestricht. Le prince d'Orange, qui ne pouvait ignorer ia signiitore du traité, attaqua le maréiAial de Lni:eA&* bourg près de Mons, dans l'espérance ^ul-4tre d'anus ner par une victoire une nouvelle rupture j niais attente (ut trompée.
LIVRB III. GHAFiïaE X»
l'ôL
Lomque k Hollande se fet aifist séparée de son al«*
liée, Louis XIV dicta les conditions de la paix, à 1 Espa-
f;ii€ et à 1 Empire. L'Espagne fit sa paix la première septembre 1678). EUe recouvra les vUlesde Charterai, Ath, BÎDch, Oudenarde et Courtrai, qu'elle aratt eédées par la paix d'Aix-la-Chapelle , ainsi que les villes de Linihoiirg et de Gand, conquises parles Français durant la guerre. Mais elle renonça définitivement à la Fmioiie»Comtë, ei elle abandanna en outre plusieurs places des Pays«B«s espagnols, eomme Yalenciennes, Buuchain , Conde, Cambiai, Aire, Saiiit-Omer, Ipics, Maubeuge.
Le traité entre la France et TEaipire ne fut signé fueie 5 (errier 1679. Lo«iis I^IW rendit Philipsbourg et garda Fribourg , qui lui ouvrait TAllemaifiie.
L électeur de Brandebourg et le roi de Danemark restaient seuls en armes, et prétendaient conserveries proviiioM i|a ils avaient enlevées à la âuède, alliée de k Krmee. Limis XiV envoya contre eux deux armées 'eom mandé es par le maréchal de Créqui et le marquis de Joyense.et lesoblisrea de céder. Par le traité de Saint- Germain en Laye, l'électeur rendit aux Suédois tout ce ^'il leur avait ralevé tm, Pomémnle ; le roi de France s'engagea seuktnMiit à ini payer trois cent mille écus , faible dédommagement de Uint de sacrifices. Enfin , le roi de Danemark signa le traité de i onUinel)leau (a septembre 1679) , ot restitua aux Suédois Wisniar^ 111e ée Rogeii «t toales ses autres conguéDes.
J VIL Apogée de la puissance de Louis XI\. — ^
Gu£a&K POUR. UL aUJGCE&SlO^N B'Afir«L£ï£&li£.'
Ckambf^ê de reunwM^-^^Décituniiaimiiu oiergé ( 1 6780 i£88 la paix de Nimègue, Loims XIV était par-
venu au plus haut degré de sa puissance, L'Europe eaûèce s*étaii ooniisée contre lui, et il av^sût résisté| vaincu^
l52 HISTOIRE DES TEMPS MODERNES.
conquis, assuré la suprématie de la France. C'est alors
qu'il se laissa tloiinerle surnom de Grand, qui lui fut déféré solenneDement par l'hôtel de ville de Paris (1680).
Le grand roi régnait non-seulement en France, mais en Europe* £n effet, comme la si bien dit M. Michelety le signe de la royauté, c'est la juridic» • tien. 11 voulut que les puissances étrange t es reconnussent les décisions de ses parlements. Les traites de Westphalie, d' Aix-la-Chapelle et de Mimègue avaient donné à la France un grand nombre de villes et de districts auec leurs dépendances. Louis XIV institua dans les parlements de Metz et de Besançon, et dans le conseil souverain d'Alsace, siégeant à Brisach, des chambres dites de réunipn pour interpréter ces trai* tés et réunir les dépendances des places et des provinces qui avaient été cédées. Ces chambres de réunion établirent en principe que tout ce qui avait dépendu^ dans les temps antérieurs, des pays cédés, devait y être incorporé de nouveau, et par conséquent réuni à hi France. D'après ce principe élastique, elles adjugèrent au roi pluslcui s villes et seigneuries, soit coiniiie iîefs, soit couune dépendances des trois évêchés de Metz, Toul et Verdun , et des provinces d'Alsace, de Flandre et de Franche-Comté* C'est ainsi que Louis XIV s'empara des duchés de Yeldentz et de Deux»Poiits, des principautés de Saarbruck, de Saarwerden et de Monibeiliard, des villes deCourtrai, de Dixmude et de Luxembourg. Une de ces dépendances qu'il réunit à la France n'était rien moins que Strasbourg (i68i). Cette ville, qui dominait le Rhin par le port qu'elle pos» sédail sur ce fleuve, formait alors mie puissante ré* publique. Son arsenal contenait neui cents pièces d artillerie. Louvois nourrissait depuis longtmps le projet de la donner à la France. II l'investit inopinément à kl tête d'une armée de vingt mille hommes, et entra, par capitulation, le 3o septembre 16^1, dans cette place
léVm in. GSÂPITES !•
importante, dont Yauban a fait depuis le boulevard de la France. Les habitants canservèrent leurs privilèges, tant ecclésiastiques que politiques, conformément au traité de Westphalie et aux règlements de Tannée décrétoire. Ainsi Strasbourg continua de former une espèce de république sous Tautorité de la France, et cet état de choses dura jusqu'à la révolution française.
Ces progrès de Louis XIV alarmèrent TEurope. Une alliance générale se forma contre la France. La Suède et la Hollande en donnèrent Texemple. Elles signèrent un traité à la Haye (3o septembre 1681) pour maintenir les traités de Westphalie et de Nimègue. L'empereur, le roi d Espagne, et plusieurs princes de l'Empire, y accédèrent successivement. Mais lepuisement de f£spagne, le découragement de la Hollande, et les craintes que les Turcs inspiraient à lempereur, empêchèrent les alliés de renouveler la guerre. Ils eurent recours aux négociations. Le i5 août 1684, une trêve fut signée à llatisbonne entre la France, TEspagne et r£mpire« £Ue devait durer vingt ans. Il fut décidé que Louis XIV resterait en possession de toutes les villes qu'il avait occupées jus([iiau i^'* août x68i , et qu'il garderait en outre Strasbourg et Kehl , occupés après cette époque. Ces concessions furent arrachées à l'Europe parla crainte qu'inspirait la puissance crois^ santé de Louis XIV. Les troupes de terre organisées par Louvois, disciplinées, payées régulièrement, étaient sans cesse prêtes a entrer en campagne. La Frauce avait plus de soixante mille matelots et plus de cent vaisseaux de guerre, qui faisaient respecter le pavillon français sur toutes les mers. En 168 1, lamiral Duquesne alla châtier les corsaires de Tiipoli qui avaient pillé quelques navires français. En 1682 eti683,le mêmeamiral bombarda la ville d'Alger. L'année suivante , Tourville força ces barbares à implorer le pardon de Louis XIV
tS4 mSTaiRE DES ÏEHPS MODBENES.
à Versailles, à mettre en liberté tous les esclavcfs rfirë*tiens, et à payer un tribut. Bientôt le maréchal d'Ës* trëes soumit à un tribut semblable les Barimvesqmss àe Tunis et de Tripoli.
La république de Gênes fnt enoôre plus abaissée que les Barbaresques. Elle avait vendu de la pondre et des bombes aux Algériens. Menacés par la Jbrance^ les Génois refusèrent d*accorder aucune satisfeotiim « et se jetèrent dans les bras de FEspagne, Aussitôt quatorze grands vaisseaux, vingt galères, dix galioles à l)onil)es et plusieurs frégates, furent envoyés de Toulon contre Gènes, sous la conduite du vieux Du*' quesne. La ville fut bombardée, et quatorze mille soldats débarqués s'avaitoèrent jusqtt'aux porter et brillèrent un faubourg. Il fallut bien alors que Gènes la Superbe sliumiliàt pour échapper à sa ruine. Le roi exigea que le doge et quatre sénateurs vinssent implQirer leur grâce à Versailles, et il voulut que le doge fût en-> suite continué dans sa cbarge, malgré la loi qui lui défendait de quitter Li ville sous peine de déchéance. Les Génois se soumirent à tout ce qu'on exigeait, et le doge Sescaro vint à Versailles faire amende hono* rable (i5 mai id85). Louis XIV l^couta assis et couvert ; niais il le traita avec bonté, Louvoîs, Seignelay et quelques autres ministres lui firent sentir plus de fierté. Aussi le doge disait-il : <^ Le roi ôte à nos cœurs « la liberté par la manière dont il nous reçoit ; mais (c ses ministres nous ta rendent. « Tout le monde sait • que le marquis de Seignelay lui ayani demandé ce qu il trouvait de plus singulier à Versailles , il répondit : « C est de m y voir. »
En même temps que Louis XIV bombardait Alger, Tripoli, Gênes, il achetait Casai, la porte de l'Italie, et il bâtissait Huningue, la porte de la Suisse. Il intervenait dans les affaires intérieures de r£uimre pour faire nommer un éleotear de Pologne. Il rédamait an
BCMB 4o sa b^dkMOBur^ la cUichiease d'Oiiéans, une por* tkn «du PSaktûiat: Toiitès «es démrabes , toutes ses
décisions j étaient soutenues par une armée redoutable et deux cent trente vaiîiseaux de guerre.
« A la même époque, la monarchie atteignait la jim limite centralisation. Les deux obstacles turent mMs : la puissance pontificale et l'opposition protestante. Dès 1673, uii edit avait déclaré tous les évecliés du royaume sujets à la régale. En 1662, une assem» biée de tf^enfee^cinq évoques , dont Bossuet était Tàme, éseida « tfoe le pape n*a autorité que dans les choses spirituelles; que, dans ces choses mêmes, les conciles généraux lui sont supérieurs; et (jue ses décisions ne sont mtaillibles qu après que rÉgUse les a acceptées. » Le pape refusa dès km les bulles à tous les évéques et abbes que le roi nomma; de sorte qu'en 1689 il y eut vingt-neuf diocèses en France dépourvus d évcques. On parlait de faire un patriarche. En 1687, pape ayant voulu abolir le droit d'asile ^ dont les ambassadeurs jouissaient à Bome pour leurs hôtels et leurs quartiers, Louis XIV refusa seul,- l'ambassadeur français entra à Rome à la tète de huii cents hommes, et laaintint son privilège à main armée (i). ^
Réi^cution 4U Inédit de Nantes ( 1 685).— Après avoir vaincu TEurope, établi son indépendance vis^a-vis de la papauté , Louis XI Vue pouvait pas laisser subsister son denuer ennemi. Les calvinistes, depuis la paix d'Alais, aeiûstaient plus en France comme puissance politique; cependant ils étaient en dehors de la Jb'rance par leur wligion, par leurs sentiments, par leurs désirs. La nation les regardait à juste titre comme des étrangers; «elle sentait en son seiii une Hollande, qui se 9C|o<uiasait des succès de lautre, >* et elle désirait- vivement que runité retif;ieuse fût rétabliedans le royaume»
(i) MicUelet, Précia de Thisloire de l^soGe.
Uiymzeo by
l56 HISTOIRE D3&S TEMPS MODBBNES*
La conduite politique des calvinistes avait indisposé la France contre eux. En i683(i), ceux du Dauphînë et du Yivarais s'étaient révoltés pour obtenir la liberté de conscience en entier, La guerre avec r£urope était ' imminente; on pouvait craindre une diversion faite par les calvinistes. Le roi, excité d ailleurs par son confesseur le P. Lachaise, par son ministre Louvois et par madame de Main tenon qu il venait d'épouser, n 'hésita plus; et, le 2a octobre i685, Tédit de Nantes fut révoqué. Sans doute, ce fut une chose terrible pour la France que l'émigration de 200,000 citoyens actifs et laborieux; sans doute, la Hollande, la Prusse, la Suisse et TAngleterre, gagnèrent à nous enlever des officiers habiles, d'intelligents ouvriers; mais il n'est pas moins certain que la France y gagna en unité. Hâtons-nous de dire que les moyens employés pour atteindre ce but furent odieux. Les dragonnades seront éternellement reprochées à Louis XIV qui, il faut le dire pour son excuse , ne sut que la moindre paitie des excès commis par ses missionnaires armés.
Ligue AugsboLirg (i()8();. — Au moment même où Louis XIV s'affaibUsSait par l'expulsion des protestants, les puissances européennes formaient contre lui la ligue d Augsbourg. Son ambition , ses progrès , ses conquêtes en pleine paix, avaient alarmé tous les princes; tous se réunirent contre lui, catholiques et protestants. Le prince Guillaume d'Orange et le pape Innocetit XI , le Danemark et T Autriche , la Suède et la Savoie , la Bavière, la Saxe , le Brandebourg , furent d'accord pour lui résister. Cette ligue, dont le prince d'Orange était le principal auteur, avait pour but le maintien des traités de Westphalie, de Nimègue et de la trêve de Ratisbonne. On reprochait à Louis XIV d'avoir violé ces traités et compromis la paix européenne. On laccusait en outre d'avoir, par ses intelligences avec (t) MémoÎNi de d'Aguamo*
l^lTftB III. CHAFITBS I« l5y
les Turcs, ouvert l'Allemagne à ces barbares, et amené cette eiiroyable invasion dont Vienne ne fut aauYde que par le couragé et le talent du roi de Po« logne, Jean Sobieski. Il ne restait à Louis XIY qu*un seul allié, le roi d*Angleterre Jacques IL Une révolution imprévue renversa ce prince du trône, et GuiU laume dïJrange, son gendre, fut proclamé roi par les Anglais (1688).
3. Guerre pour fa succession d* Angleterre ( i688«- 1698). — « Louis XIV accueillit magnifiquement Jacques II, et prit sa cause en main; il jeta le gant a I Kurope; ii déclara la guerre à l'Angleterre, à la Hollande, il empire, à TËspagne, au pape. Pendant que les calvinistes français fortifiaient les armées de la ligue, une fouled'liommes de toutes nations vinrent prendre parti . dans les armées de Louis XXV« Il eut des régiments de Hongrois, dlrlandais. Un jour qa*on le complimentait sur les succès de Tarroée française : «Dites plutôt, « répliqua-t-il , l'armée de France. »
« Celte seconde période du règne de Louis XÏV va être remplie par deux guerres de succession : la succession d'Angleterre, la succession d'Espagne. La pre« mîère guerre se termina honorablement pour la France, par le traite de Ilyswiek (1697), cependant le résultat est contre elle : elle reconnaît Guillaume. Dans la seconde, terminée par les traités d'Utrecht et de Bastadt (1714-1716), elle éprouve les plus humiliants revers, et le résultat lui est iavorable. L*Espagrie, assuK e à un petit-fils de Louis XIV, est désorniais ouverte à l'iniluence française. L'Angleterre, TEspa* gne, gagnent à cette double révolution. Lere de la fiberte anglaise est l'avènement de Guillaume (1688); depuis celui de Philippe V (1701), la population, décroissante en Espagne, y a toujours augiuenté.
« Ajoutez à ces résultats lelevation de deux États secondaires désormais indispensable à 1 équilibre eu-
ropéen : la Prusse et le Piémont, quon peut définir, la résistance allemande et la résistance italienne. La Prusse, allemande et slave à la fois , agglomère {)eU'à peul'AlleKiagiiie du Nord, eicoatre-balaftce TAutriche* Le royauine àe SêfffA^Vi&Baiont gardera les Alpes «t les fermera j italien contre la France, français contre l'Italie. '
« On a besoin de marquer d'avance ces beaux et mHeis résultats pcmr se consoler de tant de revers de la France qui restent à araooffiter ( i ). »
Louis XIV ne commença pas la guerre après lavénenient de Guillaume d'Orange au trône d'Augleteire, «omme on pourrait le conclure du passage que nous venons de citen U la «ommença auparavant par «me . invasion dans TEmpire. Dans un manifeste publié le a4 septembre 1688, il se plaignit de la conclusion de la ligue dAuçsbourg, qui indiquait, disait-il, cbes ses ennemis, Hntention manifeste de lattaquer, skAt qu'ils jugeraient l'oocasioii favorable. Il se trouvait forcé de les prévenir. Mais ce n'était pas là le vrai motif de Louis XIV : il espérait, par son invasion dans l'Empire, empêcher le stathouder de lioUande de passer en Angleterre pour j détrôner son beau-pàrê, Jacques II n'avait pas imite les tergiversations hypo* crites de i^liarles II , son frère. G'étaiL un homme de cœur, brave , borne, opiniâtre, il se déclara catholique et jésuite, ce qui était lexaote vérité. 11 fit, en un mot, tout ce qu il ùAlait pour tomber, et tomba. Louis XI Y avait pensé que la crainte d*une conflagration géno* raie en Europe effrayerait Guillaume d Orange, et iempècherait de se mêler des atiaires intérieures de TAngleterre. liais en déclarant la guerre à l'Empire, conformément au funeste conseil deLauvois, il ne fit qu'accélérer la chute de son allié. Pendant que toutes
(t) aiîdMist, Mms éê VàsMbf^àê FiMiee^ p.
les forces de France se dirigeaient vers le Rhi?i, Guillaume il Orange tlébarquait en Angleterre, et dëtrènatt htCMptes U, «ans coup jérir.
Toutefois, les commeticeinents de la guerre furent heureux pour la France. L'armée fraiieaise, forte de quatre-vingt mille hommes, ayant à leur tête le dauphin, investit Phiiipsbourg, et s'empara de cette ville après m siège de dii-neuf }ouf*s. HaDheim , Francken- Inarl , Trêves, Spire, Womis, Oppenrheim, se rendirent sans combats. Au bout de deux mois , tout le Paktinat et une partie de la Franconie furent occupés et dévastés par larmée irançaise.
Une nouvelle coalition fut formée à Vienne €on«tre la France (1689). Les alliés étaient l'empereur Léopuld, les états généraux, le nouveau roi (VAn^leterre, le roi d'Espagne. Le duc de Savoie Victor- Amédée, la plupart des États de TEmpire, le roi de Danemark , ne tardèrent pas à entier dans la coalition.
La force réelle de cette coaKtion était dans l'Angleterre et dans la Hollande. Giiillainne d'Orange en était l'âme : c était reDuemi le plus redoutable que la France eârt'à combattre. Pour dissoudre la ligue, il âiliait renverser le nouveau roi d^Angleterre. Louis XIV entre-
piit de rétablir Jacques IL
« Une escadre de treize vaisseaux du premier rang était à la rade de Brest pour le transport. Tons les officiers, les courtisans^ les prêtres même, qui étaient venus trouver Jacques à Saint-Germain, furent défrayés jusqu'à Brest aux dépens du roi de France. Le jésuite Junis, recteur du collège des Ecossais à Paris, était, son secrétaire d^Ëtat. Un ambassadeur (c'était M. d' Avaux) était nommé auprès du roi détrôné, et le suivit avec pompe. Des armes , des munitions de toute es* pèce, furent embarquées sur la flotte. On y porta jusqu'aux meubles les plus vils et jusqu'aux plus recherches. Le roi lui alla dire adieu à Saint-Germaip.
l6o HISTOIRE DES TEMPS MODi<.ai>ÎEâ.
Là, pour dernier présent, il lui donna sa cuirasse, et
lui dit en Tembrassant : « Tout ce que» je peux vous « souhaiter de mieux c'est de ne nous jamais revoir. » A peine le roi Jacques était-il débarqué en Irlande avec cet appareil (i 2 mai* 1689). que vingt-trois autres grands vaisseaux de guerre, sous les ordres de Château-Renaud , et une infinité de navires de transport, le suivent. Cette iiotte ayant mis ea fuite et dispersé la flotte anglaise qui s^opposait à son passage y débarqua heureusement; et, ayant pris dans son retour sept vaisseaux marchands hollandais , revint à Brest, victorieuse de l'Angleterre, et chargée des dépouilles de la Hollande.
« Bientôt après, un troisième secours partit encore de Brest, de Toulon , deRochefort. Les ports d'Irlande et ui mer de la Manche étaient couverts de vaisseaux français.
« Ènfin Tourvillp^ vice-amiral de France, avec soixante-douze grands vaisseaux, rencontra une flotte anglaise et hollandaise d'environ soixante voiles. On se
battit pendant dix heures. Tourville, Château-Renaud, d Esiréejs, ^esmund, signalèrent leur courage et une habileté qui donnèrent à la Fiance un honneur auquel elle n'était pas accoutumée. Les Anglais et les Hollandais, jusqu'alors maîtres de l'Océan, et de qui les [ rancais avaient appris depuis si peu de temps à donner des batailles rangées, furent entièrement vaincus. Dix-sept de leurs vaisseaux brisés et démâtés allèrent échouer et se briser sur les côtes (mars lôpo). Le reste alla se cacher vers la Tamise, ou entre les bancs de la Hollande (juillet 1690). Il n'en coûta pas une seule chaloupe auxFrançais. AiorscequeLouisXIV souhaitait depuis vingt années , et ce qui avait paru si peu vraisemblable, arriva; il eut l'empire de la mer, empire qui fut, à la vérité, <le peu de durée. Les vaisseaux de guerre ennemis se cachaient devant ses
LITAB III. CHÀPITHB I. t6l
flottes. Seignelay, qui osait tout, fit venir les galères de Marseille sur TOcean. Les cotes d'Angleterre virent des galères pour la première fois. On fit, par leur moyen , une descente aisëe k Tinghmouth.
« On brûla dans cette baie plus de trente vaisseauTmarchands. Les armateurs de Saint-Malo et du nou- Teau port de Dunkerque s'enrichissaient, eux et 1 Etat, de prises continuelles* Enfin , pendant près de deux années, on ne connaissait plus sur les mers que les vaisseaux français. . '
« Le roi Jacques ne seconda pas en Irlande ces se- cours de Louis XIY. Il avait avec lui près de six mille Français et quinze mille Irlandais* Les trois quarts de ce royaume se déclaraient en sa faveur. Son concurrent Guillaume était absent; cepi ndarit il ne profita d aucun de ses avantages. Sa fortune ijchoua d'abord devant la petite ville de Londonderri. Il la pressa par un siège opiniâtre, mais mal dirigé, pendant quatre mois. Cette ville ne fut défendue que par un prêtre presbytérien nommé Walker. Ce prédicant s'était mis à la tête de la milice bourgeoise. Il ia menait au prêche et au combat. Il faisait braver aux habitants la famine et la mort« Enfin , le prêtre contraignit le roi de lever le siège (i). »
Peu après Jacques II fut vaincu sur les bords de la Boyne; ce nouvel échec le découragea. II revint en France, laissant son rival gagner en Irlande de nouvelles batailles et s^afFermir sur le trône. Les flottes françaises furent occupées alors à ramener les Français qui avaient inutilement combattu , et les familles irlandaises catholiques qui, étant très-pauvres dans leur patrie, voulurent aller subsister en France des libéralités du roi.
Jacques II désespérait de sa cause, mais ses parti-
(k) Voltaire, Siède de Louis XIY.
l6a U1SÏGIR£ DES TE3IPS MiOiJDUBa?7£S.
sans ^ plus con6ants que lui, ne renoucèrent point k
leur entreprise. Ils occupaient encore plusieurs villes en Irlande, entre autres Linierikj que Guillaume lU assiégea vainement en lôgo. Mais la victoire de KiU Jionnel, <|uil remporta Tannée suivante (da juillet i6g2)j décida du sort de Tlrlande. La forteresse de Liuu'i'lk se l endit, lile euLière se souiuit aux Anglais, et quinze mille Irlandais catholiques s'embarquèrent sur la ilotte française qui les transporta à Brest.
Sataille de Ut Uogue. ^ Cependant Louis XIV^ quoiqu*il eût alors à soutenir les efforts de l'Europe entière conjurée contre lui, ne désespéra pas de la fortune de Jacques il. Il fit une nouvelle tentative qui devait être décisive. Yingt nulle hommes rassem* blés à Cherbourg et à la Hogue devaient opérer une descente en An^eterre. Le comte d'Estrées et Tourville devaient proiéi^er le transport avec soixante-dixneuf vaisseaux de guerre, La partie de la ilotte commandée par d'Estrees se trouvait à Toulon , d où elle devait rejoindre TourviUe sur les câtes de la Bretagne. Mais des vents ci )n traire s empêchèrent d Estrées de sortir de la Méditei ranèe et de joindre Tourvdle. Louis XIV, impatient d'exécuter une entreprise dont il attendait le rétablissement de Jacques II, ordonna à TourviUe de forcer le passage , et de livrer bataiUe à Tennemi, quelles que fussent ses forces. Si lOurvilie avait vaincu, tout le monde aurait exalté Théroïsme de Louis XIV. Mais la disproportion des, forces était trop grande. Tourville attaqoa avec quarante-quatra vaisseaux les flottes réunies de TAngleterre et de la Hollande, qui s'élevaient à plus do quatre-vingts voiles* U soutint le combat pendant tout un jour, et ne quitta que le soir le cbamp de bataille. Quatre de ses vai»* seaux furent brûlés à Cherbourg : lui-nièmef aTec treize autres, se fit échouer dans la baie de la Hogue, Louis XIV| ii^urmé de ce grand desastre , dem^mda
seuleiîieiil si Toiirville était sauv(^; «car pour fies vaisseaux^ ajouta>t-il, on peut en trouver ^ mais un officier comme lui, on ne le troiivérait pas aisément. »
Ce fat le premier échec que la puissance de Louis XIV rerut sur mer. La bataille de la Hot^ue n'eut pas cependant les conséquences funestes qu'on lui attribue. Dès l'année suivante nos pertes étaient réparées. Pontchartrain , qui venait d'être élevé de la première présidence de Bretagne à Femploi de secrétaire d*Etat delà marine, ne la laissa point dépérir. Tour ville Se retrouva bientôt à la téte d'une flotte composée de soixante vaisseaux de li^e,et d'Estrées en commanda trente avec lesquels il tint la mer contre les Anglais*
Le 27 juin 1693, Tourville remporta tine victoire sur le vice-amiral Rook , entre Lagos et Cadix. Les Anglais perdirent quatre vaisseaux de guerre et quatrevingts vaisseaux marchands. De vaillants chefs d«sca-> dre, JeanBart, Dnguay-Troutn , Pointîs et Nesmond, farent pendant longtemps encore la terreur des Anglais et des Holiai niais. Ceux-ci se vengèrent par le bombardement de bain t-Malo (1693), de Dunkerque, de Brest, du Havre, de Dieppe (7694)9 de Calais (1696)* Disons-le len rougissant, la machim infernale qui faillit détruire Saint-Malo avait été inventée par un réfugié français.
Toutefois , la marine française perdit cette confiance qu'elle avait eue jusqu'alors et qui avttit tant contribué à ses TÎctoires. Les partisans de Jac^fnes It agissaient d ailleurs avec si peu d'ensemble, leurs mesures étaient sî naal concertées, qu'on dut renoncer à l'espoir de le replacer sur le trône. Il passa le reste de ses jours à âaâiit*<jettnain où H vécut des bienfints de Louis XIV et dutie pensiez de soixante et dix mille flancs, qu'il eut la faiblesse de recevoir en secret de sa fille Marie qui l'avait détrôné. Il y mourut en ryoo. Son tils ne tenta de remonter sur le <troiie que fNir fme périr
l64 HISTOIRE DES TEMPS MODERNES.
ses partisans par la ntaîn du bourreau. Son petit fils, Lhai les-Edouaî fl , éclioua après une tentative qui avait promis un instant une meilleure issue, et dès lors la maison des Stuarts perdit toute chance de recouvrer un jour le trône de TAngleterre.
C'est une chose rciiKirquable que la i^Hiene continentale ne fut pas ralentie un seul instant par suite de la guerre maritime.
« Le roi, dit Voltaire, en formant ainsi une puissance maritime, telle qu'aucun État n'en a jamais eu Je supérieure, avait à combattre l'empereur et l'Empire, TEspagne, les deux puissances maritimes, rÂn« ' gleterre et la Hollande, devenues toutes deux plus terribles sous un seul chef; la Savoie et presque toute ritalie. Un seul de ses ennemis, tel que l'Anglais et l'Espagnol, avait suffi autrefois pour désoler la France, et tous ensemble ne purent alors lentamer. Louis Xi V eut presque toujours cinq corps d'armée dans le cours de cette guerre, quelquefois six, jamais moins de quatre. Les armées en Allemagne et ea Flandre se montèrent plus d une fois à cent nkiile combattants. Les
E laces frontières ne furent pas cependant dégarnies* e roi avait quatre cent cinquante mille hommes en armes, en comptant les troupes de la marine. L'em« pire turc, si puissant en Europe, en Asie et en Afrique, n'en a jauiais eu autant, et l'empire romain n en eut jamais davantage, et n'eut en aucun temps autant de guerres à soutenir à la fois. Ceux qui blimaient Louis XIV de s'être fait tant d'ennemis , l'admiraient d a\ oir pris tant de mesures pour s'en défendre , et même pour les prévenir (*). »
Incendie du PcUatimU. — La guerre avait commencé sur le Rhin, comme nous l'avons dit plus haut. Le dau<phin, âgé de vingt-sept ans, commandait une armée décent mille honuiies. Au moment du départ, Louis (i) Vollaire, Siflcie de Louis XIY.
UVRB UI. CHAPXTEE I, *
XI\ lui avait dit en présence de ses lieutenants :« Mon « fils, en vous envoyant commander mes a rraëeSy je vous « donne les occasions de taire connaître votre mëriteé « Allez le montrer à toute rEurope, afin que, quand «je viendrai k mourir, on ne s'aperçoive pas que le «roi soit mort. » Il lui écrivait dans ses lettres : « A « mon. fils )e dauphin, mon lieutenant général, com» « mandant mes armées en Allemagne. »
Mous avons énuméré plus haut ( i les villes du Palatinat et de la Franconie qui furent prises et qui recurent ^aniisoii française. En 1689 le roi fut obligé, pour laire face à la coalition qui se formait contre lui, de retirer les garnisons des villes conquises. Un désert iiit mis entre la France et ses ennemis.
Oppenheim, Spire, \V omis, Heidelberg, Mauheim, Ladenbourg, iVanckenthal , et en général tout le Palatioat, une partie de 1 electorat de Trêves, du margraviat de Bade, et d'autres provinces situées sur les Bords du Rhin, furent dévastées et incendiées, (^es atrocités soulevèrent i Europe entière. L'AlIemai^ne tnit aussitôt sur pied trois armées pour repousser les troupes françaises. La première, commandée par le prince de Waldeck^ général des cercles , s unit dans !esPa\ s-T3as aux Hollandciis , aux Rspa^^nols, et à onze lïiille Anglais eomnianiles par Churchill, si célèbre depuis sous le nom de Marlborongh, La seconde, sous les ordres du duc Charles de Lorraine , devait agir sur le haut Rhin, tandis que l'électeur de Brandebourg, Frédéric III, attaquerait rëlectoiat de Cologne.
Le duc de Lorraine, Charles V, qui venait de s'illustrer par ses victoires sur les Turcs et les Hongrois , ))e fut pas moins heureux dans cette lutte contre louis XIV qui Tavait dépouillé de son duché. Il reprit Bonn et Mayence (1689). Le baron d Asfcld périt à la prise de Bonn qu'il avait défendue jusqu à la dernière
Toyez p. iSg.^
l66 BISTGUM MO» WmSRNBS.
MtremûÀ Le marquîti è'IUueSks « iilwtiia f%r la Mke
défense de Mayenoe^ el m M ra»dit que lorsque les ^poudres lui manquèrent,
£n mêaie temps, le phaœ 4e Waldeck remportait sur les bords de la Snnâbre une victoire sur le maréchal d'Hiumères, créattiie de LoiiToifi^ Cet édhiee fit toi t à la réputation militaire de ce général. Le roi lui ôla le commandement et mit à sa place le maréchal de LiAxeittbQurg, malgré son miaifitre qui liaïssait cet officier, conuue il a(?ait haii Turemie. « Je vous promets^ « lui dit>>il , que j'aurai soin que LouTois aille droil. Je « Tohlioerai de sacrifier au bien de mou service la « iiume qu il a pour vous : vous n écrirez qu'à moi; « vos lettres ne passeront point par lui. » Ainsi Luxembourg fut char^ de leniv tête à reimeiiu. en Flandre. C'était m un général d'inspiration et de mouvements soudains, il taisait la guerre en grand seigneur^ souvent surpris , jamais vaincu (i)* »
f^ictoires de iMxembourg et de Catinat, — Tendant que Luxembourg était envoyé en Flandre, Catinat était envoyé en Italie. Le duc de Savoie, Victor-Amédée, voulait servir les alliés, sans se déclarer ouvciEement contre la France. Louas XIV ne lui pero^it pas de jouer ce r61e équivoque* Instruit de ses liaisons avec TAutriche, il lui déclara la guerre, le i3 juin 1690, et Catinat lecut l'ordre d'entrer en Piémont avec uuc armée.
Le duc de Savoie était un guerrier plein de courage etidPaudace , qui s'exposait lui-même comme le dernier de ses soldats. Mais ce n'était pas un général
capable de tenir téte à Catinat. Le général français proiita de ses fautes, et remporta sur lui une brillante victoire à Saluées, non loin de l'abbaye de Staifarde, d où cette bataille a tiré son nom. L année tVanfaise
(i) Miclieieti Précis de Thistoire de Fi ance.