‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 43 sur 89 · LIVRE nr» PAKT. I. CHÀPITEB X. Zyj · texte numérisé non relu

LIVRE nr» PAKT. I. CHÀPITEB X. Zyj

le duc d'Orléans ne pouvait, sans déchoir, accepter la dignité de premier ministre après avoir exercé la régence. Les habitudes de libertinage et de débauche lui rendaient dailleurs insupportable le poids des af&ires. Depuis longtemps il s en déchargeait sur Du* bois. Le 23 août 1722 , il le déclara premier ministre.

« Le pouvoir de Dubois sur l'esprit de son maître étoit sans bornes.... Il le conduisoit au point que ce prince n osoit sans lui remuer la moindre paille , encore moins décider rien que par son avis et confor* mément à son avis, en sorte qu'en grâces et en affaires, en choses courantes et en choses extraordinaires , il ne sagissoit phis de M. le duc d'Orléans, à qui per* sonne j pas même aucun ministre , n*osoit aller pour quoi que ce fût , sans l'aveu et la permission du cardinal, dont le bon plaisir, c'est-à-dire, 1 intérêt et le caprice, étoit devenu Tunique mobile de tout le gouvernement. M. le duc le voyoit, le sentoit; c étoit un paralytique qui ne pouvoit être remué que par le cardinal, et dans lequel, & cet égard, il n'y avoit plus de ressources (i). »

Majorité de Louis XV. — Le 20 octobre suivant, Louis XY fut solennellement sacré à Reims, Le i5 février 1723, il entra dans sa majorité, et le' régent vint alors se démettre entre ses mains de l'autorité suprême. Louis XV, ayant assemblé un lit de justice , y confirma Dubois dans ses fonctions. Dès lors l'ambition de ce dernier ne connut plus de bornes. Il éloigna du maniement des affaires quiconue lui faisait ombrage, et s'empara de la surintenance des postes, pour connaître les secrets des familles. A sa mort on trouva des milliers de lettres qu'il n'avait point décachetées. Un jour il lui était arrivé d'en jeter au feu un amas énorme , et de s'é-

(x) Extrait des Mémoires de Saint-Simon.

S^S HISTOIRE OfiS TEMPS MODERNES.

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honteux régime dura peu. Dubois mourut des suites de ses débauches, le lo aotit 1723.

Mort du duc d'Orléans, — Le duc d'Ocleans,, après la mort du drôle^iprit pour kii<*mâiiie la place de praw inier annistre ; mais il ne tarda pas à le suivre a« toiubeaa. Il succomba à une^ attaque d apoplexie^ le a3 décembre 1723,

. Saint^Simoai Cfui a vécu dans 1 intimité de ce priucA, le ju^e avec sévéril:é : « Il perdoit^ dit-il , un temps in» fini, em famille ^ ea amusements ou en dëbaudaMs^ ainsi quen audiences trop faciles et trop étendues.^^ li prolongeoit les affaires, les unes par foiblesse, les autres pac le misérable désir de brouiller, et cett^ maxinuft empoisonnée qui lui échappok «pielquelbift eomme favorite , diifide et im^era^ la plupart par une défiance générale de toutes choses et de toutes personnes. Le soir, il s'enleriîioit avec ses roués pour ses orgies xiocturnes. Les premières heures de aes matinées, ajoute Saint^^Simon,. étoient peu libres. S« téte, offusquée encore des fumées du vin et de la digiestion des viandes du sovper, n'étoit pas en état de compreiKire, et les secrétaires d Etat m*ont souvent dit que c'étoit un temps où il ne tenait à eua^ de lui faire signer tout ce quils auroient voulu, »

Le duc d'Orléans fut pan» regretté. Ses vices avaient souk^vé contra lui rindignation pidilique ; son impiété lavait fait haïr du clergé; Tarmée ne lui pardonnait pas d'avoir avih les giades par des choix indignes f le peu^ enfin la regardait comme le complice ou la dupe de Law, et lui reprochait la raine aune nuil*» litude de fiimillet

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5 II. MlItISTÈR£S DU DUC ]>£ BbXIRBOK £T BU CAJLBINAL

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