‹ Précis d'histoire des temps modernes, depuis la formation du système d'équilibre des états européens jusqu'à la Revolution françaiseChapitre 46 sur 89 · LIVRE IV. PART. I. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. PART. I. CHAPITRE I

I deitnes possessions. La France ne stipula pour ellemême que la restitution du cap Breton, et le maintien dë9 fortificfations de Dunkerqué du câté de la tèire* . La garâAtfe de là snccesstdn au trâne de \$t Grinée^' Bretagne fui renouvelée par le traité d'Aix-la-C^hapelfe, ainsi que celle de la pragmatique sanction. Les ces-' sions que Mârie-Thërèse avait faites de la Silë&ie et du: comté de GhtL au roi de Phisâe, et d'une partie du au roi deSardaigne, furent garanties par toutes les puissances signataires du trafié. C'est ainsi cju après une lutte opiniâtre et meurtrière, l'Europe se trouva retnise à peu près au même état qu'avant la guerre.

Êfat de l'Europe à la paix a Aix-la-Chapelle^ — • tixùèance de màaame de'Pùmpadour en France. ~ Moïii>ement philosophique et littéraire, — L'intervalle de 1748 à 1^755 fut pour la France et pour TEurope entière une époque de paix et de prospérité. Le com*' merce et lindustrie florissaient partout depuis Saint<« Pétersbourg jusqu'à Cadix; les beaux^^arts étaient en honneur; une correspondance mutuelle rapprochait les nations jusque-là ennemies : on eût dit que l'Eu-^ rope resseml)lait à une grande famille rétame après ses différends. La France surtont, si abais&ée comme puissance militaire, exerçait par sa liltérattife une influencé immense. Cette influence, à la lois littéraire et plillo* sophique, s étendait non-seulement sur TAUemagne^ . la Prûsise et TAngleterre, mais jusqué sur la Russie. Nos aruies ne dominaient plus en Europe, mais nos idées y dominaient en^core, en attendant le réveil de la nation.

Louis XV avait montré quelque bravoure à la guerre, mais il Tavait bientôt lait oublier par les dél^glements les plus honteux. A la duchesse de Chà« iteuroux avait succédé dans sa ftiveur la fille d'un' bt)UGher, mademoiselle Puiiîbon, qu il fit marquise de Ponipadour.

La marquise de Pompadour, née bourgeoise, affecta.

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4l6 HISTOIBB DBS TBMP8 MODBEITSS.

Macliaut, voulait imposer le clergé; d'Argeiison orgaoisait 1 administration de la guerre avec le talent et la sévérité de Louvois* Au milieu de la petite guerre du parlement et du clereé^ le phiiosophisme gagnait. A la cour même, il avait des partisans. Le roi, tout ennemi qu'il était des idées nouvelles, avait sa petite imprimerie, et imprimait lui-même les théories économiques de son médecin, Quesnay, qui proposait un impôt unique^

i)ortant sur la terre: la noblesse et le clergé^ qui étaient es principaux propriétaires du sol, eussent enfin contri' bué. Tous ces projets n aboutissai«'nt qu'à de vaines conversations; les vieilles corporations résistaient; la royauté, caressée parles philosophes qui auraient voulu Tarmer contre le clergé, éprouvait un vague effroi à laspect de leurs progrès. Voltaire préparait une histoire générale antichrétienne (Essai sur les mœurs, ijSÔ). Peu à peu la philosophie nouvelle sortait de cette forme polémique où Voltaire la réduisait. Dès iy4^f le président de Montesquieu, fondateur de l'Académie des sciences naturelles à Bordeaux, donna, sous line forme décousue et timide, une théorie matérialiste de la législation, déduite de iiniiuence des cli* mats; telle est du moins 1 idée dominante de TEsprit des lois, ce livre si ingénieux, si brillant, quelquefois si profond. En 174.9, apparut la colossale Histoire naturelle du comte de Buffon; en iy5iy les premiers volumes de r£ncyclopédie, monument gigantesque ou devait entrer tout le dix-huitième siècle, polémique et dogmatique, économie et mathématiques, irréligion et plulaiJtliiDpie, athéisme et panthéisme, d'Alembert et Did erot. Le tout fut dit, par Condiilac, en un mot qui contient le siècle : Traité des sensaiionSy 1754* Cependant, la guerre religieuse était continuée par Voltaire, qui venait de se poster en observation au

f oint central de l'Europe, entre la France, la Suisse et AUema^ne, aux portes de Génère, au chef-lieu des anciens Vaudois, d'Amaldo de Brescia, de Zwingle e(

de Caivin (i). M «

Au milieu de ce mouvement des idées, Louis XV devenait un objet de mépris pour cette nation qui naguère lui avait donné le surnom de Bien^aimé. 11 était en effet difficile de donner le change à Topinion publique sur sa eondiute et sur le scandale de l'élévation de sa maîtresse. En 1760, une émeute lui apprit ce que le peuple de Paris pensait sur son compte. Tel était l'état de la France lorsque éclata une guerre nou* velle.

S III. Guerre de sept ans. — Pacte de famiIle, —

Paix de Paris (ijDD-ijdaJ.

Guerre contre V Angleterre (17 5 5- 17 56). — En se joignant à nos ennemis, dans la guerre pour la succession d'Autriche, l'Angleterre avait voulu deux choses, le maintien de l'équilibre européen, et la ruine; des colonies françaises et espagnoles, ëd 1755, elle^ était gouvernée par un avocat, le fameux William, Pitt, depuis lord Chatam, qui s'était fait admirer par son élo([uence, et qui s'était rendu populaire par sa. haine contre les Français. Lorsqu'il vit les efforts extraordinaires de la cour de Versailles poui: rétablir* notre marine anéantie, lorsqu'il sut qu'il y avait un plan arrêté de construire, dans l'espace de dix ans,, cent onze vaisseaux de ligne, cinquante-quatre frégates, et un nombre proportionné de petits bâtiments^ il fut alarmé pour la supériorité maritime de l'Angle» terre, et ne chercha plus qu'un prétexte de rupture.

« II existait entre les deux nations des diiiérends, laissés indécis par la paix d'Aix-la-Chapelle, sur leurs^ possessions respectives en Amérique, L'île de Tabago^ (i). Miçhelet, PiMt de l*bistoire de France » ch« um.

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la plu5 omntarle des AnfiUeft, était un des pokitS'diâi HtiÉe. Jaccpies, trenrième dUc de Caurknde^ mort en* 1682^ avait trne marine nombreuse, qu'il employait à' faire des découvertes et un comnierce considérable en Afrique et en Amàî^ae* Dans une de ces expédi- Ûans^ les Courlandais s étaient mis en possession àt file ators* déserte d^ Taba^, et lavaient cultivée av©cf succès. L'état florissant de cette colonie tenta l'avidité des Hollandais. Deux habitants de la Zélande, les frères Lambsten, conçurent le jprojet de s'en emparer. Pour 4e ménager unie protection pnissantei ils offrirent à tiouis XIV' de tenir 1^ comme- un fief de la- France.' Le roi accepta leur proposition, et créa l'un d'eux baron de Tabago, dont ils parvinrent à se rendre maîtres par la ruse et par la violence. Le duc Jacques, «près d'inutiles réclamations auprès des États-Généffsux, s'adressa au roi Charles II, et consentit, par un traité du 28 novembre 1664, à tenir l'île de Tabago à titre de concession de la couronne d Angleterre, s'il hd en procurait la restitution* Les Etats*6énéraax af'enrent pas plus d'égard aux requêtes du, roi qn'i oeHes du duc, et les Hollandais restèrent en posses* sîon de Taba^fo, qui était une des îles les plus florissantes du nouveau monde^ lorsque^ en 16781 le ma*> réchal d'Estrées s'en empara, en fit un désert, et r&bandonna. Depuis ce temps eHe fut toujours regar* dée comme un terrain neutre entre la France et l'Angleterre, jusqu en 1748, où i! s'éleva des discussions à ce sujet, La nouvelle de la paix n'était pas encore par» vienne en Amérique, lorsque le gouvemenr de la BarbsMle pubU a une ordonmanee par laquelle il attribuait à George II la souveraineté de Tabago. Le gouverneur de la Martinique protesta contre cette ordonnance. Tel fut le premier germe des discordes nouvelles qui divisèrent les cours de Londtfes et de Versatiles. L'ai«* licle 9 du mité d'Ain-la-Clvaipdle fournit OMtièrt à

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