‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 35 sur 89 · I.iya£ III. PAET. II. CHAPITBE U Sl · texte numérisé non relu

I.iya£ III. PAET. II. CHAPITBE U Sl

Les troupes irrégulières delà république n'étaient pas en état de s opposer aux armées aguerries de la Suède; une grande partie de la noblesse se rangea du côté de Cfaarles-Gustaye, prit du service dans Tarmée Tictorieuse, et trouva fort naturel qu'on punît de la con* fiscalion de leurs biens et du bannissement ceux qui restaient fidèles à Jean-Casimir. L opinion des nobles devint encore plus favorable à Charles, lorsqu'il confirma les privilèges de tous ceux qui se rangeraient de son côté, et leur assura ratYrancnissement des impôts de guerre et du service personnel. Ils ne voulurent point voir que ces avantages ne pourraient être achetés que par f'asservisseipent de la nation entière, et qu'en se réjouissant hautement de 1 extension de leurs libertés, ils faisaient retentir le bruit des chaînes qu un prince étranger leur imposait par la force des armes. Cependant, peu à peu, le patriotisme reprit son ascendant naturel, surtout lorsque, par la manière barbare dont on fit la ^erre, tout le pays eut été converti en une vaste solitude.

Les suites de ces dévastations se firent prompte- ment sentir : il devint impossible de pourvoir à la subsistance d'une grande armée dans des contrées ravagées et désertes. Les troupes ne connurent bientôt plus d'obéissance. Des bandes irrégulières se formèrent sur les derrières et sur les flancs de l armée, et interceptèrent toutes les communications; enfin Ton ne put obtenir la victoire sur les Polonais, réunis près de Varsovie, qu'avec Fassistance de Télecteur de J3randebourg, dont on avait acheté l'appui en lui sacrifiant des portions de territoire dans la Prusse ducale. La bataiile dura trois jours (du 19 au 21 juillet z656), et la victoire n'eut aucun résultat bien important. L'armée, déjà épuisée et décimée, se trouva dans une situation plus défavorable encore après le succès qu'elle venait d*obtenir. D'ailleurs. Frédéric-Guiliaume s'en

3l8 J>B$ rTEMFS MCUPBHW*

retourna aussitôt en Priuse, et elle resta seule et sans appui au milieu de ce vaste empire.

Charles-Gustave crut pouvoir intimider les patriotes polonais par des mesures atroces uu absurdes. Ainsi, il déclara que tout Polonais de son parti qui tuerait un noble du parti opposé aurait la moitié des biens de ce dernier, sHI était noble lui-même, et la liberté avec l'usufruit de ces biens pendant six ans, s il était paysan. Mais de tels moyens, loin de lui être utiles, ne firent que rallier à la cause nationale un gxand nombre de Polonais égarés* D un autre coté, les Po» louais du parti de Gustave se plaignaient de b préférence qu il accordait aux Suédois et aux Allemands, et voyaient avec indignation que ies charges de la uerre pesassent uniquement sur les Polonais. Cepen^ ant un nouveau traité conclu avec l'électeur de Brandebourg, et d*après lequel la Suède renonçait à la suzeraineté sur la Prusse ducale, et, en outre, I alliance contractée avec Ragoczy, prince de la Transylvanie, parurent un instant devoir aÛ'ermir les Suédois au Pologne; mais Frédéric-Guillaume n était pas homme à faire les affaires d'autrui, et Ragoczy n avait d'autre but que de se faire iui-meme roi de Pologne.

La Russie avait vu avec iu (quiétude les progrès des Suédois, etySacriiiant son ressentiment contre les Polonais à aes intérêts bien entendus, elle £x une di» ▼ersion utile dans la Livonie* D'un autre côté, lei

puissances du luidi ne devaient plus être les téinuius indil !( I ents des querelles qui agitaient les royaumes du nord : la guerre de Trente ans et la paix de VVes4rphalie avaient établi entre elles des rapports de haîaa et d'amitié. Aussi, l'empereur Ferdinand ICI, se sou*

veuantavec indignation que les Suédois a\ aient été les premiers auteurs des disgrâces de sa maison, saisit cette occasion pour se venger, en envoyant dus secours à Casimir et en epgageaat le DaMiuavk à prendre U»

wmes, Charles-'SiutaTe fut enfin ftarcé de veconnaîiEe

que cette manière barbare de faire la guerre ne pouvait conduire à aucun résultat, et que de vains succès jcie ^uiraiem réparer les peirtes .journalières de &Qii iinnée. n Ses forces, qui étaient de plus de trente mUIe hommes lorsqu'il entca en Pologne , étaieni: déduites (en iGjy) à six ou sept mille ^ et vingt-cinq régiments qu'il avait laissés dans la Prusse roya!e étaient devenus iaibles, que tous csus^iabie ne faiafsûent que deux mille hommes; encore, dans cette jietlte armée, y ai(ait4l trois mille luNOimes de lelec»

Jteur de Brandebourg (i). »

En juin 1657, le Uaiieniark, séduit par les prom^esses de i'^pereur et des Polonais, et croyant le moiment venu pour réparer des pertes encore récem^ tes, dédara la ^g;ue^e à Charles-Gustave, qui, bien qu'il affectât d'être fort surpris et fort courrouce d un pareil procédé, dut être fort satisfait de trouver ' œ .préte&te pour quitter la Pologne. Il pas«a rapide»ment en Poméranie; et tandis que les Danois, croyant que la retraite lui était coupée ,du côté de TAUema-^ gne, arrivaient avec leur flotte à Dantzig pour lui in^ tercepler le puassage par mer, il se trouvait déjà sur les frontières du Holstein sans avoir vu un seul eni^mi. Arrivé dans le Holstmn, il rencontra le général Rorber, qui soutint yigoureusement le premier choc^ et aurait infailliblement rompu l'aile gauche des Sué* dois, s'il n'eût été abandonné par les siens; mais ceuxci crurent que le roi de Suède avait avec lui toute son. armée, qu'ils s'imaginaient plus fqrte et en meilleur état qu elle ne Tétait en effet. Korber fut fait prison^ nier, et Charles- Gustave gagna le temps nécessaire pour refaire son armée aux frais du Holstein et de la

yiUe de Uamboui^. Api?às s être emparé, dans le cou*

.Mémoires de Jeirlop«

tant de Tannée 1657, de toutes les possessions conti*

i^entales du roi de Danemark, ii exécuta, en janvier 16S8, l'un des projets les plus téméraires dont Thistoire fasse inention«Une marche imprudente à travers les glaces qui couvraient une partie de la mer Baltique le rendit maître de l'île de Funen, après un com* bat dans lequel les Danois, surpi is, furent enueieiacDt vaincus.

Le lendemain Gustave tînt un conseil de guerre pour savoir si Ton devait tenter de passer sur les gla* ces dans Tîle de Zélande, comme on était passé oans celle de Funen ; mais personne ne fut d'avis de hasarder le trajet du grand Belt, qui est de quatre lieues de largeur. Le roi seul voulait le risquer^ et il persévéra dans sa résolution lorsqu'un courrier de lambas* sadeur anglais, qui s'interposait pour la paix, arriva* par les glaces, fort à propos pour prouver qu'il y avait possibilité de les traverser à cheval. Toute liesiutiou cessa quand, le soir même, un petit parti de cavalerie qu'on avait envoyé pour tenter le passage, revint avec plusieurs paysans qu'il avait faits prisonniers en Zé* lande, pour prouver qu il était allé jusque-là.

Charles-Gustave n hésita plus, et, par cette marche audacieuse, contraignit le roi de Danemark à demander la paix. Elle fut conclue le 7 mars i658. On céda à la Suède les provinces de Halland, de Scanie et de Blecking, ainsi que l île de Bornholm et plusieurs autres portions de territoire moins importantes; de plus, on convint que les vaisseaux de la Suède et de ses sujets ne seraient soumis à aucun péage, à aucune visite, à aucune charge, en passant le Sund et le Belt, qui seraient fermés aux flottes de toutes les autres nations.

Charles-Gustave avait conçu des projets de conquête encore plus considérables , et il eût sans doute cherché à les réaliser, si les représentations des autres

Llir&£ JU. PART. II. GUAPITaS !•

puissances ne leussent contraint à les abandonner pour le niomeîvt. Ainsi, par exemple, il avait proposé aux Hollandais et aux Anglais le partage du Dane» mark; mais CromweU lui fit répondre que les temps barbares, où Ion avait vu anéantir la nationalité d'un peuple, étaient heureusement bien éloignés. D'un autre côlé, réiecteur tle Brandebourg, yl)aiid()iiTié par les Suédois en Pologne, et recherché par Les Polonais, avait conclu avec ces derniers, en septembre et novembre 1657, les traités de Wehlau et de Bromberg;, par lesquels, en échange d'une cession considérable de territoire, il avait promis de se ranger du côté des Polonais et des Autrichiens. Alors, Charles, voyant qu'il avait échoué dans ses tentatives auprès de TAngleterre €t de la Hollande, relativement au Danemark, proposa au Brandebourg et à T Au triche le partage de la Pologne, Mais à cette époque les gouvernements de ces deux pays étaient encore aussi honnêtes que celui de CromweU : c'était seulement un siècle plus tard que, sur la proposition de la Russie, ils devaient consentir à Tacle de barbarie auquel le Protecteur s'était refusé avec une si généreuse indignation.

Ces refus successifs décidèrent Charles à signer le traité de Roskild ; mais à peine la paix fut-elle conclue,,

Îu'il s en repentit. La facilité avec laquelle il avait fait es acquisitions si considéiables éveilla en lui le désir d'en faiie de plus importantes, et, dans ](î sentiment de sa force, il déclara qu après la conquête il prouverait son droit; qu un grand joi devait continuellement fiiire la guerre pour occuper ses sujets, pour se rendre redoutable à ses voisins et poni- étendre les frontières de son pays; et qu il suffisait, pour avon^ un juste motif de commencer la guerre, qu un pays ou un prince niassent pas les forces nécessaires pour résister. « En effet, ajoutait-il, Dieu ne punissant pas im* « niédiaienient les fautes des grands de ce nionde,^ la

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3iaa jmmMM HE» iTlINBS IIIWBMM.»

« £ttUea«e d*m voisin te»t comme un signal donné pnr « la Divinité, et impose le devoir de ae oonstituar à

« son cgaid le représentant de la vengeanee divine! »

Il lie pouvait pas être question d accommodenieiit avec un roi qui n avait pas iioute de professer pubU<queraent de semblables prindpas. Après avoir bit assiurer le roi de Danemark de «on affeetion et de eon amitiéy Charles-Gusuive aborda inopinément, le 8 août i658, en Zélande, rejeta la proposition que lui fit le roi Frédéric de terminer la guerre par un combat aingulier^ et fit représenter aux Danois, qui ne vou» laient point prendre parti pour lui, qu'il devait leur être indiffèrent que leur i ni s appelât Charles-Gustave ou Frédéric. Le roi 1 réderic assembla, le 9 août, les sénateurs et les bourgeois de Copenhague, refuaa de s'embarquer pour la Nofwége, et déclara qu il ne re* oonoerait jamais à Thonneur et à lindépendance de son royaume. Le bourgmestre ayant demandé ce qu'il devait répondre au roi, tout le monde s'écria que ce aérait une honte que de se rendre sans combattre le perfide Suédois. On prit donc les armes sans distinction d'ftge et de rang; et Gharles-Gustave, qui ne s'était point avancé avec sa rapidité ordinaire, trouva la résistance bien organisée, et ne put commencer le bombardement de la viUe quaprès avoir priS| le ^ «leptemfare, la forteresse de Gronenbourg. Les bouiv geois, auxquds Frédéric avait aecordé des privilèges importants, défendirent la capitale avec succès, et firent plusieurs sorties heureuses. Leur courage prit une nouvelle vigueur lorsqu'en octobre ils virent arriver à leur secours une flotte boUandaise, qui par^ vint à jeter dans la ville des troupes et des vivres, après avoir livré une bataille navale aux Suédois, le ^9 octobre i6â3« Bien quon fût en hiver et que la disette se lit sentir, on repoussa, en iévrier 16 09, avec le plus grand courage, deux asaauts terribles

àe^ SMëdoicu On 4I011M wifii aux Polonais et. autres

ennemis de Charles-Gustave le teiu us d envoyer des secours, et aux autres puissances de TEurope celui 4l'intervenir dans les négociations, en sorte que le roi ^ Suède dut renoncer à 1 espoir d'un pron^pt auiC^

Charles-Gustave pressait sa réconciliation avec la Pologne, afin de pouvoir, plus lil)rement, attaquer la Norwëge, quand, le ^3 février i6bo, il mourut d'une fièvre chaude, À Gothenbour£, dans la trente-septième

année de son âge. Les plaintes sur la misère générale

éclatèrent de toutes parts, et la minorité du nouveau roi Charles XI, né en i655y vint encore rendre le .^ouvernemeat plufi ditficile.

Plusieurs prétendants à la tutelle se présentèrent : la reiiDe Christine, qui reparut en Suède, fut très^mal accueillie par suite de son changement de religion, et forcée même de renouveler son abdication, pour obtenir que sa pension lui fut continuée. Les sénateurs éteartèrent ensuite le duc Adolphe, frère de Charles* 4îustave, en alléguant qu'ils n'avaient pas eu connais* sance du testament qui le nommait à ces fonctions, et qu'une mesure qui se rattachait aussi iniuiediate- Jl^ent au gouvernement du royaume ne pouvait ètca Takble sans l'approbation des états. On s'en tint donc à ce qui aidait été fait en i634, et l'on remit la tutelle à la reine mère, lledwige-JUeonore, et aux cinq grands dignitaires de la couronne, qui devinrent bientôt les véritables régents. Ainsi, l'aristocratie s'empara encore une fois de la direction des affaires, et si aucune amé- Itoralion n'eut lieu à l'intérieur, on doit reconnaîtve du moins que dans les traités tle paix que Ton se hàra de conclure, les intérêts du royaume furent ménagés avec habileté. La Pologne Gfida« par la paix d 01i?a ^3 mai â66o), l'Esthonie) une pav^e de la Liyonie st â*Oesel j de pUis» imi^Cafmk renonça à sas pré-

tentions sur la couronne de Suède. La paix arec la

Russie fut faite, en i66f, d après le statu (juo ante bellum, et à la paix, qui, dès le 6 juin i66o, fut conclue à Copenhague avec le Danemark, on conserva presque toutes les acquisitions obtenues par le traité de Rosktld, mais on fut forcé de restituer Bomholm et Droiitheim, et l'influence des puissances mantimes fit rétablir le péage du Sund sur lancien pied.

% III. Charles XI (1660-1697).

Les administriiteiii s tlu royaume, pendant la minorité de Charles Xi, étaient, comme nous venons de le dire, sous la dépendance de la reine douairière; mais bientôt cette princesse ne figura dans les affaires que de nom, car elle n'avait pas cet esprit vif et facile qui, dans la direction des affaires publiques, peut quelquefois suppléer au mérite et aux connaissances acquises. Le drossart Pierre Brahé était un vieillard pieux et économe, et il tardait à son gendre, le duc Adolphe^ Jean, de recueillir sa succession. Le maréchal ijm Kagge, vieillard encore assez vert, était un général expérimenté, allié aux premières» tamiiies du royaume. L*amiral Charles Wrangel, Tun des plus grands c^iHtaines de son époque, aurait mieux aimé se voir à la tête dune armée que d*avoir à se mêler d*intrigues domestiques; il avait un goi\t prononcé pour le luxe, dépensait plus qu aucun autre, et cependant ne put jamais consumer entièrement ses revenus. Il nVn était pas de même du chancelier, le comte de la Gardie, qui n*avait que trop bien réussi à dissiper une fortune immense : on le regardait comme le premier homme de son siècle pour tout ce qui concerne la représentation, et la reine mère le préférait à tous ses conseillers. De tous les autres grands fonctionnaires, le trésorier Gustave Bonde avait seul quelque autorité.

qu'il devait à ses connaissances dans le maniement des finauces; mais le reste des membres du sëuat se groupait autour de chacun des administrateurs aux-

Îueb appartint Tentims direction des aflaires, penant la plus grande partie de la uiiiiorité du jeune roi : les états semblaient ne plus exister^ou, du moins, n*aTaient plus aucune influence.

La guerre d*Allemagne et le système de pillage qui la caracterisii avaient, ainsi que les secours en argent tires de la France, accoutumé les principaux seigneurs de la Suède à des dépenses auxquelles les revenus ordinaires du royaume ne pouvaient suffire. Dès lors, pour conserver le grand train auquel ils s*élaient accoutumés, il fallut trouver moyeu d entamer des néjrociatiens qui leur ouvrissent les trésors des pays étrangers. Dans ce dessein^ ils tournèrent les yeux vers la France, dont Talliance leur avait toujours été si utile et si honorable, dit i abbé de Choisi, au commencement du quatrième livre de ses Mémoires, et comme cette puissance paraissait résolue à entretenir fa paix avec l'Espagne, il tallut songer à des projets qui, sans obli** ger la Suède a rentrer en guerre ouverte pendant la minorité de son roi, pussent élre assez utiles à la France pour l'engager à fournir des subsides considérables. Ën conséquence, on proposa de faire assurer la couronne de Pologne au duc d'Enghien 5 mais comme on prévoyait que, du coté <ie l'empereur, cette élection rencontrerait de grands obstacles, la Suède s'engagea par un traité à fournir une armée nombreuse, pour soutenir, en Pologne, les intérêts de la I icHice, et cela moyennant un subside de six cent mille écus par an.

Le comte de Totr, ambassadeur de Suède à Yer^ aailles, reçut le premier payement, qu'il mangea en peu de temps. « lOtt, dit encore labbé de Choisi, était un homme bien fait^ jeune, de beaucoup d es-

âa6 .MI&TOt&B DS& 1UIMB8 MOJDSailSâ.

prit, magnifique, galant, ^rand joueur, donnant dans toiHeft ies éàgmui^; l'air noUe et parlant ixuirax icaii> çais que pes un coattisann; et c'est une mnarcpie quIoQ a 'faîte, qne «tie touK les iécrangers les Suédm sont les plui> ressemblants aux Français, ont les maniées les fkis aisées et garcient moins Tacceut de leur pays. Le comte Tott ne fut pas embarrassé «snr les moyens Ae dépenser son arguent. Les affaires

s'etant depuis tournées en Pologne de manière à ny pouvoir liiire agir les Suédois, la régence de Suède, qui se vit hors d'état d exécuter ce qu'elle avait promis, et le roi Louis XiV, qui vit de son coté ^n'il n*y avait rien à &tre en Pologne, tombèrent d accord pour rompre le traité. Ou laissa aux Suédois, ou, pour mieux dire, au comte Tott, ce qu il avait touché ■et mangé; on le dispensa d'écouter ce qu'il avait promis» »

Peu de temps après, le parti français, à la tète duquel ét£Ût le chancelier, essuya, en âuède, un échec considérable par suite de la non-réussite d'une entreprise'bontraae, que ]*on tenta oontre la liberté de k ville de Brème, et qui fit inutilement dépenser plus de deux millions de rixdalers. Le chevalier de TerloE «t 4e marquis de Pomponne, envoyés en Suède pour emparer cette puissance de TAngleterre et des Méef* landais pendant la guerre que Louis XIY faisait a«K Pays-Bas espagnols, ne purent ni relever le parti français, ni effacer la mauvaise impression que 1 ambition de la cour de Versailles commençait à produire sur toute l'Europe, et, en 1668, la Suède, en accédant à la triple alliance, força Louis XIV à conclure la paix d'Aix-la-Chapelle, par laquelle il ne conserva qu un^ paille de ses conquêtes.

Mais après cette résolution vigoureuse, tout retomba dans l'état ordinaire : les finances étaient dans le désordre le plus incroyable, et il y avait à pein^

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seule pmoime marquante <à Slockholra qui ne

fut point pensionnée par une pu^sance étrangère» * U est inutile d ajouter que ftous une telle adaunistmtion letat entier menaçait ruine : le» TaÎMeaioac pourrissaient abandonnés dbns les ports; les trovpes #e débandaient faute de solde ; les paysans, éerasés par mille •vexations, étaient prêts à se révolter. Cette désolation Antérieure, on ne prenait aucun soin de la <»icher aux étrangers, et les ambassadeurs suédois étaient obligés, pour vivre, de Tendre leur indépenddUiee, en se mettant au^ ^^g^s des princes près desquels ils résidaient. Le roi, malgré son jeune âge et sa dissipation, ne pouvait se faire illusion sur cet état déplorable; il en conserva une longue méfianœ oon* Ire ses tuteurs*

IiCM*squ*il prit en main les rênes du gouvernement, en décembre 1672, il avait dix-sept ans. Le 18 du même mois, il prêta le serment de ne souffrir l exer- Cftce d aucun culte autre que celui quVvait consacré ]a iqonfession d*Augsbourg, d'aimer et d'bonorer sa mèatey etc. ; puis il ajouta : « Nous maintiendrons et « observerons également tout ce que les lois de la m Suède ejLÏgent de nous, relativement aux états. Nous « onous conduirons de la même manière à 1 égard de « >tottS nos sujets , dans tout ce qiii concernera leuiS' «c droits, etc.; et dans le cas où il serait nécessaire de « faire quelque changement relatif à la défense, à la M sûreté, à la prospérité et aux besoins du royaume , « nous ne ferons ni ne souffrirons qu*il se fasse rien « sans Tavis du sénat ou sans la participation et .le « concours des états. » Et deux ans après ce serment, Charles était le monarque le plus absolu qui eût encore porté le sceptre en Suède !

Sien que ses jeunes amis le pressassent de £aire le ^oeès à ses tuteurs, Charles se conleata des comptes sans pièces à lappui qui lui furent présentés^ mais il

SaS HISTOIRE DES TEMPS MODERNES.

se forma aussitôt un conseil privé composé de personnes étrangèrejj à la haute noblesse, entre lesquelles Lindskjold obtint bientôt le plus de crédit. Nous parlerons plus tard de lascendant que lautorité royale parvint à reconquérir en Suède. Nous devons d'abord présenter un tableau rapide de la part que la Suède prit, sous Charles XI, dans les affaires générales de lËurope, qui, pendant toute la seconde moitié du dix-septième siècle^ fut agitée par les guerres et par les négociations de la cour de Versailles.

De la Gardie, le chef du parti français, n'avait jamais cessé de mettre tout en œuTre pour regagner Tinfluence que le parti opposé, à la tête duquel se tiouviiil Bjoernklo, lui avait fait perclie depuis quelques années. Ce parti s*était entièrement dévoué aux intérêts de la Hollande et de TAngleterre; mais on ne pouvait tirer des subsides de lun ni de Tautre de ces deux Etats. La constitution singulière des Provinces- Unies reudait la chose presque impossible, et ce ne fut quà force d intrigues, en remuant toutes les autres

Çrovinces, que le pensionnaire de Hollande, Jean de Vitty put donner quelque suite aux négociations de la république avec les Ktats de TEurope. Il inKigiiia de faire payer à la Suède des subsides par l'Espagne; mais la chose était difficile, car les finances de ce royaume étaient déjà dans un état déploi^able. Quant à l'Angleterre, le roi Charles II lui-méiiie recevait une pension de Louis XIV , et sa sœur, la duchesse d Orléans, avait plus d*une affaire de ce genre à négocier. Le parti de Bjoernklo, opposé à la France, fut donc obligé de songer à se rapprocher de l'Autiiche; mais le peu d'empressement que l'empereur, lié secrètement avec la France, mit à répondre aux avances de la Suède acheva la victoire de De la Gardie, que Pomponne, venu pour la seconde fois en Suède, en 1671, avait préparée par des libéralités laites avec discernement.

LIVR^ m. PART. II, CHAPITRE I. Sap

Gourtin, successeur de Pomponne, agit avec encore

plus d'adresse, et le i4 avril 1672, la France et la Suède conclurent un traité d'alliance, par lequel elles se pro- Hiettaient une assistance mutuelle; et dans plusieurs articles secrets, que Ton signa à la màne époque, on alla jusqu'à se faire la promesse d*attaquer quiconque assisterait les ennemis de l'une des deux parties contractantes : c'était dire que la Suède attaquerait Télec** teur de Brandebourg, dans le cas où ce prince vien* drait au secours des Hollandais. £n revanche, la France promit un ^ subside annuel de quatre cent mille rixdalers^ et ce subside devait être augmenté de la moitié dans le cas ou la guerre éclaterait. On sait qu'elle éclata effectivement peu de temps après^ que Louis XiV fit des progrès rapides, et que 1 elec* teur fut contraint d'abandonner lalliance hollandaise par le traité de Vassen, en date du 16 juin 1673.

Les Suédois ne s étaient pas attendus à ces brillants succès des armes francises; ils ne voulaient nullement la destruction d'une république dont l'indépendance était de la plus haute importance pour leur commerce; ils avaient voulu seulement montrer à l'empereur qu'on ne devait pas mépriser leur alliance, et ils s'étaient unis à la France uniquement parce qu'ils ne pouvaient se faire donner d'argent ailleurs , et ils avaient cm que cette alliance , comme celle qu'ils avaient coniiactée avec la Hollande et l'Angleterre en 1668, ne les forcerait pas à tirer Tépée. Quand donc ils s'aperçurent que Louis XIV annonçait l'intention de se rendre maître de tous les Pays-Bas, ils se rapprochèrent de Tempereur et de l'électeur, et conclurent une alliance étroite avec ce dernier le i^^ décembre 1678, bien que précédemment ils eussent contribué à lui faire conclure la paix de Vassen. La Suède ofilrit ensuite sa médiation aux parties belligérantes, et des conférences eurent lieu à

33o HisToiRB HBSTSUM Bfmsmw.

cel effet dai» k TUk de Golegoe. Meîs les ambassaf»

deurs suédois Tott, Spair et EnreBSlein, ét»ient, à la connaissance de tout le inonde, à la solde Je la France; personne ne leur accorda confiance^ et le congrès ae «roduisil aiiCttn résultat. L'éleotetir de BcftndefaoïMg immatj peu ftemps après, une nomeUe alUuioeamc l'empevetir, VEspagne et Ja Hollande (i^ juillet 1674), et rambassadeur de France à Stockholm, le marquis de Feuqnières, demanda alors, dans une audience ipuUiqiie, que ia Suède exécutât les clauses du tsaise Meret «ie afija, aeatrtà<tdire, qu elle attaqnàti saM plus -tarder, 1 eleeteur defBnmleMUfl^. Charles XI, bmumt du désir de se trouver sur un champ de bataille, fit .taiire tous ceux qui s opposais t à la guerre^ bien qu'en eût gaspillé, suifsant Tusage, les subsides de la f ranee, que rarmée f4t dam m état de délabrement complet, et qu*il n*y eût pas un sou dans les caisses. Une partie des sénateurs espéraient que Ton pourrait se borner à occuper sans coup férir quelques villes de l*électeur, pour satisfaire aux exigences de Feu*- «qiiières. Vatuemeut en leur représenta que si les sub> esdes de la France n^arriraient pas aux époques fixées, eu se trouvaient insuffisants, on serait forcé d'envahir dautres provinces pour fake vivre larmée; le parti qui voulait la guerre Tesporta.

On nomma général en eheé' de larmée le comiéta*- Ue Wrangel, aulrifois amiral. Celui-ci, qui était vieux et gardait habituellement le lit, reiusa de se charg-er du commandement; mais le roi ïj contraignit, car on espérait que la grande renenunee de ce capitaine ^ lestîme particulière que Téleeteur avait pour hm amèneraient promptemetit la conclusion de ia paix. On donna pour second à Wrangel le maréchal Helmfeid, qui était une créature délie laGardie, et ne son«» |[ea qua auaeiler des embams an connétable. L armée teala qurifuctemps dans ka provinces que la Suède

possédait alors en Allemagne; mais ces provinces étaient si épuisées, et les nu n ares que la France fit de retenir les subsides devinrent si sérieuses, qu eo. àécembfre i6y4 Wsangri entra dm» la Marche de Anndeboarg.

On crut en Allemagne que la guerre de Trente ans allait recommencer. La valeur su t el aise n*avait rien perdu de sa renommée, et quelques princes, entre Mirés les élecMirs de Saxe et de Bavière, se dëela- «aient déjà hcmlement pour les Suédois. La omit de Versailles avait gag'né l'envoyé du duc de Florence; on avait obtenu de lui qu il écrivit, à Vienne afin d'y iskire croire que 1 armée suédoise devait uoi^iement travejrser les États de 1 électeur de Brandebowg pour alunir atnt protestants de la Silésie, et attaquer rempe* reur dans ses Etats héréditaires. Wrangel, de son côté, ne négligea rien pour faire supposer qu il existait des intelligences secrètes entre la Suède et 1 électeur. D'à- Jbord il déclara qu'il ne commençait la guerre que pMr râablir Ja paix et la bonne amitié entre le Brandebourg et la France; il veilla à ce qu on ne traitât pas les soldats de Félecteur en ennemis, et parvint, dans le principe, à faire observer une discipline sévère; Mais bientôt les habitants refusant d'entretenir l'arr mée auédoise, des pillages non moins affreux que ceux de la guerre de Trente ans commencèrent. Des provinces entières lurent dévastées; les villes devin* jrent désertes, et plus de sept nûUe iiabitants se réfu«> gèrent .en Pologne»

L électeur, qui se trouvait. alors en Âlsaee avec son armée, fit entendre aussitôt les plaintes les plus vives et les plus eiieigiques; il implora partout des secours; mt 1 Angleterre^ qui venait d'abandonner la France^ Jui accorda aon appui. De son oôcéy la république de UoUande ne serborna pas seulement à déelarer qu'elle était prête à attaquer la Suède par terre et par mer^

HISTOIRB DES TEMPS MOD£aN£S,

mais elle chercha encore à exciter )e Danemark et la

Russie à suivre son exemple. Les hostilités furent, il* est vrai, relardées par les menées de Tanibassadeur suédoiS| et par quelques villes qui redoutaient Tinter* ■ ruptfon du commerce dans la Baltique; niais lëleoteur, $*étant rendu à la Haye, parvînt sans peine à vaincre tous les obstacles, et la guerre lut déclarée le 1 5 juin

L'Espagne, peu de jours après, suivit l'exemple de la Hollande; mais en Allemagne Téiecteur ne trouva point d*auxiliaires. Les intérêts étaient trop partagés, et la forme des (lciil)érations de la diète de Ratisbonne trop absurde pour que Ton put f)roniettre à l'électeur autri^ chose que de garantir ses États au nom de Tempire* L'Autriche aurait bien voulu profiter de l'occasion pour chasser les Suédois de FAIIemagne, mais les avis qu'elle avait reçuâ de Paris lui inspiraient de trop vives terreurs.

Cependant les Suédois s'étaient répandus dans le Brandebourg; les violences et le désordre allaient toujours croissants depuis que Wrangel, par suite du mauvais ctat de sa santc, avait cédé le coiiiiiiancleinent à son frère puîné Waldemar. L'électeur, qui avait- réorganisé son armée en Franconie^ n'eut pas plutôt obtenu de la Hollande qu elle déclarât la guerre à la Suède, qu'il accourut au secours de son malheureux pays. Il avait ordonné^ pour le 10 juin, des prières générales et des prédications, et le jour suivant, au moment où Ton croyait généralement qu'il allait com« mencer à se mettre en marcbci on le vit arriver avec toute son armée à Magdebourg. La, il apprit que rennemi n'avait pas des forces considt^rables, et que ses troupes étaient dispersées dans la contrée. En conséquence, il convoqua un conseil de guerre^ et tint les portes de la ville fermées, afin que Tenneim me pût être informé de ses résolutions. Le soir du ist.

LIYAE III. PAEXIB II. CHAPITRE I. 333

il ordonna à toute sa cayalerie, ainsi qu*aux dragons, de passer le pont de FEIbe avec dix pièces de petit calibre; mille fantassins d^ëliîe les suivirent, sur qua^ tre- vingt-six chariots, dont chacun partait en outre une nacelle. L'électeur lui-même se mit en marche, accompagné de tous les officiers supérieurs de son armée; mais il fut retardé par le mauvais temps, et n'arriva devant Rathenow^ que le i4 À dix heures du soir. Aussitôt il fit décharger les nacelles, et six cents fantassins passèrent le Havel, au-dessus de la ville, pour l'attaquer du côté opposé. De grand matin, la cavalerie se présenta devant le pont extérieur du Hâve], feignant d'être un corps suédois poursuivi par rélecteur. Cette ruse réussit; mais les Suédois prirent bientôt l'alarme, et il fal^lut emporter dassaut les autres ponts construits sur les différents bras du fleuve. Les Suédois opposèrent la résistance la plus acharnée; sur plusieurs points, les soldats commis à la garde des postes se firent tous tuer jusqu'au dernier, et les fantassins brandebourgeois qui, à la pointe du jour, voulurent se rendre maîtres de l'une des portes, ne purent s'en emparer que plusieurs heures après; mais enfin les troupes de l'électeur pénétrèrent de tous les côtés dans la ville, et tout ce qui s'y ti;ouva de Suédois fut ou massacré ou lait prisonnier. Dans la soirée du même jour on prit uu faubourg de la ville de Bran* debou rg.

L'électeur, par hi prise de âatheuow^, avait séparé Wrangel, qui était à Havelberg avec son état-major et un corps considérable de troupes, de l'armée suédoise qui était campée près de Brandebourg. 11 se proposait de séjourner dans cette dernière vdie, poui y attendre son infanterie, qui était encore à Magdebour^;, quand le lendemain on lui annonça que les Suédois avaient abandonné le camp de Brandebourg et se diri» geaient sur Barnewik. Il résolut aussitôt de profiter

mmXmkB HE^ temps M-ÔI>£R|iif£ë.

du succès qu'il venait d'obtenir, et se mit sans tarder à leur poursuite. Les Suédois voyant qu iU ne pournûe&t passer le Uavel sans engager un combat, m rnngèreat en bataille près de Fefarbeliin, h'électem aeeepta le défi, quoiqu'il n'eût mec lui que les fôroetf indiquées plus iiautj encore étaient-elles déjà considé*» rablement affaiblies par les marcbes lorcees et par différents combats* Le connétable Wrangel n étant pas présent, la jriousie la pins folle éclata parmi lea chera suédoM, qui prirent une position désavanta-* geuse; et, pour régler 1 ordre de bataille, Waldemar Wrangel fut au moment den venir aux mains avee les autres généraux.

Le i8 juin, à huit heures du matm, commença un« lutte sanglante : une partie de Tannée suédoise s'étant trop avancée, força, par cette manceuvre inconsidérée, le corps principal d accourir en toute bâte pour la soutenir; maïs partout les Suédois furent repoussés et purent à peine se replier sur Fehrbetlin, qu'ils quîl* tèrent dans la nuit, après une perte de quinze ceut» morts et d'un grand nombre de blessés. L'électeur entra le lendemain dans la ville, où il trouva une partie du train et de l'artillerie des Suédois, et pour* suivit ensuite Tenneini jusqu'à la frontière duMeoklem* bourg, que Vautre corps, commandé par Wrangel , avait déjà francbie. Alors senlement il s'arrêta pour donner du repos à sa cavalerie, qui n'avait fait qu'une seule halte depuis son départ de la Franoonie.

Cette bataiUe, si peu importante par elle-même, eut un immense résultat en Europe. Ëlle détruisit Vm^ cienne gloire des armes suédoises, et la fit passer tout entière à celles de l électeur qui, par i énergie et par la rapidité de ses mesures, avait en moins de msI jours chassé de ses États un ennemi que Ton regardait comme le plus aguerri de TEurope. L'électeur, à qui on a depuis donné en Prusse le nom de Grand, iul

LmUb llt« PAMXB IX. CHAWfgM 3iS

reçu à Berlin avec un enthousiasme bien mérité; la diète de Ratisbonne prononça le ban de 1 Ëmpire cou* tre la Suède, et rAutricbe^ ainsi q«e tmts les autres piinoes de rAHemagite, se dëekiEm coDtre elle* Ils ne prévoyaient pas sans doute quelle puissaniee alhît être fondée sur la victoire de Fehrbellin,

Nous venons de dire que la diète gmxianique avak mis le rot de Swde au ban de^l'Empire; par suite de œm mesure, toos les sujets attemaiids de ce prince furent déliés de leur serment de fidelieé. Aussitôt le Danemark, le duc de Lunebourg, Tévêque de Munster et frai^îc-'&iiùUaume conclurent des allianoes publiques et geopètes, des traités psrticuiieixs et généraux pcmr se partager le pays à conquérir, et pour s'exciure mai» tMllement. Mais les conquête» ne se fivent pas aussi rapidement qu'on Tavait espéré; et si, à Stockholm, Ion eut pris en temps plus convenable les mesiures que ïéclaiBaiesit les ciroonstances, on eût pu sans aucun doute comsenrer les provinces allemandes. L'étscteur, qui continuait la guerre dans la Poméranie cîtérieure, ne put prendre Stettin qu a la fin de i année 1677, ne s empara de Stralsuud qu'au mois d'octobre de ranmée suivante. Dans le cours de cette même année^ une armée suédoise de seise mille hommes, qui en« vMt la PtuBse du eoté de la Livmie, périt presse tout entière, sans avoir livré bataille, autant par la faute de ses cbeis que par les habiles manœuvres de l'électeur.

Dans rhiver de 1677 à i&jB, em lieu une négocin*

tion diplomatique trop curieuse pour que nous m pas*

sions ici sous silence. Le comte de Liljehoek, ambas<^ aadcur extraordinaire du roi de Suède en Pologne^ avait tellement irrité 1 électeur par des écrits pubKés eontre ce prince, que celui<si dit à l'aoïibassadieur de Pologne que Lîljehoek méritait de leoe^oir des eoups de bàtou. L ambabsadeur polonais s'empe^sa de re-«

336 HISTOIAS DES TBMPS MODBBNES*

porter ces paroles à Liijehoek, qui anssitôt demanda une audience publique au roi de Pologne, et déclara que si l'électeur venait à exécuter ses menaces, lui, liijehoek userait de représailles. Lelecteur, instruit de cette démarche et de ces paroles insolentes, fit un appel à toutes les cours de l'Europe, au nom de la majesté souveraine outragée, pour avoir satisfaction de ce propos; mais tout ce qu il put obtenir, ce fut ua désaveu peu explicite de la part du roi de Suède,

Cependant la Suède n'avait rien négligé pour prévenir une rupture avec le Danemark; Nils Brahé fut envoyé à Copenhague à cet effet. Il était en outre chargé de demander en mariage, pour son souverain, une sœur du roi de Danemark^ et cette demande fut, il est vrai, accordée, mais la guerre n'en fut pas moins déclarée le 2 septembre i6y5. Une partie des forces danoises se réunirent à celles de l'électeur; d*autres corps d'armée attaquèrent la Suède du côte de la i\or^ wégeet de la Scanie, tandis que la flotte danoise occupait toutes les îles de la Baltique. Le i^' juin 1676, i amiral Creuz, dans une bataille importante, livrée près de Tîle d'Ol .land, contre la flotte réunie du Danemark et de la Hollande, perdit la vie et presque tous ses vaisseaux. A la suite de ce désastre, toute la Scanie fut occupée par Tarmée danoise, dont les progrès ne furent arrêtés que par la résistance de De la Gardie, qui cherchait, par des exploits uniitaires, à se réhabiliter dans l'opinion, et par la présence de Charles XI qui, pour empêcher la jonction de 1 armée norwégienne et de celle de Scanie, se porta en personne sur la côte occidentale, et surprit, entre Halms* tad et Lahohn, un corps danois de quatre mille hommes, qu il fit prison mer le août.

Mais, deux jours auparavant, les Danois avaient pris d'assaut la ville de Ghristianstad, et, à la suite de ce SUCCC5, ils avaient établi leurs quartiers d'hiver en

LivEB ni. VÂxrïM n. CHAmiui i. ôôy

Scanie. Charles les poursuivit, et du 3o octobre aa x4 décembre, les deux armées se trouvèrent en pré* sence, l*une et l'autre dans le plus grand dénAment.

Enfin, le i4 décembre, le roi voyant que lii situation devenait insoutenable, et décidé à mourir plutôt que de consentir à une retraite, qui dégénérerait bientôt en fuite, attaqiia Tennemi et lui fit essuyer une défaite complète. Toute l'artillerie et tous les équipages des Danois furent pris, et dix mille nK)i ts couvrirent le champ de bataille. Peu à peu on reprit toutes les places occupées par les Danois; mais les paysans, qui s'étaient formés en bandes armées, incommodèrent beaucoup l'armée en interceptant les communica* tions.

Au printemps de Tannée 1678, Charles s'approcha de Landskrona, pour observer les mouvements de l'armée danoise, quil trouva infiniment supérieure à la sienne; mais elle était si mal dirii^/r, cju'il put se retirer sain et sauf sur Christianstad. Les Danois, au lieu de le poursuivre, allèrenr assiéger MalmT), dont ils tentèrent l'assaut avant davoir pratiqué aucune brèche, ce qui leur fit perdre inutilement quatre mille hommes et les força de regagner Landskrona.

En revanche, la flotte suédoise, qui était dans un délabrement complet depuis 1 époque de la minorité, fut partout battue, et le 11 juin 1678, l'amiral Sjoblad, à la hauteur de Rostock, fut fieiit prisonnier avec cinq ▼aisseaux, par lamiral danois Juel, qui, le i^"" juillet, après s'être réuni a la flotte hollandaise commandée par Tromp, anéantit entièrement les forces maritimes * de la Suède, commandées par Henri Horn. Le roi, pour atténuer le mauvais efiêt de ces désastres, se décida de nouveau à attaquer les Danois, les* battit encore une fois, le i4 juillet, aux environs de Landskrona, et les chassa entièrement de la Scanie, où ils ne conservèrent que quelques fo^^ teresses ; mais sur

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