‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 20 sur 89 · LITRE III* CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LITRE III* CHAPITRE II

ment lyrannique. A Texeniple de son père, Charles P*" avait essayé d'établir en Ecosse la liturgie anglicane. Au jour fixé pour la lecture des nouvelles prières (a3 juillet 1637), révêque d'Edimbourg parut en surplis dans la cathédrale pour officier suivant le nouveau formulaire. T n tumulte atlreux e'clata à sa vue. « C'est le pape! c'est l'Antéchrist! » s'écria une femme du peuple. « C'est le pape! c'est l'Antéchrist I répéta la foule en fureur, qu'on le lapide. » Ces crîs, accom* pagnes d'une grêle de pierres, troublèrent la cérémonie, et il fallut l'intervention des magistrats et de la force publique pour disperser le peuple. Mais bientôt l'insurrection devint générale en Ecosse, et quatre comités, composés de la haute noblesse, des gentilshoninies, du clergé presbytérien et des bourgeois, rédigèrent un co^enant par lequel ils s'engageaient à défendre la religion^ les lois et les libertés de l'Ecosse. Des messagers se relevant de village en village portèrent cet acte jusque dans les lieux les plus reculés, et tout le peuple le signa avec enthousiasme. TIne assemblée, tenue à Glascow, abolit solennellement 1 episcopat, et prononça l'excommunication contre tous ceux qui refuseraient d'adhérer au covenant. Les insurgés, commandés par Lesly, reçurent des armes et de l'argent de Richelieu, qui ne prévoyait pas alors les conséquences terribles de ce mouvement populaire. Charles I*^, de son côté, appela aux armes la noblesse d'Angleterre, et marcha en Ecosse à la téte de vingt mille fantassins et SIX mille cavaliers (iSSg). Mais Tarlîiée anglaise refusa de combattre contre ses frères. Le roi fut obligé de la congédier et de conclure un traité avec les rebelles à Berwick. Puis, se flattant de faire renaître l'ancienne animosité entre FÉcosse et 1* Angleterre, il assembla un quatrième parlement (i64o). fl f ut obligé presque aussitôt de le dissoudre, niais les ti*oubles ayant recommencé en Ecosse^ et pris une

A «4 HlSTOm 9X1IPS HOOSMES.

nenveUe gravité^ il fut dblîgé de êe mettre à la disesé^ tion d'un cinquième parlement» Ce int le &mg parle*

ment (novembre 1640).

Cette nouvelle assemblée était avide de vengeaiïces. Lesr députés avaient apporté de voluaûueux. cahiers renfermant des plaiote& innoanbrables contre les taxes illégales, les monopoles et la tjranaie des évêques. Leurs principaux chefs étaient Pym, Hamp» den et Crumwell. Personne ne prévoyait encore que ce dernier serait un jour le dominateur de l Angle^ terre^ Hampdea seul lavait, dit*on, deviné. La cham* bre des loroe était animée des mêmes sentiments*. Sea deux principaux orateurs étaient Bedfuid tt Lssex.

Les communes donnèrent le signal de Tattaque». £iles poursuivicent avec acharnement tous ceusL avaient pris part anxactea illégaux du gouvernemenfi . On les appelait les dMînquoMU. Mais l'homme cpi avait accumulé contre lui le plus de haines^ c'était le comte de Strafford, le grand apostat da la cause du. peupUyqui avait irrité la nation, moins eneore pat ses crimes réels <|ue par Torgueil et la violence son caractère. « Les partis, dit M. de. Chàteaubriaady ont un merveilleux instinct pour découvrir et pour perdre les hommes de taille à les combat ti^e. âtcaÛbrd était le plus grand et le plus redoutable adversoiae de la rér voluiion naissante; il devait en itm la premîire nie» time. » Au moment où il entrait d^uis la chambre des* lords, pour obéir aux ordres formels du roi, une députatiou des communeSyayant pour orateur Pym,viiit l'accuser de haute trahison. Les lords décrétèrent suis le-champ « ^ ne le comte, de Strafford serait nâs eous la g^de de l'huissier de la duunbre, pour y restée jusqu'à ce que les communes eussent produit les charges quelles avaient annoncées^ ^ Straffbcd fut, sur-L^champ, an?èté^ maio il se défendit aiw tamU d éloquence devant eea paiss que lea commnaee csaip

gnirent de voir éduippcr hsaw vicAme. C'ctft alérs

qaau mépris de la constitution anglaise elles s érigèrent eu tribunal pour pronoocer sur une accusation quelles avaient dressée elles-mémeft, et portèrent contre le bill dattêtùuier eu de ptoéenpùgm. La chambre des loids, effrayée de Tagitation m peuple de Londres, ratiiia le bill fatal. Strailord sollicita luimême le roi de signer Tarrét de sa condamnation, et Charles eut la déplorable faiblesse d'y eonsentii?. Le grand délinquant subit M sentence le la. niAi i64iif et^ après sa mort, le trâne resta exfMé jena défense aux attaques des communes.

Bientôt le pankment poursuivit sa victoire, il donna aux.£coasaia le nom de âme, et loua leur entreprise comme tendant à ïkommur Vapmia^, éfe Sm Mê^ jesté. Puis il prit possession dm gouvernement , diri^at remploi des subsides et proclama sa propre indissolubilité* Ainsiy lautorité royale était désarmée* Chaules i""*^ ne conservait plus qu^use ombre de son aaciea pouvoir. Une ofltaâtroplie efiiroyable aehev» aa mine* Omapprit que tons les Anglais établis en Irlande avaient été massacrés au nombre de quarante mille. Les rebelles publièrent quil&avaient pris les armea par ordfe du soi et de k xeiae^ pour défendre kft prérogatifvea de la. couronne^ Gkavlea. I**, poussé à bout pa»* um injurieuse remontrance siu^ Vêiat du royaume y se rendit lui-même à Westminster, pour arrêter cinq membres des communes. Ils avaient pris la fuite à son appro» chei Les uuigpstrwts de, Londres lui vefuaèffent leutf appui pour accotnplîr ee eoup d'État. Ayant échmey il sortit de sa capitale et arbora reLendard rayai à Nottingham (;a4 aûàtuS4i2^ Ce fut le si^al de la gu^e civile.

nombre et renthctisiasme^ il disposait de k grande

niâjuiilé du |)euple;^ de. k capitale, des grandes villes^

Digitizeci

ai6 Hi51UIRE DES TEMPS MODEREES,

de la flotte.' La plupart des nobles embrassèrent le

parti du roi; ils étaient inférieuis en nombre aux troupes parlementaires, mais plus exerces aux armes. Dans les comtés du nord et de i ouest, les royalistes se trouvaient en majorité; mais dans les comtés de Test, du sud-est et du centre, qui étaient les plus riches et les plus peuples de toute l'Angleterre, les partisans de la liberté étaient les plus nombreux. Ces derniers comtés, qui étaient conligus les uns aux autres, formaient comme un boulevard autour de la capitale où siégeait le parlement.

La guerre commença par les combats irjdécîs de Worcester et d'Edge-ilill. Ces deux combats sauvèrent les jparlementaires en leur donnant le temps de s'organiser. Le colonel Cromwell, qui venait de conquérir ce titre par ses exploits, leva dans les comtés de l'est un escadron de mille cavaliers quil soumit à une discipline à la fois religieuse et militaire, et qui opposèrent bientôt ienthousiasme de la religion aux sentiments d'honneur qui animaient les nobles.

' C'est de ce régiment que sortirent dans la suite la plupart des officiers de Tarmée parlementaire. En i643, Cromwell parcourut, à la tète de ces volontaires, les comtés de Cambridge, d'Essex, de jNorfolk et de Suffolk, .et gagna le grade de lieutenant général, en retenant dans l'obéissance Ces provinces qui allaient se déclarer pour le roi. Cependant Charles T' avait reçu un reniurt de trois mille fantassins et quinze cents chevaux que la reine lui amena de Hollande. Se voyant alors à la téte d'une armée nombreuse et pleine d'ardeur, il entreprit le siège de Bristol et s'empara de cette seconde ville du royaume. Puis il investît Glocester. Le parlement ordonna des enrôlements ior* ces, et parvint à rassembler quatorze mille honniiesqai contraignirent le roi à lever le siège. Le comte d'Essez^ qui commandait cette armée remporta, après ce suc-

tàVBM m* CHAPITRB n« ^ty

oèS| une victoire longtemps disputée à Newbury (20 septembre i643). Le parlement s'unit alors avec 1*Écosse par un cognant solennel, qui unissait les intérêts et les croyances des deux peuples. L'abolaion de Tépiscopat fut le principe fondamental de cette union. Une armée de vingt mille Écossais se joignit aux parlementaires, et la guerre continua avec une nouvelle vigueur. Charles I*' crut alors nécessaire de conclure une trêve av(c les Irlandais, pour employer contre les parle aieiUaires une partie des troupes qui avaient combattu dans cette île« Le parlement publia aus* sitôt que le roi n*avait conîbattu les catholiques dlrlande que pour sauver les apparences, mais qu'il songeait en réalité à se servir de leurs bras pour ruiner les protestants d'Angleterre. Cette calomnie semblait confirmée par le langage des rebelles, et peut-être la reine Henriette leur avait-elle secrètement promis son appui pour obtenir le leur. L'enthousiasme du

!>eupie anglais fut ainsi porté au comble. On ferma es théâtres, on interdit les jeux publics et jusqu aux amusements les plus innocents. Plusieurs familles se privèrent volontairement d*un repas ps|r semaine pour en offrir la valeur au parlement.

Cependant l'armée parlementaire, renforcée par Tarrivée. des Écossais, avait mis le siège devant York. Le prince Robert, neveu du roi, accourut au secours de cette place avec vingt mille hommes. A son approche , les généraux parlementaires levèrent le siège et allèrent attendre les royalistes dans la plaine de Marstou-Moor. Le prince Robert accepta le combat malgré les sages avis du marquis de Newcastle. Après une lutte acharnée, il fut obligé de céder devant Tinvinci*' ble obstination des cavaliers de Cromwell, qui reçurent, sur le champ de bataille, le surnom de Côtes de J^er, Ce fut en vain qu'il essaya de rallier les fuyards. Lui-même fut entraîné dans la déroute générale, après

Page 1