‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 24 sur 89 · LIVRE III. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAPITRE II

adopté dans la chambre basse, mais ceUe des lords le

rejeta. Vanes et Crnmwell pro posèrent alors une ordonnance pour la recomposition de l'armée , qui fut votée par la chambre des communes. La chambre des lords fat obligée d y consentir, et d'accepter sous une forme ce qu elle avait refusé sous une autre*

L'armée fut immédiatement réorganisée et confiée au commandement de Fairfax. Cromwell, qui l'avait'* fait choisir, se fit envoyer dans l'ouest avec son régi- * ment , qui se serait révolté si on avait voulu le priver de son chef. jEssex et Manchester renoncèrent à leurs commissions, et 1 urdonnaiice de renonceinent volontaire fut enfin sanctionnée dans la chambre haute, Cromwell devait être écarté par cette loi, mais il reçut Tordre de s avancer sur la route d'Oxford , pour inter* cepter les communications entre le prince Robert et le roi. 11 obtint des succès , et, ayant levé trois mille chevaux, il reçut le rang de lieutenant générai de la cavalerie sous Fairfax* De la sorte il garda le comman-» dément après l'expiration des quarante jours pour lesquels le parlement le lui avait d'abord laissé.

Charles 1% qui venait de sortir d Oxford pour marcher vers le nord, fut défait (i645) à Naseby. Cromwell, qui avait eu la principale part dans cette victoire, fit publier les papiers secrets qux>n trouva dans la cassette du roi. Le parlement continua l'exception feîte en sa faveur à Tordonnance de renonccnieiit , sans époque déterminée^ mais la chambre haute limita s cette prorogation à trois mois. Depuis cette époque ^ il obtint encore trois prorogations successives; ensuite il devint trop puissant pour que personne s avisât d'en parler.

Après la victoire de Naseby, la cause royale fut dé* finitivement perdue. Cbaries I^^ se retiiu lïans le pays de Galles, et lorsqu'il apprit que Robert avait livré Bristol à Fairfax et à Cromwell, il lui envoya un passe»

a3o H16ïOia£ B&a ï£MPâ MOD£RN£S.

port pour wrtàr éa Toymme. Lm restes âe& troupes

royales furent pousses jusqu'à rcxtrémitë du comté de Cornouaiiles , et obliges de se rendre. Le prince de GaUfis, qui les conmiaiidait, s'embarqua pour ïsl france. La tentative de Montrose, en Ecoss^^ a^nt échoue, il ne resta pkie au roi qu'Oxfbrd , ou il s enferma.

Mais ayant appris que les Ecossais étaient en dissension avec le parlement, parce qu'ils se plaignaient que leur covenant n'était pas exécuté, il résolut d'allé en Écosse. L'arowe écossaise désaTOua la suppositioii êtm traité avec le roi , conclu, dit^on , par rentremtse de Montreuil, et l'obligea d ordonner la reddition d Oidord. Ensuite elle le vendit au parlement anglais.

La vietotre fit enfin éclater la discorde dans le parti <ks vainqueurs* Les presbytériens dominaient an parlement, les indépendants cbas l'amée. Dana la circonstance présente, le parlement accueillit volontiers j^usîeurs pétitions dans lesquelles on se plaignait du séjour de l'armée. Il essaya d'abord de s'en débarrasser en renvoyant en Irlande; mai» ïarmée refusa de maiw cher , à moins qu'on ne lui dopnàt Fairfex et Crom»> well pour chefs. Le parlement ordonna alors la dissolution de Tarmée» sans pouvoir faire exécuter ce décret. Cromwell se i^épandit en plaintes sur l'injuste sévérité du parlement , qui envoya des commissaires à l'armée. Les officiers , après les avoir écoutés , voulurent consulter les soldats. De là naqpiit ce fameux conseil des agitateurs, composé de soldats élus par chaque r^^ ment, pour délibérer de concert avec un conaeil au* périeur formé de ^éranx et d'officiers.

Sir Grimstone vint alors accuser Cromwell devant le parlement. Il produisit deux témoins qui avaient entendu ces paroles de Cromwell ; « Qu'il était sùr de farmée, mais qu'il connaîssait un autre corps dont réparation serait plu» nécessaire, et que Ïarmée devait se charger de ce soin. » Croarwell se défendit si

bien, que 1 accusateur fut sur le point d'être envoyé à la Tour; mais ensuite il se hâta de retourner à

Le roi, qui était le prix chi combat, était alors à Holdenby, sous la garde des commissaires dn parle* ment. Cromwell, au mouient de quitter Londres, le fit enlever par Jojce, et déclara, en arrivant à Tarmée, que si cette mesure n'avait pas été prise, le parement aurait lait enlever le roL

Fairfax , qui s était en vain opposé à l'enlèveRient du roi, et qui s'en était disculpé devant le parlement, perdit toute autorité dans larmée, Celle<;i marcha sur Londres, et demanda lexpulsion de étise membres des communes qu elle accusa de haute trahiaon. La chambre résista plusieurs mois; elle ne céda qu'aux dernières menaces, et déguisa Fexil des menibres ac- Ctisés sous la forme d un congé provisoire. Mais le peuple de Londres demanda violemment le rappel des onie membres. Ce fut alors que près de ceni députée, de la secte des indépendants , se réfugièrent auprès del année. Les presbytériens, se trouvant ainsi en majorité, votèrent le rappel des membres prosaits,et votèrent des levées de troupes pour se défendre contre Tarmée de Cromwelh

Aussitôt Farmée marcha sur Londres; tous les actes passés depuis le juillet furent annulés, et ion réint^ra au parlement les membres ftigitifs. Fairiax bit nommé commandant de la Tour de Londres par les deux chambres, et Ton conduisit Charles dans n de» meure royale de Hamptoru ourt. Bientôt Cr oniwell, craignant une entreprise seniblal)le à celle de Joyce, lui conseilla de s enfuir. Charles senfoit en tiS^ dans nie deWight, où il se trouva sous lasurfeillance àévère d*une créature de Cromvrell.

Ainsi, Croinwell avait enlevé le roi successivement au parlement et à Tannée. Les presbytériens ayant

2^3a HISTOI&& DES TEMPS MODBEICES.

perdu le pouvoir, il ne songea plus qu'à s'élever luimême avec laide des indépendants. Son intérêt était surtout de connaître et d éloigner ceux, de son parti qui ne seraient pas disposés à lui servir d instruments.

Il En conséquence, Cromwell provoqua une conférence entre quelques nieiieurs politiques, la plupart ofhciers généraux comme lui, et les républicains. Il fallait bien, dit-il, qu'ils clierchassent de concert quel gouvernement convenait le mieux à l'Angleterre, puisque maintenant c'était à eux de le régler; mais, au fond, il voulait surtout savoir lesquels, parmi eux, seraient intraitables, et ce qu'il en devait attendre ou redouter. Ludlow, Vane, Hutchinson, Sidney, Haslerig se déclarèrent hautement, repoussant toute idée de mo* narchie, comme condamnée par la Bible, la raison et l'expérience. Les généraux furent plus réservés; à leur avis, la république était désirable, mais dun succès douteux; il valait mieux ne se point engager, con* Sttlter letat des affaires, le besoin des temps, obéir chaque jour aux directions de la Providence. Les républicains insistèrent pour qu'on s'expliquât sans détour : la discussion s'écbaufFait ; Ludlow, entre autres, pressait vivement Cromwell de se prononcer, car ils voulaient, dit^il, connaître leurs amis; Cromwell éludait, ricanait, et, poussé de plus en plus, se tirant enfin d'embarras par une bouffonnerie, il gagna la porte de la chambre, et sortit brusquement en jetant à la tête de Ludlow un coussin que celui-ci lui renvoya sur-le-champ avec plus d'humeur (i). »

Cependant Charles P** avait envoyé de Wight des messages à la chambre pour traiter. Il espérait en Cromwell, qui venait de punir lesniveleurs. Mais Cromwell se déclara ouvertement contre lui à la chambre, et fit passer

(i) Cuizot, Révolution d'Angleterre, t, II, p. 3ii«

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la proposition qu'il ne serait plus présenté d'adresse au

roi, ni reçu de message de sa part. Cette proposition ne fut adoptée que par la crainte de Tarmée, dont Cromwell fit plus d une fois intenrenir lautorité. L armée approuva, par une adresse solennelle, la résolution des communes , et la chambre haute y donna son assentiment.

Mais, quoique maîtres de Tannée, du parlement et du roi, les indépendants avaient encore de grands obstacles à vaincre. D'abord , le parti des presbytériens était resté nombreux à la chambre basse. En Ecosse, les presl)yténeiis et les royalistes réunis se préparaient à remettre Charles 1^' sur le trône. L'ancien parti des cavaliers conspirait ouvertement* Enfin il y avait à Londres des émeutes fréquentes pour rétablir le roi.

Le renouvellement de la guerre tira Cromwell d'embarras. Le premier soulèvement royaliste éclata dans le pays de Galles. Les comtés de Surrey et de Kent formèrent également des associations royalistes. Les provinces du nord étaient animées du même esprit de résistance au parlement et à larmée. La guerre civile renaissait tout entière, mais elle avait plus d'apparence que de force. L'insurrection du pays de Galles fut réprimée même avant l'arrivée de Cromwell, qui anéantit les restes du parti royaliste. Les royalistes de Kent et de Surrey furent devancés par Fairfax et mis en déroute. Restaient les Ecossais, qui étaient entrés en Angleterre sous le commandement d'Hamilton, presbytérien modéré qui s'était réuni aux royalistes* Cromwell les défit dans le comté de Laneastre, près de Preston (1648), enleva cent drapeaux et lit prisonnier Hamilton, Il chassa le parlement qui siégeait à Edimbourg , et, après avoir achevé 1» soumission de rÉcosse, il y laissa une armée sous les ordres de hmf bert, et se hâta de retourner en Angleterre , où il acheva de pacifier les provinces du nord.

â34 HISVOIRS DBS TEMPS MOBSaNES.

Pendant ce temps, la majorité presbytérienne des communes avait renoué des négociations avec le roi,

Ei se montrait prêt a souscrire à toutes les exigences, lis rarmée mtorveitte dédaia qme le roi n appartfr> mît plus qna la justioe. Gatte dédoration fut suivie d'un nouvel enlèvement du roi , qui fut conduit de Wigiit dans un château près de Windsor, Plusieurs membres ptroposèrent alors de déclarer Tarmée traître * à b patrie, et de mettve en aecasalioii les piincipanac diefs. En même temps, cent quarante voix contre cent quatre décidèrent que les concessions du roi ofïiaient au parlement des bases suffisantes pcmr procéder au rétablissement de la paix dans le royaume. Aussitôt l'armée marèha sur Londres; les avoues de la chan»* bre furent occupées , et le colonel Prîde ne laissa entrer que les membres qui lui étaient désignés. Trenteneuf membres de Topposition furent conduits eu prison, et Gromwell, qui arriva le lendemain, prit séance à la chambre épurée , et fut solennelkment ie« mercié des services qu'il avait rendus.

Depuis ce jour, les coninrimes ne firent plus qu'enregistrer les volontés de l'armée^ c'est-à-dire de Cronk* vrell. On vota que tonte communication avec le roi ^it déshonorante et contraire au him de la nation. Il fut résolu « d'expier le sang par le sang. »» La chambre des communes choisit un comité de trentc-huît personnes pour recueillir les témoignages et dresser î acte d aecusatioii contre le roi. Le comité ayant préparé une accusation de haute trriiison , elle fut votée par les communes, qui '( Imisirent pour le juger une commission de cent oincpninte personnes, tant députés que citoyens, La chambre des lords rejeta cette ordonnance à l'unanimité. Les conmnmes se passèrent de leur consentement, dédarant que, représentant le peuple, elles avaient le pouvoir suprême.

Quand il fallut signer Tordre, du supplicci on eut

lilYRE III. CHAPITl&B II* oâÔ

grand peine à rassembler les commissaires. Croniwellj presque seul , gai , bruyant , hardi, se livrait aux ptw grossiers accès de sa bouifennerie aooomumée. Après «Toir signé le troisième, il barbouilla d'encre le visage de Henry Mai tyii, assis près de lui, et qui le lui rendit à l instaut. Le colonel Ingoldsby, son cousin, inscrit au nombre des juges, mais qui n'avait point siégé à la cour, entra par hasard dans- la salle : « Pour cette Ibis, s*écria Gromwell, il ne nous échappera pas ; » et, s'eniparant aussitôt d'fngoldsby avec de graiuls éclats de rire, aidé de quelques membres qui se trouvaient là, ii lui mit la plume entre les doigis, et, lui oon* duisant la main, le contraignit à signer. On recueillit enfin cinquante-neuf signatures, plusieurs noms tdlenient griffonnés, soît par trouble, soit à dessein, qu'il était presque impossible de les distinguer (i). » Ce fut le 20 janvier 1649 Charles parut pour k

i>remière fois devant ses juges. Quelques jours après, e président Bradshaw lui lut sa sentence de mort , connue traître, tyran et meurtrier. Le 29 janvier il fut exécuté.

Après la mort de Charles P**, la chambre des eon» inunes nomma une nouvelle commission pour juger les principaux sei<^neurs faits prisonniers dans la guerre

civile. La chambre des pairs fut abolie comme inutile et dangereuse^ et les lords, qui auraient dû éire ju£[és par cette cour, furent tous condamnés par lacbamure des communes^ C'étaient lord Capel, Hanrilton, lord HoHand. Lord Capel s'était fait aimer par ses amis et par ses ennemis. Sa valeur ët la loyauté de son caractère lui avaient gagne tous les cœurs. Cromwell luimême rendit hommage à ses vertus, majs il demanda que la chambre le condamnât à cause de ses vertus mêmes, disant qu*il avait voué un attachement invio-

(i Précis de rbiAtoirQ modeniede M.Mîc]iekt. Cfe récit est extrait de M. Guizol.

lable à la famille royale , et quHl serait toujours Ten-

nemi le plus dangereux de la repu])lique. Lorsqii il se trouva sur Téchafaud, il demanda au bourreau si c'était lui qui avait coupé la tête au roi. Le bourreaa répondit que c était lui, quoique le jour de l'exécution il se fât tenu caché. Gapel le pria ensuite de lui montrer la hache dont il s'était servi. Le bourreau la lui présenta. Capel lui demanda de nouveau si c'était bien la bai'he avec laquelle on avait frappé Charles P^; et^ sur l'affirmative du bourreau , il la baisa avec trans* port. Se tournant ensuite vers Texécuteur : « Miséra* ' ble, lui (lit-il , conïuient as-tu osé porter la main sur <t le roi, ton maître?» Un instant après sa téte roula sur récha&ud* On fit grâce aux autres accusés. Mais la chambre des communes avait presque perdu toute popularité. Des pamphlets répubbcains la dénonçaient au peuple comme les ^ secondes cl i aînés de l'Angleterre. » Elle asservit toute liberté de la presse; elle Interdit toute discussion politique aux prédicateurs» £n même temps elle fut objigée de faire de nouveaux efforts contre l'Irlande et TÉcosse, qui avaient reconnu Charles IL

Dans ces circonstances, la chambre nomma Crom* vrell lord-gouverneur de l'Lrknde, et lui conféra par là tous les pouvoirs militaires et civils. Cromwell s'occupa aussitôt des préparatifs de cette guerre, et comme l'armée était peu disposée à le suivre, on choisit par le sort huit régiments nécessaires à l'expédition. Ayant tout préparé pour l'embarquement ^ il quitta Londres après des prières solennelles.

L'Irlande était alors si misérable, que, suivant un proverbe du pays , il n'y avait pas d'eau pour noyer un homme, de bois pour le pendre^ ni de terre pour Fensevelir, Le marquis d'Ormonde, qui y commandait les troupes royales, se trouvait maître de presque toutes les villes et assiégeait DubUa, où le colonel

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Jones se tenait enfermé. Ce dernier ayant reçu un renfort que lui envoyait Cromwell, fit essuyer à d'Ornonde une déroute complète. Peu après Gromwell arriva lui-même à Dublin, où il fut reçu avec enthousîasme. Il continua ensuite la guerre, et prit d'assaut Tredagh et A\ exioicl. Les habitants fui en t massacrés. Cromwell ordonna même que tout Irlandais catholique serait chassé des villes occupées par les troupes anglaises.

Après avoir préparé la soumission de l'Irlande,

Croiuwell établit à Dublin des cours de judicature auxquelles il donna les attributions de la chancellerie. ' U régla de même ladministration civile de Munster, et fit preuve de ce grand art de gouverner 'qu'il dé* ploya plus tard en Angleterre.

Dès la iiii de janvier i65o, Cromwell recommença la guerre avec la même cruauté , pendant que le parlement passait un acte pour la propagation de TÉvan- -gile en Irlande. La prise de Clonmell fut le dernier événement important de cette guerre, et la soumission de l'Irlande était à peu près achevée, lorsque Cromwell se disposa à partir pour l Angleterre où le rappelaient depuis longtemps les pressantes sollicitations du parlement , qui voulait lopposer aux Écossais. Il nomma son gendre Ireton pour commander à sa place. Ce dernier acheva la soumission de Tlrlande par la prise des villes et la dispersion des forces royalistes. Les principaux chefs furent exécutés, et tous les Irlandais catholiques qui avaient pris part à l'insur* rection furent condamnés à perdre leurs biens. Le sol de l'Irlande, comme un domaine légalement confisqué, fut partagé et vendu. On donna la stérile province deConnaught pour indemnité aux vaincus.

Le mauvais succès de 1 insurrection de l'Irlande ne permit pas à Charles II d'en tirer avantage. Ce prince, à qui Mazarin avait défendu le séjour de la France,

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vivait alors retire en Hollande. Il y refusa les conditions auxquelles le parlement écossais voulaii le re->

rnetîre sur le trône, et autorisa Moutrose à faire une descente en Ecosse. Montrose s'engagta iinprudem- * ment clans I mtérieur de 1 Ecosse avec quelques montagnards, mal arnés* Défait et prisonnier, it fut eon-» duit à Edimbourg, traduit devant le parlement, et pendu avec tant ue précipitation, que le jeune roi n'eut pas le temps d intervenir en sa faveur. A cette nouvelle, Charles II se hâta de signer le ca^euaai et d'éloigner ses chapelains anglicans^ Il se rendit en* suite en Écosse, où les ministres puritains prirent possession de sa personne pour Tinstruii e. On lesacj a dans Edimbourg; on augmenta Tarnu^e, mais Charles n'y eut presque aucune autorité. Il fut obligé mêom de publier cette déclaration déshonorante :

* « Que son père avait péché en prenant femme dans une famille idolâtre;

« Que le saog versé dans les dernières guerres devait être imputé à son père ;

« Qu'il avait une profonde douleur de la mauvsdse éducation quoif lui avait donnée, et des préjugés

2u'on lui avait inspires contre la cause de Dieu, et ont li reconnaissait à présent Tinjustice; « Que toute sa vie précédente n'avait été qu un cours suivi d'inimitié œntre l'oeuvre de Dieu ;

« Qu'il se repentait de la eommissioR donnée à Montrose, et de toutes ses actions qui avaient pu scai^ diàUser ;

m Qu il protestait devant Dieu qu*il était k présent sinc^e dans cette déclaration ^ et qitll s y tiendwil jusqu'à son dernier soupir , tant en Ecosse q|uen Aj^ gleterre et en Irlande, «

Vingt jours avant Tarrivée de Charles II en Écosse , Cromw^ell, de retour d'Irlande^ avait prb terre à B«fr> toL U entra dans Londres au ndlieu d'un concoiiBs

kamemey et k pariement «iréta qu'il Uùait attaquer les Écornas pour pwmiir leur iirraaîon. Fairbx aUé»

gua des scrupules fondés sur Tautorité du coveiiant, et refusa le commandement, qui fut donné à Cromweii.

Après avoir écarté du parlement le républicain Ladiow, en renToyanl comme commissaire en Irlamle pour seconder Ireton , Gromwell se rendit i larmée d'Ecosse. 11 parvint sans combattre jusqu'à Edim* bourg, où l'armée ennemie était retranchée. Elle re* fusa la bataille, et força Gromwell, par la famine;, i se retirer sur Duiibar. Les ministres presbytériens ooci* traignirent le général Lesley à Tenir Ty attacpier. En moins d'une heure le succès se décida pour Gromwell, <|ui envoya deux cents drapeaux au parlement. Il s'empara ensuite d*Édimbotirg , et mit le siège devant le ehàtean de cette ville où s'étaient réfugiés ks ministres presbytériens. Cette forteresse se rendit, après un siège de trois mois, le ^4 décembre i65o.

Cependant Charles II s était affranchi de la tutelle du dergé^ et atvait été reçu à Stiriing au bruit dn canon. II y convoqaa on pariement, qui loi accorda de nouvelles levées. Enfin il fut couronné dans Scone, et nomma Hamilton, frère de celui qui avait été eiécaié à Londres, heut^ant général de larmée (i^ janvier i65i). Toat lui paraissait favorable , lorsqu'en juin Gromwell, après avoir échappé à une dangereuse maladie, reçut des secours que lui envoyait le parlement; il mru ciia aussitôt contre Charles, qui lui ref usa le oiMaabat. Alors il se porta dans le comte de i* iié, au ri»» ^e de laisser le prinœ se jeter sur T Angleterre. Charles en profita. Il' partit pendant la nuit du 29 juillet, et entra en Angleterre par Carlisle avec seize mille hommes. Il parvint jusqu à Worcester, où il se fortifia. Cromweii 1 y suivit avec^ptarante mille hommes, après avoir laissé Monk pour maintenir rËoosse par la ter* tetir» La bataille mt livrée le 3 septembre, anniver-

HISTOIRE DS8 TBMPS MODSRHSS.

saire de la TÎetoire de Dunbar. Gharîés succomba après des prodiges de valeur, et presque tous les Écossais

fui ent massacrés par les habitants des campagnes.

Treize jours après cette bataille , Croaiwell fut reçu eu triomphe à Iiondres. Charles II, après mille dan-

Sers, parvint enfin à trouver une bar<|ue de pécheur ans la petite ville de Brittemsted j près Portsmouth« Il débarqua sur les côtes de Normandie , et se rendit à Paris, où îl fut rejoint par d'Ormonde.

Après la bataille de Worcester et l'entière soumission de rÉcosse , deux objets principaux occupèrent le parlement : l'un , de retarder autant que possible 1 époque de sa dissolution; lautie , d augmenter la puissance maritlaie de FEtat pour affaiblir 1 iniluence de 1 armée par la concurrence d'une autre gloire.

En augmentant la flotte, le parlement avait aussi pout but de frapper le commerce de la Hollande, qui avait soutenu le prétendant et qui était en rivalité commerciale avec 1 Angleterre. Il rendit le fameux, acte de navigation dont iexécution a fait la grandeur de rAngleterre. Cet acte prescrivait qu'aucune produc» tion d'Amérique, d'Afrique et d'Asie, ne. serait importée autrement que sur des vaisseaux anglais, et que chaque peuple d'Europe ne pourrait envoyer sur ses vaisseaux que les productions de son sol et de son industrie.

Les Pays-Bas réclamèrent en vain contre l'acte de

navigatioïi, et la guerre éclata. L'amiral Blacke et Tromp commandèrent les flottes ennemies. La vente des biens des proscrits, la confiscation des domaines royaux en Écosse, laccroissement des impots, furent les ressources de cette guerre, que les succès de Blacke ne tardèrent pas à justifier. Cet amiral détruisit les pêcheries hollandaises au nord de TÉcosse , pendant

3 n'en son absence George Ayscough) qu'il avait chargé e défendre les côtes de /Angleterre , battait près de

UTBI^ tu. CHAPITU II. ' 24t

Plymouth la flotte de Tiomp* De retour de son expé* ditioni Blacke battit Ruyter, et eut ensuite la gloire de combattre Tromp et Ruyter réunis, et de ne céder que devant une flotte deux fois supérieure à la sienne.

Pendant ce temps, Cromwell pressait ladoption d'un acte d*amnistie en taveur des royalistes pour s'en faire un appui contre les répulilicains* U fit passer cet acte malgré une vive opposition, et fit ainsi retomber sur les l épul)licains les haines qu*avaient soulevées ses propres violences. Le parlement devint de plus en plus impopulaire. Les chaires des églises retentissaient de déclama* tions contre cette assemblée. On prédisait sa dissolution comme ordonnée par le Seigneur. Cromwell écarta J^mbert de la place de lieutenant général d'Irlande, vacante par la mort dlreton, et que le parlement voulait lui donner; il choisit à sa place Fletwood^ auquel il avait fait épouser sa fille, veuve dlreton. Par là il affaiblit en Irlande 1 autorité de Ludlow, (juil y avait envoyé lui-même, mais dont il redoutait i esprit républicain. £n même temps il eut ladresse de s'attacher Lambert 9 èn lui fiatisant espérer, de le venger du parlement qui lavait sacrifié. Sûr désormais du succès, il réunit dans son logement de White-Hall ses principaux amis du parlement et de larmée. Ils furent presque unanimes sur ce point ^ quil était indispensable de dissoudre le parlement , et « qu'il fallait le iaire d'une manière ou d'une autre. » II venait à peine de congédier ses amis, attendant à chaque instant la dissolution volontaire de la chambre, lorsqu'on vint lui annoncer qu elle cherchait à retarder ce denoùment. Alors à la téte de queloues compagnies de grenadiers, il entra dans la salle de Westminster, et chassa le parlement.

Après ce nouveau coup dxitat , Cromwell se trouva seul maître de TAngleterre. 11 semblait que tout fàt préparé pour cette révolution* Les comtés, les

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