LIVAE III, CHAPITRE XI
qui précédèrent ]a mort de Charles P"* et 1 abolition de la royauté. Nous nous trouverons par cela même dans la nécessite de revenir &ur beaucoup de faits dont nous avons déjà parlé; mais on nous pardonnera sans dente ces redites qui auront Tavantage de mieux faire connaître l'homme qui renversa la royauté en Angle* teiJ e et ({ui éleva si haut la puissance de ce pays (i),
Olivier Cromwell naquit (1599) d'une famille nobie^ à Huntingdon. Il fut élevé à l'école de Huntingdon^ envoyé de là au collège de Sidney*Sussex à Cambridge, et suivit ensuite une école de jurisprudence à Londres. A son retour, il quitta tout à coup ses habitudes licencieuses et fréquenta les églises.
11 y avait alors une grande austérité dans les mœurs anglaises, parce que les différents partis religieux y étaient en présence. Les puritains étaient de tous les plus rigides; ils formaient le parti le plus exalté de la secte presbytérienne. A coté du puritanisme s'élevait un esprit de liberté qui annonçait rapproche de la civilisation moderne des Anglais. Cet esprit se manifesta dans les premiers parlements assenibles par Charles P^ Cromwell ht partie du troisième, assemblé en 1628 ; mais il ne s*y distingua poii\t. Oa voit seulement qu'il fit partie d*un comité de religion ^ et dénonça le « plat papisme » des évêques de rfin^ chester et de Winton. Dans Tintervalle des <lou/e ans qui suivirent la convocation de ce parlement, Cromwell ne fournit rien à Tbistoire» Il fut, comme les antres puritains ^ en butte aux persécutions de Lawd^ archevêque de Cantorbéry, et un ordre arbitraire de la cour Tempêcha de s'embarquer pour l'Amérique,
Cependant les idées de liberté seules n'étaient pas assez fortes pour résister au despotisme royal. Il fallait^ pour engager la lutte, que le roi attaquât le puritanisme»
(i) Nous suivront dans cet exposé Thistoire de Ck*omweU pv M. Vil-
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qoï n'admettait aucune autorité dans l'Eglise. L'innovation que Charles P" voulut introduire dans la litur-
Îie, provoqua la résistance de TËeosse et la formation u corenant, espèce de sainte ligue dirigée également èontre le papbme et Tépiscapat. Les coTenantaifes ayant prononcé l'abolition de l'épiscopat, Charles marcha contre eux avec le secours de ses amis, les subsides des évéques et l'argent des catholiques anglais.
Une trère suspendit la guerre ^ et Charles ^ ayant besoin de subsides nouveaux, convoqua un parlement (1640). Il le cassa bientôt, mais les Ecossais s'ëtant avancés jusqua NewoastU, il le convoqua de nouveau. Ce fut 1^ long parlement.
Il y avait dans ce pariiement des hommes qui ne voulaient pas le renversement de la monarchie, mais seulement le redressement des griefs de la nation. Tels étaient Glarendon , Falkland, lord Capei, qui
S lus tard se rangèrent du côté du roi. ])^is il y aviût ans la chambre des communes un autre parti qui avait en horreur toute primauté politique et religieuse, A leur tête était le républicain Sidney. Pym, Henri Vanes, Cromweli, faisaient partie d'une autre fraction de h chambre qui croyait acccomplir une œuvre pieuse en sapant le pouvoir de Charles. C'était parmi eux que se formait la secte naissante des indépendants. ' Cromwell se distinguait par son opposition violente à la cour. Hanipden, son parent, avait dit en le mon«trant à quelques députés : « Ou je me trompe, ou cet « homme, si mal vêtu et si pauvre en apparence, sers « Pun des grands hommes de l' Angletwre. » Lui-raémo rcpéta plusieurs fois ce mot ; « Je sais bien ce (jiie je no <( veux pas; je ne sais pas encore ce que je voudrais* » * Les communes forcèrent le roi de ratilier en mèoie temps deux bills ; par le premier 9 elles condamnaient Slrafford; parle second, elles se constituaient en assemblée permanente. Un soulèvement ayant peu après
Maté 6» Irlande (i64i) 9 le parienent-fié a«i mi une
vive remontrance sur Tëtat du royaume. Gromwell dit que, si elle n avâit pas passé, il aurait quitté 1 Angleterre, et au'il connaissait beaucoup d'honnêtes gens qai étaient aans k même résolution. La chambre s*af» trSboa en même temps la conduite de la guerre d*Ir* lande, demanda des gardes pour elle-même, et ordonna la suppression d'une garde nouvelle que Charles s'était formée.
Charles emtyBL alors de faire arrêter tmq membres des communes. Ayant échoué, il se retira è York, et négocia avec le parlement, qui demanda la nomination à tous les commandements et à toutes les places fsetes. Alors il arbora Tétendard rojal à Nottiogfaam) le a4 >oAt i64^*
L'mnée parlementaire fot commandée par le oomie d'Essex , et Cromw^ell, ayant reçu des communes un brevet de capitaine, leva dans sa province une compagme de cavaliers» Opposant le fanatisme au point d'honneur, il choisit « aes hoonmes qui avaient devant ewji la crainte du Seigneur, et cpii metoiient de k conscience dans leurs actions. » a Depuis lors , dit-il , « nous ne fumes plus battus* »
Ayant' obtenu quelques succès et pris k vaîsselle d'argent que le collège de Cambridge enwyait au roi, il fut désigné colonel par les communes et leva mille cavaliers, d où sortirent dans la suite presque tous les officiels de l armée (i64«^).
Pendant qae la guevre g^a^le se poursuirait sans awntage marqné pour aucun des partis, et qu'une bobtaille indécise se livrait à Edge-Hill, Cromwell parcourut les comtés de Cambridge, d'Essex, de Norfolk et de âufFolk, où lord Capel voulait exciter un mouvement en &veiir du roi dont il avait récemment embrassé le parti. Il étouffii une association royaliste qui se formait dans la ville de Lowershorst, et maintint
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les comtes dans Tobéissance au parlement. Continuant ensuite la guerre de partisans^ il défit un détachement
de rarniee royale, et rejoignit le comte de Manchester et le chevalier Fairfax. Il prit part avec eux à la prise de lincola et au siège de la ville d'YorL Le prince Robert vint au secours de cette place. Il remporta l'avantage sur Manchester ^ Fairfax et le général écos* sais Lesley. Mais Cromwell, qui commandait Taile gauche, enleva la forte position de Marston-Moor| qui donna son nom à la bataille, et remporta la vie- ' toire (i644)*
Après ce succès , qui ruina la cause royale dans le nord, Cromwell se déclara l'ennemi de la noblesse et de la chambre des pairs, et dit à son général que • bientôt lord Manchester ne s'appellerait plus que sir Montague. La déroute d'Ëssex, dans le comté de Gor^ nouaîUes, le rendit encore plus hardi. Pendant Thiver, il vint à Londres avec ses principaux partisans, accusa Manchester devant le parlement d'avoir douté du succès, et excita de la défiance contre les Écossais qui, de concert avec la plus p[rande partie du j^arlement, demandaient quon traitât avec le roi. Les indé-* pendants, au contraire, voulaient le renversement de la monarchie, et ils se déhaient de Manchester et d'Es* sex, qui appartenaient à la haute noblesse et désiraient la paix. Couvrant leurs desseins du prétexte de l'intérêt public, ils imputèrent la longue durée de la guerre à la lenteur intéressée des généraux. Gromw^ell profita de cette disposition des esprits pour préposer aux membres du parlement de « renoncer à eux-mêmes. » Whitelocke et les presbytériens s'opposèrent en vain à sa proposition, en s'appuyant de l'exemple des républiques anciennes, ou les assemblées délibérantes navaient eu d autre moyeu de se prémunir contre le pouvoir militaire que de Texercer. L*acte du renonce-^ mené à sairmême (the self denying ordonnance) fut